StarCraft 2 - Wings Of Liberty : un monument en test


Trois factions ? Là encore, StarCraft 2 n'innove pas le moins du monde sur le papier puisque les trois peuples que l'on est amené à contrôler ne sont autres que les bien connus Protoss, Terrans et Zergs. Nous passerons tout de suite sur le pseudo-scandale qui veut que Blizzard ne propose de contrôler qu'une seule de ces races dans Wings Of Liberty. Il est donc vrai que la campagne se focalise sur les Terrans, et ce, même si une poignée de missions permettent de retrouver le Protoss Zeratul. Il est également vrai qu'il faudra repayer (en 2011-2013) pour jouer Protoss et Zergs ; mais malgré ces défauts, il n'y a pas grand-chose à reprocher à cette campagne solo.

Dans la pratique, et malgré un gameplay pauvre en franches innovations, il faut reconnaître que ces 29 missions sont un bonheur de tous les instants. On apprécie tout d'abord que du mode « Facile » au mode « Brutal » en passant par les « Normal » et « Difficile », Blizzard ait intégré quatre niveaux de difficulté bien différents. Du coup, les joueurs occasionnels comme les vétérans sont assurés de trouver un défi à la hauteur. On conseillera aux habitués de commencer en Difficile, mais les choses se corsent franchement à partir de la dixième / quinzième mission. Heureusement, il est tout à fait possible de changer le niveau de difficulté à chaque mission afin de ne pas se gâcher le plaisir...
Gameplay #17 - Raynor, Kerrigan et autres en solo
... Il serait effectivement dommage de ne pas ajuster la difficulté à son propre niveau tant les missions sont réussies. Certes, l'originalité n'est pas vraiment de mise, mais Blizzard ne s'est toutefois pas contenté de reprendre ce qui a fait le succès de StarCraft : le studio a pioché ses idées un peu partout. Ainsi, et même si les missions reposent sur le canevas collecte / construction / gestion énoncé précédemment, les développeurs sont parvenus à varier considérablement les choses : ici, il s'agit d'escorter des civils pour assurer leur évacuation, alors que là il faut mener des opérations contre les trains d'une corporation aux mœurs pas très catholiques.

On se souvient qu'au cours du bêta test, des petits malins avaient conçu plein de choses avec le moteur : ces séquences plus action-RPG ou encore le shoot them up du bar de l'Hypérion sont là pour montrer ce qu'il est possible de faire. Puisque nous parlons de l'Hypérion, précisons que ce vaisseau (porte-étendard de la flotte rebelle) sert de base à Jim Raynor. Entre chaque mission, nous nous retrouvons à son bord afin de préparer la suite de la campagne. Mais alors que Blizzard aurait pu se contenter d'une « bête » interface de sélection, l'Hypérion est complètement intégré à la campagne solo dont il permet notamment de faire progresser le scénario.

C'est à partir de cette dernière que l'on peut voir la situation générale de la campagne et faire le point sur les objectifs que l'on souhaite accomplir en priorité. Il faut effectivement savoir qu'en plus d'avoir une importance dans le scénario, les missions octroient récompenses (points crédit et points recherche) et nouvelles unités. Petit regret toutefois : s'il est possible de choisir sa prochaine mission parmi trois ou quatre, il n'y a rien de comparable avec le timing serré de Warhammer 40k - Dawn Of War 2. Ainsi, aucune crainte d'arriver trop tard pour le sauvetage de la planète Agria en choisissant d'autres missions au préalable, par exemple.



Choix de mission, haut-faits et orientations technologiques : autant de manières d'influer sur la campagne
Autre regret à signaler, il semble que l'écart entre les niveaux de difficulté soit net, peut-être pas assez progressif pour convenir à tous les joueurs. Nous regrettions également que le système de hauts faits pousse le joueur à refaire les missions en Normal et en Difficile, mais il n'en est rien : sans doute étions-nous confronté à un petit bug. Ces hauts faits fonctionnent comme les succès Steam / Xbox 360 : des récompenses à débloquer sous certaines conditions. Sur la mission Jardin Du Diable, il s'agit en Normal de tuer le Brutalisk Zerg en utilisant la montée de lave alors qu'en difficile, il faut en plus retrouver tous les membres de l'équipe de Tosh pour débloquer un second haut fait.

L'un dans l'autre, la durée de vie solo de StarCraft 2 est plus que correcte et tant pis si les missions défis proposées par Blizzard (neuf, à la difficulté croissante) ne sont guère passionnantes : il s'agit en fait de didacticiels avancés destinés à nous expliquer diverses tactiques. Une fois la campagne retournée dans tous les sens, il reste le mode Escarmouche (52 cartes pour jouer en solo ou en coopératif avec l'intelligence artificielle) et, bien sûr, le multijoueur. Confirmons de suite la triste nouvelle : pas question de jouer en réseau local avec ses amis et Battle.net est maintenant absolument indispensable pour jouer contre des joueurs humains.

Mais revenons-en au multijoueur proprement dit. StarCraft 2 étant disponible depuis deux jours, nos impressions sont principalement basées sur la bêta, mais nous ne manquerons pas de les mettre à jour si besoin est. Le multijoueur permet donc de jouer en 1c1, 2c2, 3c3, 4c4 et en chacun pour soi. Il est également possible de jouer en coopératif contre l'IA et - finalement - on ne regrettera que l'absence de configuration à trois équipes. Carton planétaire oblige, StarCraft 2 a l'énorme avantage de déjà proposer des parties par dizaines : du coup, l'outil de matchmaking s'avère particulièrement efficace et nous trouve des parties en l'espace de quelques secondes.
Gameplay #16 - Nos premiers pas sur la campagne
Un système de ligues a également été mis en place afin que l'on puisse affronter des joueurs (plus ou moins) de son niveau et ainsi éviter au maximum la frustration des combats ultra-déséquilibrés. Bon, autant le dire tout de suite, en revanche, les joueurs de StarCraft 2 ne semblent pas particulièrement bavards et - pour le moment en tout cas - on ne se lie pas avec ses partenaires d'un soir. Mais le plus intéressant est sans doute l'impressionnant équilibre entre les races. Bien sûr, les grognons diront que Blizzard n'a aucun mérite en reprenant des races qui ont douze ans ; mais en réalité, les changements pour chaque sont tellement nombreux qu'il a fallu tout rééquilibrer.

Avantage évident, et même avec les détails au maximum : StarCraft 2 est relativement léger. Il nous semble nécessaire de viser une configuration de type processeur double-cœur 2,4 GHz, épaulé par 2 Go de mémoire vive et une GeForce 8800 GTX pour s'assurer d'une bonne fluidité en toutes circonstances. Notons que Blizzard n'a pas intégré l'anticrénelage à ses options et seules les cartes NVIDIA permettent (via les pilotes graphiques) d'en profiter. Mauvais point pour ATI qui aurait dû profiter du bêta test pour imaginer une parade (un correctif serait sur le point d'arriver) ! NVIDIA n'est toutefois pas exempté de critiques puisqu'il n'a pas encore de solution 3D Vision à proposer aux joueurs équipés (un patch arrive).
Quel développement est plus « casse-gueule » que celui d'une suite à un jeu adulé par des millions de Sud-Coréens et considéré comme un monument du jeu de stratégie temps réel ? Pourtant et malgré quelques craintes, il nous faut reconnaître que Blizzard relève le défi avec brio. Certes, ce Wings Of Liberty n'est pas parfait et certains regretteront le parti pris technologique quand d'autres ne se remettront pas de l'absence du LAN. Certes aussi, le prix demandé par Blizzard (60 euros, mais on peut le trouver à moins) est une première sur PC, mais malgré cela, il nous semble impossible de passer à côté de ce titre à la finition quasi-exemplaire (il reste quelques bugs M. Blizzard). La campagne est assez longue, incroyable d'intensité, de variété et s'il n'a pas été question de faire dans l'originalité débridée, le studio nous propose un concentré de ce qui existe de mieux dans le genre. Enfin, que dire du multijoueur ? Taillé pour la compétition en ligne, il ne permet plus de meubler ces longues soirées d'hiver entre potes, mais profite de l'expérience Blizzard en la matière, de la présence de ces trois races si différentes les unes des autres et de l'engouement du public. Incontournable tout simplement.
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