
Alors que les joueurs font leur premiers pas dans Enemy Territory, on commence à voir apparaitre, timidement, le cas des publicités dans le jeu et dans un format type affiche, à la façon de celles introduites par Electronic Arts dans Battlefield 2142. Pour ce dernier, nous vous avions présentés il y a peu une sélection de captures d'écrans (ici) mais il faut ajouter que deux vidéos se baladent sur Youtube à ce sujet (#1 et #2). Qu'en est-il donc pour Quake Wars (hors future version Linux, qui devrait être épargné pendant un temps du fait d'incompatibilités techniques semble-t-il) ? Même s'il est est encore un peu tôt pour se prononcer, il semblerait pour l'instant que la chose ne soit pas plus flagrante, voire même peut-être un peu plus discrète que dans Battlefield 2142.
Et ce ne serait pas un mal car, même si Splash Damage argue que les revenus publicitaires aideront à financer les serveurs de statistiques, voire le jeu globalement (extension et futurs patchs / bonus), il n'en reste pas moins que devoir subir des publicités dans un produit que l'on paie une cinquantaine d'euros est à la limite de l'acceptable. Car de manière générale, là où la publicité est si ce n'est appréciée, du moins largement comprise, c'est lorsque le jeu est fournit gracieusement ou presque. Ubisoft s'est d'ailleurs récemment essayé à la chose en sortant plusieurs titres à succès (Far Cry, Prince of Persia : Les Sables du Temps) en version gratuite et ce grâce à la pub. Le résultat de cette opération semble pour l'heure poser problème car, si coté joueur cela s'est traduit par la présence de logos (entre autre d'une marque ultra-connu de hamburger) dans l'interface du jeu et d'un spot de quelques secondes durant le chargement des niveaux (donc assez répétitif à force), pour l'éditeur la manoeuvre a dut être interrompu du fait que les jeux ayant été mis sur Internet, même si l'offre était exclusivement destinée aux USA, évidemment, tout le monde s'est rué pour en profiter.
C'est d'ailleurs surprenant que quelqu'un ait pu croire une seule seconde qu'en diffusant un jeu sur un réseau à l'échelle planétaire, avec juste une note précisant qu'il faille être d'une nationalité particulière pour en profiter, le reste de la planète allez se contenter d'attendre ... On frise l'absurde. Alors, depuis que les serveurs de Fileplanet ont recensé un public non-autorisé, Ubisoft a été obligé de retirer son offre en attendant que soit mis en place un système de filtrage par adresse IP (adresse permettant une géolocalisation relative du visiteur). Quant aux petits malins qui ont cru qu'en se créant un compte Ubisoft où l'on indiquerait une fausse domiciliation pour contourner la règle, cela a peut-être fonctionné au début, mais une parade a rapidement été mise en oeuvre. Indépendamment du problème du coût des jeux et sans faire l'apologie du piratage et des réseaux d'échanges peer-to-peer, voilà encore un exemple qui démontre en un sens qu'il est toujours plus facile de se procurer un jeu illégalement que légalement. C'est d'autant plus dommage car l'idée en soi n'était pas mauvaise. Ce n'est pas qu'il soit plaisant de se voir rappeler l'existence d'un clown vendeur de sandwichs, par exemple, mais l'intégration de contenu publicitaire dans le menu du jeu offre ici une variante légèrement moins intrusive par rapport aux panneaux publicitaires intégrés dans le décor du jeu. Un moindre mal si vous préférez. Reste que la publicité dans les jeux posent d'autres soucis que ceux liés à l'immersion du joueur, problèmes bien plus épineux pour les professionnels et liés par exemple à la règlementation sur les supports publicitaires. A ce propos, vous trouverez sur le site de l'Association Française du Jeu Vidéo (ici) la reprise d'un article paru récemment dans la presse économique et résumant assez clairement la chose pour qui n'est pas juriste. Et je vous laisse imaginer que ces cas litigieux ne sont rien face à ceux de potentielles exploitations abusives de données relatives au comportement et à la vie privée.
· Panneaux publicitaires dans Quake Wars
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