Test de Counter-Strike : Source
Développé à l’origine par une bande de codeurs passionnés, motivés par la simplicité et l’efficacité du moteur d’Half-Life, le célèbrissime Counter Strike a su passer en seulement quelques années du statut de mod lambda à celui nettement plus enviable de FPS en réseau le plus joué au monde. Une prouesse rendue possible grâce au gameplay soigné et au potentiel de fun indéniable du titre, mais aussi grâce à la configuration remarquablement légère (celle de Half-Life) requise pour le faire tourner. Avec la sortie d’Half-Life 2 à la rentrée 2004, tout le monde s’attendait à ce que « CS » bénéficie d’une nouvelle version, boostée par le fantastique Source Engine, moteur 3D particulièrement performant utilisé pour donner vie aux nouvelles aventures de Gordon Freeman. Disponible depuis octobre 2004 pour 20 euros en magasin ou via STEAM, la plate-forme de téléchargement de Valve, Counter Strike Source n’avait jusqu’à présent pas eu le loisir d’être testé chez nous. Dès lors, deux ans après sa sortie quel intérêt de s’attarder sur CSS, dépassé techniquement par de nombreux jeux plus récents comme Battlefield 2142 ou encore FEAR ?









En début de partie, chaque joueur est équipé d’un couteau de combat, d’un pistolet de base et d’un nombre limité de munitions. En fonction de la victoire ou de la défaite de son équipe, il se verra attribuer une certaine somme d’argent pour lui permettre d’acheter armes et équipement comme un gilet pare-balles ou des grenades fumigènes. Alors que vous conservez votre barda en cas de round victorieux, une décharge de M4A1 en pleine tête sera malheureusement synonyme de retour à la case départ. Si vous êtes trop pauvre (haha !) pour vous rachetez du matériel, il est possible de suivre gentiment un camarade plus fortuné (et donc mieux équipé) et d’attendre qu’il se fasse tuer pour récupérer son équipement. Une technique aussi mesquine que profitable qui aura le mérite de vous faire faire des économies mais qui risque aussi d’irriter passablement vos compagnons de jeu qui ne tarderont pas à vous le faire savoir par message texte, vocal ou pour les plus énervés, par une balle entre les deux yeux.
Maintenant que vous cernez un peu mieux le pourquoi du comment faisons un petit tour sur le menu des achats voir les différentes armes proposées. Il est intéressant de voir que malgré les nombreuses évolutions qu’à connu le jeu, celles-ci sont toujours restées identiques. A noter que depuis une récente mise à jour, le prix des armes varie en fonction de leur popularité. Un saut sur le Weapon Market de Steam nous apprend par exemple qu’en ce 17 décembre 2006, l’impopulaire Ingram MAC-10 se négocie autour de 510$, son prix normal étant de 1400$. A l’inverse, le Colt M4A1 Carbine, arme star des Counter, vaut actuellement 6501$ au lieu de 3100 précédemment. Cette option, désactivable par l’administrateur du serveur, constitue une véritable révolution dans le domaine de CS, même si les premiers retours après quelques semaines d’utilisation montrent qu’elle n’a pas fait évoluer les habitudes des joueurs.
Si vous n’êtes pas un « gamer » mais plutôt un joueur occasionnel ou tout simplement un gros mauvais (appelons un chat un chat) attendez-vous à sérieusement morfler durant vos premières échauffourées sous Dust, Aztec ou encore Office (quelques une des maps les plus connues). Pratiqué en majorité par des joueurs expérimentés, il faudra souffrir pour être bon et ne pas se vexer si vous faîtes partie des premiers à passer l’arme à gauche. Comme dans la plupart des jeux en ligne, des serveurs dédiés aux débutants « Newbies only » permettent de se faire la main et de découvrir le jeu. Cependant la mort – où on passe simple spectateur le temps que le round finisse – permet d’observer la façon de jouer des autres et apprendre plus vite la meilleure façon de tirer partie des éléments du décor et les armes. Ainsi, si certains aiment particulièrement se cacher avec leur fusil de snipe en attendant qu’une pauvre cible passe dans leur viseur, d’autres pratiquent volontiers le rush, Ak-47 ou fusil à pompe Benelli au poing. Il n’y a donc pas une mais une multitude de façon d’appréhender CSS, dépendant autant de votre capacité à rester en vie qu’à votre aptitude à jouer en équipe. Le jeu se voulant rapide même sur de grandes maps, les temps morts sont rares. De fait, vous prendrez souvent plus de plaisir à traquer les ennemis jusqu'au dernier qu’à remplir les objectifs de mission. Sur ce point, le jeu n’a pas vieilli. Malgré l’apparition d’autres titres plus riches comme Battlefield 2142 et ses maps géantes de 64 joueurs, le gameplay de Counter Strike Source n’a pas pris une ride. Ca va vite, on trouve sans mal des adversaires à tout heure et l’immense communauté du jeu permet de bénéficier de centaines de maps pour renouveler l’intérêt et prolonger la confortable durée de vie du jeu de quelques centaines d’heures supplémentaires.
Question technique, le titre de Valve s’en sort toujours très correctement. Certes le Source Engine n’est plus à la pointe en cette fin d’année 2006, mais compte tenu de la faible configuration demandée et du charme distillé par le jeu, difficile de lui en tenir rigueur. De plus, l’ajout de l’option HDR contribue à donner un cachet certain aux maps qui en bénéficient sans pour autant nuire à la clarté de l’ensemble. Du tout bon pour Counter Strike Source donc, qui tournera sans mal sur un pc de 2003 tout en se montrant relativement joli sur une bécane résolument plus puissante.
Si vous aimez les FPS, que votre PC ne date pas de l’avant Euro et que vous désirez tâter CS, il est évident que l’achat d’une licence vaut le coup. En plus d’être proposé à un prix très bas, le hit de Valve possède un gameplay nerveux et jouissif, des graphismes agréables et une communauté incomparable, garantie d’une durée de vie confortable. Convenant aux bourrins comme aux amateurs de tactique, Counter Strike (ici en version Source) est un de ces jeux mythique qu’il faut avoir essayé au moins une fois dans une vie de joueur. Attention, ce jeu présente de risque d’addiction ; à mettre entre toutes les mains.




Pour être tout à fait honnête, et bien oui…et non. Globalement le jeu est grosso modo le même, tant en terme de level design (sauf quelques barils ou débris ajoutés ça et là et des contours de bâtiments arrondis) que de prise en main. La vitesse de déplacement est identique à celle de la version 1.6, et hormis l’évident lifting esthétique, difficile au premier coup d’œil de trouver des différences notables entre les deux générations de CS. Pourtant, en y regardant de plus près, le joueur averti notera quelques subtils changements qui peuvent faire hésiter à switcher. Tout d’abord on l’a dit, le prix des armes varie maintenant en fonction de leur popularité. Mis à jour chaque lundi en se basant sur les stats de la semaine précédente, celui-ci pourra se révéler problématique si vous connaissez par cœur le prix de vos items favoris. Deuxième point sur les armes, une fonctionnalité très récente augmente la puissance de tir du ES57, du Compact 228 et des Dual Elites de 25% pour faire face à la domination sans partage du Desert Eagle. Un point apparemment anecdotique mais qui pourra faire une sacrée différence sur les maps dédiées aux armes de point, notamment vue la faible cadence de tir du Deagle. Pour finir, on peut reprocher à cette version Source un flashbang qui ne se contente plus d’aveugler mais qui envoie aussi un son sourd dans les oreilles du joueur touché, le rendant ainsi aveugle mais aussi sourd, et surtout une mini carte bien trop explicite qui permet de facilement tracer l’ennemi en le rendant visible quelques secondes après l’avoir eu en visuel.
Qu’il est difficile de changer ses habitudes ! Surtout quand on parle d’un titre aussi populaire que Counter Strike. Pourtant malgré les quelques modifications apportées à cette version, passer de la 1.6 à CSS se révéle une bonne affaire. Valant le prix d’un jeu budget, cette nouvelle mouture propose des graphismes rehaussés qui méritent à eux seul la transition. Alors certes, vous ne retrouverez pas exactement votre bon vieux Counter d’antan mais après avoir goûté aux joies du Source Engine, vous aurez du mal à retourner sur 1.6. Essayez, vous comprendrez.
