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Publiée le 23/10/2006 à 00:10, par funambelle

[Second Life] Carnet de bord (Partie 1)

Lorsque un mystérieux contact venu tout droit de la matrice m’invita à découvrir Second Life, j’avoue avoir été particulièrement intrigué. Désireux de connaître l’identité de mon interlocuteur, je décidais d’explorer le fameux univers parallèle. C’était également l’occasion rêvée pour écrire un papier sur un phénomène de société dont même en France (c’est dire), on commençait à entendre parler. A ce jour, je ne sais toujours pas qui fut l’instigateur de cette aventure, mais une chose est sûre : l'endroit qu’il m’a été donné de voir dépassait tout ce que j’aurais pu imaginer. Voici le compte-rendu de ma première journée de voyage dans ce monde. Un monde où les capsules de navigation façon Odyssée 2001 côtoient les cathédrales. Un monde où les gens ont des ailes d’ange et les clubs SM pignon sur rue …

Douche froideRetour au sommaire
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Une dance-party assez réussie, dans un club rock connu.
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la bizarrerie est un des maîtres-mots dans SL.
La première démarche à faire, lorsqu’on souhaite jouer à Second Life, est de donner son numéro de carte bleue. Pas de numero, pas de compte. Pas de compte, pas de connexion. La fuite vers le monde virtuel est donc conditionnée par un pacte avec le dieu Crédit, quand bien même on souhaiterait se contenter d’un rôle d’observateur, sans rien créer (et donc vendre ou acheter). Petite période d’hésitation … donner son numero de carte, n’est-ce pas un peu comme vendre son âme ?

Qu’importe, je me lance et choisis un compte gratuit, ce qui me permettra de visiter librement l'univers, sans pouvoir en revanche acheter de terrain. Le compte créé et le soft installé (très léger au demeurant), me voilà arrivé dans la zone d’accueil. Impression plutôt mitigée : cela ressemble à du sims online, à commencer par l’aspect de mon avatar, véritable ken de polygone. L’environnement me semble lui aussi un peu trop propret, mais guidé par quelques screenshots de SL chopés sur le net, je parviens à combattre mon a priori et quitte la zone d’accueil en quête de quelques surprises. Deux options se proposent à moi : parcourir (à pied ou en volant) ce nouveau monde ou employer le moteur de recherche in game et les filtres associés. Je choisis la première approche.

Téléporté sur la zone de départ des nouveaux arrivants, je parcours des rues cernées de building. Des rues désertes, avec peut-être une ou deux personnes flottant dans les airs. A ce vide de population répond un amoncellement de boutiques, shopping center, galleries d’art, bannières de pubs, stands de machines à sous et boutiques pornos. Un contraste consternant, qui donne le vertige : chaque chose, ici, a été créé par un joueur. Et pourtant, ces choses sont comme laissées à l’abandon. Pour un peu, je sentirais le vent d’hiver s’introduire dans mon tee-shirt. Dépité, je reviens sur la toile, décidé à trouver un autre angle d’approche.

Rencontre salutaireRetour au sommaire
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Laurine, une jeune résidente particulièrement serviable.
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Le shopping vous poursuivra jusque dans votre seconde vie.
Après quelques recherches, je découvre le blog d’un institut de journalisme spécialisé dans l’actualité de Second Life. Celui-ci est tenu par un francophone dénommé Wolkam (nom Second Life), lequel s’est également spécialisé dans le design de meubles et l’hébergement d’artistes. Qui sait, le bonhomme me donnera peut-être quelques contacts utiles ? Ou bien pourra-t-il me conseiller quelques endroits un peu hors-normes à visiter ? Sans tarder, je contacte donc le reporter. Celui-ci se montre immédiatement chaleureux, et m’invite dans son domaine : un endroit où règne le noir le plus complet (mais peut-être est-ce la nuit), un endroit où se côtoient affiches arti, meubles à la Baud and Bui et œuvres d’art psychédéliques.

Après avoir fait connaissance, Wolkam m’explique qu’il est arrivé sur Second Life depuis trois mois. A ces yeux, le soft tient plus de la plateforme 3D que du jeu mmo.L’intégralité des objets et des environnements qu’on peut y trouver sont en effet réalisés par les joueurs, qui utilisent cet environnement comme une sorte de monstrueux blog immersif. A la fois outil de socialisation, machine à faire du fric (tout ou presque est payant dans SL), site d’hébergement pour ses propres créations (virtuelles ou réelles) et portail vers les différents sites présents sur le net, Second Life est plus un endroit où surfer qu’une zone de jeu. Et Wolkam de nuancer aussitôt : on trouve cependant de nombreux endroits où il est possible de tenir un rôle et même de s’affronter. Mais cela, explique-t-il, ne représente qu’une des innombrables possibilités offertes par la création de Liden Labs.

Deus In Machina ?Retour au sommaire
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Cette oeuvre d'art évolutive a demandé plusieurs mois de développement.
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Ne vous y trompez pas : cet endroit est le coeur d'un des shoppings center de SL.
Linden Labs. Des développeurs connus pour leur discrétion, très peu visibles dans le jeu, si ce n’est lors de quelques conférences et communiqués officiels. La règle de Linden Labs : ne jamais intervenir dans les créations des joueurs. Se contenter de gérer le nombre de terrains proposés (îles secrètes non répertoriées sur la carte et terrains visibles), améliorer le moteur (graphismes et stabilité), gérer le taux de change monnaieSL/dollar et engranger les bénéfices obtenus par la vente de leurs terrains, tels sont les seules activités de Linden Labs. De ce point de vue, la définition de Wolkam (SL serait une plateforme web 3D) colle plutôt bien avec l’approche des créateurs : proposer un cadre dans lequel les abonnés – appelés résidents – sont ensuite libres de faire ce que bon leur plaît. Wolkam me propose alors de rencontrer le célèbre Nick Rhodes, une des stars francophones les plus en vogue du moment, et présent depuis la bêta.Celui-ci, m’affirme-t-il, pourra m’en dire bien plus sur Second Life et me fournir quelques contacts parmi les créa (builders et designers) et peut-être même avec Linden Labs eux-mêmes. Le rendez-vous est fixé pour le lendemain.

Avant de partir, mon nouvel allié me fait visiter sa boutique design.. Avant de partir, je fais la connaissance de Laurine, une gentille black qui m’apprend à mettre des vêtements et changer de coiffure. Hum, pas si facile que ça… Au passage, j’en profite pour changer de sexe, un look féminin me semblant bizarrement plus de circonstance. Celle-ci me donne également une belle liasse de liens vers quelques-unes des régions les plus étranges de Second Life. De nombreuses heures d’exploration en perspective.

St Georges vs le dragon capitalisteRetour au sommaire
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Le mont Saint Michel, plus vrai que nature.
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Une autre création de l'architecte français.
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L'intérieur de la cathédrale du Mont st Michel. Un endroit épargné par la pub et les stands de pixels/frites.
Yadni Monde - un autre des contacts fournis par Wolkam - est le plus famous des constructeurs français. Il a créé de nombreux endroits aujourd’hui très visités, comme le YunkYard une sorte d’emmaus pour réunissant une multitude d’objets gratuits, mais aussi un beau nombre d’objets plus hétéroclites les uns que les autres : le premier dragon, des exosquelettes, des armures de combat, etc Pour terminer cette première journée, je décide de partir explorer les différents lieux mentionnés sur sa carte de visite. Première destination : le Mont Saint-Michel. Arrivé en pleine nuit, je peine à trouver la fameuse cité médiévale et me retrouve cerné de collines, sans trop savoir dans quelle direction aller. Un peu par hasard, je découvre la ruine d’un temple grec (une arche), une barque privée dont on me refuse l’accès, un bel appart incrusté à flanc de falaise et deux anges impérieux sans répondre à mon invite. Je parviens finalement en bordure d’un cirque. La journée a été intense, je m’endors sans même m’en apercevoir.

Au réveil, le soleil pointe au-dessus d’une mer iridescente. Sur ma gauche, j’aperçois la cité dédiée au célèbre pourfendeur de dragons. Celle-ci se dresse dans toute sa splendeur de pixels, la lumière se reflètant sur les innombrables vitraux. J’imagine déjà un Cyber Michel improvisé guide pour touriste guettant mon arrivée depus la plus haute tour de la cathédrale. Seconde vie, et secondes déceptions parfois : 2nd Mont St Michel est en fait dédié à la religion shopping, comme les 90 % des bâtiments du nouveau monde. Alors je fuis par téléport cette maquette lego qu’on voudrait aimer, mais qui pêche pour avoir renoncé à se réinventer une mythologie au bénéfice d’un peuple parasite : les boutiques de fringues. Cette première journée se termine sur un goût amer, mais c’est promis, je reviendrai.
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