Quand on voit les screenshots de Switchfire, on se dit qu’on a là l’un des plus beaux shmups de ces dernières années. Ce qui n’est pas tout à fait faux, du moins sur les niveaux terrestres. Ces derniers se déroulent en effet dans des décors de toute beauté, riches en multiples dégradés. Les effets d’explosion sont assez convaincant, et produisent un contraste assez saisissant avec les tons assez sobres des décors. Comme dans tout shooter qui se respecte, l’écran fourmille d’ennemis, et ceux-ci bénéficient d’une belle modélisation. On retiendra en particulier les tourelles de défense laser, au design très détaillé et aux effets de tirs impressionnants. Mention spéciale également pour les boss de fin de niveau. Assez finement détaillés, ils sont certainement les unités les plus marquantes du jeu. De fait, il manque à la plupart des ennemis rencontrés dans Switchfire la petite touche supplémentaire qui les rendrait inoubliables. Sans doute est-ce lié à la thématique militaire : en matière d’avions, lance-missiles et tanks, il est peut-être difficile d’innover et de sortir des tons vert caca d’oie, camoufflage oblige. Variées, les unités le sont peut-être – quoique parvenu au milieu du jeu, on commence à trouver que celles-ci ont bien du mal à se renouveler. Mémorables ? Certainement pas. Est-ce dû au fait qu’il s’agit là d’un remake, avec l’exigence de respecter les unités présentes dans l’épisode d’origine ? Reste qu’un tank, surtout dans un univers futuriste, pourrait tout à fait avoir un design singulier, ce qui n’est pas le cas dans Switchfire. Les choses se corsent avec les niveaux « maritimes ». A l’opposé des niveaux terrestres, qui parviennent à faire illusion, on nage ici en plein kitsh. A commencer par la texture et la couleur de l’eau, tout bonnement ratées. C’est simple : on a l’impression d’évoluer au-dessus d’un papier-peint Windows bas de gamme. Il ne manque que les étoiles et les dauphins incrustés en 2D... L’environnement étant nettement plus lumineux, il est par ailleurs plus facile de s’apercevoir que les unités ont un aspect réellement cheap, ce que l’on pressentait d’ailleurs dès le premier écran de chargement. Impossible alors de s’immerger dans le feu de l’action, l’œil étant sans cesse attiré par la grossièreté de trait des unités. Les navires de guerre semblent avoir été dessinés à la va-vite, comme si l’art designer avait seulement eu le temps de les esquisser à gros traits. Idem pour les corvettes rapides, non seulement mal détaillées, mais dotées d’une ergonomie sans charme, façon bateau Playmobil. Reste les effets de tir, assez fins, ce qui nous change agréablement des explosions de taille démesurée souvent de mise dans les shmups.
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