Test de Grow Home : Le p'tit BUD qui monte
Révélé il y a peu à la face du monde, et sorti dans la foulée, Grow Home est un tout petit jeu créé par Reflections (un studio Ubisoft) entre deux gros projets. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a du charme, le bougre.
Si Reflections a quelques jolis titres à son palmarès (Shadow of the Beast et Driver pour ne citer qu'eux), le studio a peu brillé depuis son rachat par Ubisoft en 2006. Et même s'il a participé à l'élaboration de nombreux titres tels que Far Cry 3, Far Cry 4, Watch_Dogs ou encore Just Dance, aucune production originale n'a vu le jour entre ses murs depuis Driver : San Francisco. Il en était ainsi jusqu'au 4 février dernier, date à laquelle Grow Home a déboulé sur Steam. Petite production réalisée en équipe réduite et au concept fort, ce titre s'inscrit dans la démarche initiée par Ubi avec Soldats Inconnus et Child of Light. Et comme ses prédécesseurs, Grow Home fait mouche.
BUD, notre avatar, est un petit robot humanoïde envoyé aux quatre coins de la galaxie afin de trouver la Plante-Etoile, un végétal capable de sauver sa planète des affres de la pollution, et restaurer son apport en oxygène. Plante qu'il découvrira d'ailleurs au début même du jeu, en débarquant de manière fracassante sur une nouvelle planète. Son but, aider la plante à grandir jusqu’à l'atmosphère, afin qu'elle éclose et libère ses graines que l'on devra envoyer à la maison via le téléporteur commodément installé à bord du vaisseau de BUD. Dit de cette manière, cela paraît facile, mais jouer les jardiniers intersidéraux n'est pas aussi simple qu'il n’y paraît, puisque la Plante-Etoile ne se contente pas d'une pelletée de terreau, d'un brin de soleil et d'un arrosage régulier pour atteindre le firmament. Non, son carburant à elle, ce sont des cristaux verdâtres disséminés çà et là au gré des îles flottant dans son environnement immédiat. Charge donc à BUD de diriger la croissance des vrilles de la plante pour aller pomper l'énergie desdits cristaux. Chemin faisant, l'ami BUD découvrira de plus en plus le monde qui l'entoure, et son écosystème.
Afin d'accomplir au mieux la tâche qui lui est confiée, BUD pourra compter sur plusieurs éléments. Ses capacités pour commencer, et notamment celle qui consiste à grimper sur toutes les surfaces qu'il croise. A l'aide des gâchettes (l'une pour la main gauche, l'autre pour la main droite), il sera possible d'agripper le moindre élément du décor. Dès lors, il faudra apprendre à alterner les prises pour se mouvoir sur les parois qui jalonnent le parcours de BUD. Inventif et simple, ce principe marche plutôt bien dans l’ensemble, et n'est troublé que par quelques soucis de caméras qui gênent la lisibilité de temps à autre. Il sera possible aussi de collecter, au fil du jeu, des cristaux pour débloquer les capacités de BUD : la plus utile d'entre-elles est sans aucun doute un jetpack assurant un minimum de mobilité dans les airs – ce qui est loin d'être anodin étant donné la verticalité du monde proposé. Autre élément à prendre en compte, l'environnement lui-même. Disséminés dans le décor, de nombreux éléments aideront BUD dans sa progression vers les cieux. Feuilles et champignons faisant office de trampolines, buissons bumper, fleurs à utiliser comme parachute, sans oublier les mortelles plantes carnivores, seules véritables "ennemies" du jeu (si l'on exclut l'altitude bien entendu), autant d'éléments avec lesquels il faudra composer pour atteindre son objectif. Simples et intuitifs, ces contrôles fonctionnent extrêmement bien, et c'est avec plaisir que l'on évoluera au sein du monde de Grow Home.
L'univers concocté par Reflections s'avère des plus charmants. Visuellement tout d'abord, Grow Home frappe par sa simplicité. Les modèles y sont dépouillés, pauvres en polygones (ce n'est pas une insulte) et habillés de larges aplats de couleurs pastels fort agréables à l'œil, qui contribuent à créer une ambiance reposante. Cette impression est renforcée par l'aspect sonore du jeu, très organique avec ses longues plages musicales et ses bruitages naturels. Mention particulière au design sonore de BUD qui s'avère mignon à souhait. Tant qu'à parler de BUD, qui est après tout le personnage central de Grow Home, soulignons le travail effectué sur son animation. Que ce soit lors des phases d'escalade ou lorsqu'il se dandine dans la pampa, le voir évoluer est un régal, même si le procédé utilisé entraîne par moment quelques errances dans les déplacements. Au final, la combinaison de ces divers éléments crée un monde plein de vie, vif et coloré, ainsi qu'une ambiance primesautière bienvenue, qui contribue grandement au charme du jeu de Reflections.





BUD et le haricot magiqueRetour au sommaire



Grow Home : Gameplay Maison
ConclusionRetour au sommaire
Simple et sans prétention, Grow Home est le genre de jeu que l'on aimerait croiser plus souvent. Avec son principe accessible, son gameplay ingénieux et sa direction artistique mignonne comme tout, le titre de Reflections vient faire souffler un vent de légèreté sur un paysage vidéoludique encombré par une tripotée de jeux graves, sombres et sérieux. Bien que dépourvu de véritable scénario, et loin d'être exempt de défauts techniques (surtout au niveau de la gestion de la caméra), Grow Home doit être pris pour ce qu'il est, à savoir une expérience inattendue et une petite bouffée d'air rafraîchissante. Un bon moyen, quelques heures durant, d'échapper aux affres de la guerre moderne, de l'extermination en masse de zombies, ou toute autre occupation vidéoludique à la mode ces temps-ci. 




