Assil, le personnage principal du jeu, a-t-il vraiment existé ? Les plus grands experts se disputent encore sur la question. Certains avancent qu’en aucun cas, il n’est imaginable qu’un tel dilletante puisse être le responsable d’un des plus importants trésors du Nil : l’Ankh, sorte de sceptre employé dans les cérémonies religieuses et affublé de pouvoirs magiques. Roublard, opportuniste et malhonnête plus souvent qu’à son tour, le fameux Assil est en marge de la société égyptienne. Il est ce que certains appellent un parasite social, et l’on peut douter qu’il puisse jamais avoir joué un rôle actif dans la sauvegarde de l’ancien artefact. D’un autre côté, on ne peut que reconnaître la grande rigueur dont a fait preuve Deck13, allant jusqu’à reproduire au millimètre près les environnements typiques de l’Egypte ancienne. Le studio s’est basé sur les dernièrs fouilles archéologiques en date, ce qui leur a permis de modéliser avec une grande précision certains objets typiques de l’époque, tels les juke-box, les immobiliseurs de chameau et les fameux coucous de la Forêt Noire. Difficile donc de trancher, surtout quand on n’est pas soi-même un expert de la période en question… Mais trève de plaisanterie, passons à l’analyse du jeu proprement dit. Vous l’avez compris, Ankh 2 n’a rien à envier à son prédécesseur pour ce qui est des anachronismes et de l’ambiance déjantée. Et cet aspect se retrouve avant tout dans les énigmes proposées tout au long du parcours, plus cocasses les unes que les autres. Entre le couscous maison de maman Thara à base de siure et de RA (« votre carrelage plus brillant que jamais ») et les scéances de fumette dans les bars branchés de la capitale, il sera difficile de rester de marbre. Gentillement transgressif - le héros est un bon à rien, le Pharaon un paumé de première catégorie -, servi par une ambiance assez cartoon et doté un scénario foutraque – l’Ankh a disparu, par Isis ! – assumé comme tel, ce second épisode démontre qu’en Allemagne aussi, on peut avoir le sens de l’humour. Les personnages secondaires sont assez nombreux, mais on pourrait néanmoins reprocher aux « méchants » un certain manque de charisme. Par ailleurs, les personnages réellement nouveaux sont assez peu nombreux, et c’est pourquoi on peut avoir l’impression que le titre vit un peu sur ses acquis.
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