flechePublicité
Publiée le 08/12/2006 à 00:12, par funambelle

[Second Life] Carnet de bord (partie 3)

On était pas loin de la fin du monde, avec cette histoire de copybot. Enfin il paraît, parce que les créateurs SL touchés par le phénomène, j’en ai pas vu des masses. Les charognards doivent avoir la larme à l’œil. « Dommage, je n’aurai pas pu filmer la fin d’un monde ». Pour ma part, je continue tranquillement le voyage. Vault 13, Seconde Atlantis, Magic Pot adventure. Vous ne voyez pas le rapport ? C’est normal, c’est Second Life, et dans Second Life, la recherche de cohérence n’est qu’un mauvais prétexte pour refouler ses envies.

Biographie d'un géant (bleu)Retour au sommaire
biographie-geant-bleu
Yadni Monde en personne.
biographie-geant-bleu
Le moulin rouge en cours d'élaboration.
Après quelques rendez-vous manqués, j’ai enfin rencontré Yadni Monde. Ce disciple du Grand Architecte Lumière Noire est le père de plusieurs merveilles de Second Life. Il co-dirige un centre de recherche Sl, où sont exposées les œuvres les plus folles des créateurs rencontrés au fil des mois. Il a créé la seconde Atlantis, qui à l’image de l’original a aujourd’hui disparu dans le Pixel Ocean. Son Mont St Michel est un des lieux les plus visités de toute la metacarte et a déjà plusieurs fois changé de propriétaire et dernièrement, il a modélisé une sorte de Paris alternatif comprenant le Moulin Rouge. Mais Yadni, comme tous les artistes protéiformes, est également impliqué dans l’intégration des nouveaux residents (c’est la fonction de son Junk Yard, une sorte d’Emmaüs où l’on peut récolter des centaines d’objets gratuits et apprendre à créer par soi-même). Et dans la « vraie » vie, c’est aussi un artiste complet, aussi à l’aise avec la peinture et le dessin que la sculpture et la calligraphie.

Le géant bleu me reçoit dans son appartement à ciel ouvert perso, un lieu accessible à tous les residents, pour peu qu’ils savent où chercher. Royalement installé sur un trône, un cigare à la bouche, il m’invite à m’asseoir à ses côtés. L’endroit foisonne d’objets plus hétéroclites les uns que les autres. Des photos de bocaux contenant des embryons, dont un corps de bébé à deux têtes. Une fontaine futuriste d’où jaillissent des flots d’hologrammes. Un robot sur son piedestal capable de s’animer lorsqu’on l’actionne. Le portrait de Yadni Real Life retravaillé sous Photoshop puis intégré dans une capture de son appart Second Life. J’ai l’impression d’être dans l’antre d’un savant fou, mais le bonhomme est tout ce qu’il y a de plus aimable.

awsome i finaly found u lolRetour au sommaire
awsome-i-finaly-found-u-lol
Yadni accueille les arrivants d'une floppée de smileys bleus.
awsome-i-finaly-found-u-lol
Garantie sans formol.
Etonné de voir à quel point Yadni semble sensible à la bizarrerie, je l’interroge sur ses affinités éventuelles avec la mystique, l’ésotérisme ou la féerie. S’il reconnaît s’être intéressé à l’iconographie ésotérique à une époque, il affirme ne suivre aujourd’hui que son goût pour le Beau. Si bon nombre de ses créations peuvent paraître étranges, « c’est qu’il y a dans la bizarrerie une forme de beauté ». Il m’explique également qu’à ses yeux, créer des objets dans Second Life, c’est un peu comme créer des chateaux de sable. Savoir accepter la possibilité que tout ceci disparaisse, soit par accident, soit si Liden Labs devait fermer boutique. Yadni en connaît quelque chose, puisqu’il a vu bon nombre de ses œuvres partir en fumée, y compris des majeurs telles l’Atlantis (il n’en reste qu’une photo). Le Moulin Rouge, sa dernière commande, risque d’ailleurs de disparaître avant d’avoir vu le jour, pour des raisons de changement de propriétaire. Alors que l’entretien vien juste de commencer, nous sommes interrompus par deux ninjas débarquant du ciel :

[9:25] Ninja Blackthorne: its yadni! YadNi Monde its you! Ninja Blackthorne: awsome i finaly found u lol
[9:25] YadNi Monde: yes it s damn me =p
[9:26] Ninja Blackthorne: BLUE!!!!!
[9:27] Alphon Ehrlich: found u before tele lol
[9:27] Ninja Blackthorne: here is like the god of sl

Les deux arrivants sont visiblement de grands fans de Yadni Monde. Particulièrement fiers d’avoir trouvé la demeure du créateur du Junk Yard (c’est visiblement ce qui a rendu le français célèbre), ils lui demandent alors comment celui-ci a pu devenir riche, si ses créations sont en libre accès. Et Yadni d’expliquer que si les objets du Junk Yard sont en libre accès, tel n’est pas le cas de ses grandes œuvres, lesquelles sont souvent des commandes rémunérées.


Pour une éthique de la Second Vie.Retour au sommaire
pour-ethique-second-vie
On aurait aussi pu l'appeler Soda City.
pour-ethique-second-vie
Si vous trouvez d'autres grafs in game, envoyez-les nous, on collectionne.
« Je milite pour la gratuité, m’explique Yadni après le départ des deux fans, mais au niveau des newbies seulement. Les autres sont tous des clients potentiels, que ce soit pour acheter un fauteuil comme celui où tu es assis ou une ville pour un sim. Mais les newbies ont besoin de matière pour comprendre comment faire les choses. Les plus curieux, les plus talentueux, s’en sortiront en créant des choses qu ils pourront vendre. » Un discours qui implique des principes éthiques, et dont je trouverai un autre écho à l’Acadaemy of Second Learning, un lieu destiné à l’échange des savoirs et où des cours d’éthique sont donnés. Après un entretien assez long au cours duquel nous abordons entre autres la question des clivages entre anciens et nouveaux arrivants et l’apparition des grandes marques dans Second Life, Yadni me propose alors de me guider à travers Extasy Island, une ville créé par ses soins, ainsi que le musée d’art qui s’y trouve et dans lequel il expose les photos de ses propres créations Real Life. Une visite téléphone en main, s’il-vous-plaît.

Avec ses dômes en plexiglass jaune fluo et son pont incrusté de vitraux couleur curacao, Extasy Island me rappelle l’époque du Tang, cette marque de boisson en sachet à la mode dans les années 80. Et je me convaincs que si Yadni est devenu tout bleu, c’est qu’il en a trop bu tout simplement. C’est beau, c’est sucré. Enfin pas seulement. Car dans certaines ruelles, le graf s’impose, royal. Et les goths t’accueillent d’un regard délavé, allongés sur leurs paillasses grises d’humidité.



Mieux qu'un blog, un centre d'art SLRetour au sommaire
mieux-qu-blog-centre-art-sl
Du croquis
mieux-qu-blog-centre-art-sl
De la sculpture
Le centre d’expo est très propre, lui. Rien à voir avec le fourre-tout un peu monstrueux qui sert de repaire au démiurge. Les toiles sont alignés, et bien mises en valeur. On y trouve aussi bien des croquis fait au stylo à bille que des photos de sculptures en métal et de la calligraphie. Il y a pas mal de portraits, dont un auto-portrait – une esquisse de l’avatar pour être précis, des modèoe d’armures et d’armes. De manière assez étonnante, aucun croquis de ville ou de bâtisse ne semble présent, un peu comme si l’intérêt de Yadni pour l’architecture s’était développé au fil de son immersion dans Second Life.

Lorsque je reviendrai quelques heures plus tard – de nuit, Extasy Island aura un tout autre visage, et je comprendrais alors que non seulement cette ville, mais ce monde, possèdent des identités variantes. Un peu comme ces toiles de Soulage qui changent d’aspect selon l’intensité de la lumière. Et finalement comme tous les residents qui peuplent Second Life, capables de changer non seulement de vêtements et d’apparence, mais aussi de carrière, d’amis, de vie. La polymorphie est reine là-bas. Pourquoi ? Parce qu’on peut y déborder sans risque, investir des espaces et des attitudes sans lien apparent avec ce que l’on est censé être. Parce qu’une interface aussi libre fonctionne comme un filtre, à la fois masque/paravent et porte ouverte à l’accomplissement de tous ( ?) les désirs.


Cherche petite aventure dans grand non-jeuRetour au sommaire
cherche-petite-aventure-dans-grand-non-jeu
Clarté.
cherche-petite-aventure-dans-grand-non-jeu
Brouillards.
cherche-petite-aventure-dans-grand-non-jeu
Ténèbres.
Je bosse dans une rédac’ de jeux video. Et donc, j’aime les jeux video. Mais dans Second Life, on ne joue pas aux jeux video. Vrai ? Faux. Visitez Numbakulla et finissez la Magic Pot Adventure, et revenez me voir. Entretemps, j’en aurais peut-être appris plus sur ce qui se trame là-bas à propos de Fallout

Magic Pot adventure. Ca pourrait être le nom pour un concours marketing Yoplait, c’est en fait un Myst-like in game, entendez un jeu dans le jeu, entièrement réalisé avec des primitives. Le principe est on ne peut plus simple : il s’agit d’explorer les lieux, trouver les objets dissimulés à droite à gauche, et s’en servir pour débloquer portes et coffres. Au fait, vous saviez que les réalisateurs d’Uru étaient sur Second Life pendant un temps ? S’il faut, ce sont eux qui l’ont réalisé d’ailleurs. Pour ma part, je trouve qu’au lieu de ces restricted area zones qu’on trouve un peu partout, ça serait bien plus classe de proposer un challenge d’énigmes. Ou seuls les plus ingénieux accèderaient au cœur du sim et pourraient rencontrer le propriétaire des lieux. Quoiqu’il en soit, Numbakulla - le lieu où se déroule l’aventure - est vraiment un endroit enchanteur. Ca me rappelle l’île du Silence, où l’on peut trouver une statue de Cthullu. J’aime les tulipes rouges qui s’agitent au grès du vent. Ces nénuphars qui flottent sur une eau transparente, et qui servent de passerelle pour accéder à une autre portion de l’île. Les maisons, plus que jamais, me font penser à Myst. Exile en particulier, pour leur couleur pourpre et iris. La nuit tombe, et j’aperçois un étrange objet flottant dans le ciel. Zeppelin noir et bleu sombre, cheminant en silence dans cet air sans oxygène. Puis ce sont les souterrains. Les treuils qu’on active et les portes qu’on dévérouille. Avec toujours ce sentiment de solitude, si typique dans un Myst, et que l’on retrouve ici, dans ce micro-monde si bien réalisé qu’on en oublierait son appartenance au patchwork.


War. War never changes.Retour au sommaire
war-war-never-changes
Un wallpaper Fallout 1 pris in game.
war-war-never-changes
Un projet de machine nommé Agricola.
war-war-never-changes
La danse de Noel chez les fury.
Une chose est sûre : les skins « Habitant numero 13 », c’est pour bientôt. Dans la boutique de FalloutTactics Stoneage, on trouve déjà pas mal de choses. Ouverte depuis le 4 décembre, elle propose des artworks et des wallpapers de toute la série Fallout, mais aussi des croquis du Pipboy (qui pourrait bien avoir sa version SL dans quelques temps) et des photos d’explosion atomique. Des photos d’explosions atomiques. Le gars m’explique qu’à long terme, l’idée est d’introduire dans Second Life l’intégralité de l’équipement Fallout, que ce soit les armes, les armures, les drogues ou l’équipement technologique, avec tous les effets qui les accompagnent. Des effets visuels pour les drogues, une puissance de feu pour les armes, bref tout ce qui pourrait permettre de développer un vrai sim roleplay pour Fallout, quelque chose comme un mini mmo dans Second Life. Le premier objet d’équipement sera un gun, et un stimpack devrait aussi voir le jour. Perso, je rêve d’un bon vieux Aigle du Désert et d’une brahmine domestique. C’est prévu ? Et un abri antiatomique qui protégerait les avatars d’un crash du metaserveur, c’est prévu ? Ca marcherait du tonnerre, sûr. Même si c’était du toc.

Noël approche. Y aura-t-il de la neige là-bas ? Des sapins et des shöne Geschenke, il y en a en tout cas. La fury nation est déjà bien déchaînée d’ailleurs, et en cette fin de soirée, je l’observe, tranquillement installé sur une palissade, à quelques dizaines de mètres au-dessus du vide, sur un arbre-monde. Et elle danse, la fury nation. Sous les guirlandes elle danse furieusement, sur un air de Twisted Sister. Parce que Christmas, c’est pas forcément rennes fringant et clochettes dorées. Parce que Christmas dure toute la nuit là-bas, du 1er décembre au 26. Parce qu’on n’a plus peur de danser. Parce qu’aujourd’hui, tu peux porter un bonnet rouge sans rougir, mais être obèse, ça non.
flechePublicité

Partenaires Jeuxvideo.fr

Idées cadeaux JV

flechePublicité
flechePublicité