Test de Battlefield 3 : DICE signe son chef d'oeuvre ?
SOMMAIRE
En préparation depuis des années, Battlefield 3 est enfin disponible pour révolutionner le monde du jeu d'action vue subjective, ses campagnes solo et ses modes multijoueurs... à moins que.

Quand la Bad Company manque au mode soloRetour au sommaire
Dans le cœur de nombreux joueurs, la saga Battlefield se conjugue à plusieurs et c'est le mode multijoueur qui a donné ses lettres de noblesse à la licence. Pourtant, Electronic Arts a choisi d'axer une grande partie de sa campagne de promotion sur le solo en indiquant que son poulain est plus fort, plus complet et plus abouti que le concurrent direct, Call Of Duty. Dans les faits, il nous faut hélas reconnaître que DICE semble moins inspiré qu'avec le délire des Bad Company et se repose peut-être un peu trop sur la technique des scripts pour faire vibrer le joueur... Une technique universellement utilisée par les studios de développement, mais que l'on aimerait voir progresser alors que Battlefield 3 devait marquer un renouveau à tous les niveaux.
Dans ce genre de situations tout est bien sûr affaire de goût, mais nous considérons que cela nuit à la mise en place d'une certaine atmosphère et pour faire simple disons que l'on ne rentre jamais complètement dans cette histoire de menace nucléaire. Un manque d'immersion que l'on doit aussi à la présence de nombreux Quicktime Events (QTE), ces séquences où l'on doit réaliser une action particulière en appuyant sur le(s) bouton(s) affiché(s) à l'écran. De notre avis, les QTE s'intègrent très mal au genre du FPS et Battlefield 3 nous en apporte la preuve de fort belle manière avec cette poursuite dans les rues de Paris qui s'achève par une bête succession de boutons à presser quand il nous l'est demandé : quel rapport avec la fuite d'un homme portant une bombe nucléaire sur le dos ?!
Gameplay #21 - On compile le solo PC partie 3
Du grand spectacle...Retour au sommaire
Heureusement, tout n'est pas à jeter dans cette campagne et les Suédois de DICE ont parfaitement rempli leur cahier des charges en intégrant tout ce qui fait le sel des scénarios de FPS. Nous avons donc droit aux nombreuses séquences à bord de différents véhicules, aux séances de tir avec fusil de précision, aux passages homériques et aux scènes que l'on jurerait sorties du dernier blockbuster hollywoodien tant elles sont à couper le souffle ! À ce niveau, il faut bien reconnaître que l'exceptionnelle qualité du Frostbite 2.0 fait très mal aux autres jeux d'action vue subjective. Il y aura bien quelques aigris pour critiquer encore le rendu de certaines textures, mais au final on retient surtout le travail impressionnant des développeurs, et ce, sur toutes les plateformes.
La technique ne sert cependant pas qu'à épater la galerie et faire chauffer les cartes graphiques : elle est aussi là pour appuyer le gameplay, même si cela reste trop en retrait à notre goût et que le 3D Vision de NVIDIA n'est par exemple pas encore au menu (elle arrive via un patch). Durant les premières missions, on est ainsi surpris de voir à quel point la réalisation paraît accessoire et on aurait aimé que les destructions aient plus d'incidences... Cela vient en fait avec le temps et si la campagne démarre tranquillement, elle prend petit à petit de l'ampleur. Ainsi, à côté de l'épisode aérien qui restera en travers de la gorge de nombreux joueurs du fait de son manque d'interactivité, on peut compter sur quelques poursuites pas piquées des vers comme cette cavalcade dans les parkings parisiens où les murs s'effritent, les voitures explosent et les personnages sont projetés par le souffle des déflagrations.
... mais rien de réellement mémorableRetour au sommaire
L'un dans l'autre, on peut donc dire que la campagne solo de Battlefield 3 souffle le chaud et le froid. Elle évite l'écueil idéologique et le manichéisme pénible des Call Of Duty, mais fait également l'impasse sur l'humour des Bad Company. On incarne des soldats et les soldats ça fait la guerre sans rigoler tous les jours. Dommage, nous on aime bien ça rigoler dans les jeux vidéo ! On rigole d'ailleurs d'autant moins que la progression par l'échec est une fois encore au menu et qu'elle tape un peu sur les nerfs. DICE n'est à ce niveau pas beaucoup plus doué qu'Infinity Ward et l'intelligence artificielle s'avère plus frustrante qu'autre chose. Trois niveaux de difficulté sont au programme, mais alors que le premier n'a guère d'intérêt, les choses sérieuses commencent dès le niveau normal.
Ces soucis ne gâchent pas la partie, mais diminuent sensiblement l'intérêt de la campagne solo, en particulier durant les premières heures. Nous l'avons dit, les choses s'arrangent par la suite et les dernières missions ne sont pas inintéressantes d'autant que la mise en scène (sous forme de flashbacks) gagne elle aussi en intensité à mesure que l'on comprend ce qu'il se passe. Tout à fait au niveau de ce que font les concurrents, DICE déçoit cependant par son incapacité à innover véritablement. En dehors de l'aspect technique des choses, nous aurions aimé pouvoir mettre le doigt sur quelque chose qui aurait servit de référence pour les autres studios, mais ce n'est pas vraiment le cas : la campagne solo fait le job comme on dit, mais c'est à peu près tout.



Action et grand spectacle sont au cœur du solo, mais l'IA des alliées est bien trop en retrait
Du coopératif très accessoireRetour au sommaire
Pliée en six à huit heures selon votre vitesse et votre niveau, la campagne solo et ses 12 missions ouvrent logiquement la voie à deux modes multijoueur : le coopératif et le compétitif. Le premier permet de faire équipe avec un autre joueur sur six missions inspirées des environnements de la campagne. La difficulté est bien plus élevée qu'au travers de cette dernière et le but du coopératif est clairement de pousser les deux joueurs à travailler de concert pour mettre à mal une intelligence artificielle - une fois encore - plus frustrante que vraiment douée. Pour ne rien arranger, il faut généralement s'y reprendre à plusieurs fois rien que pour identifier précisément les objectifs. DICE ne voulait pas passer des semaines à peaufiner une campagne coopérative, mais le résultat est hélas un peu bancal.
Au final, on ne peut plus guerroyer qu'à 24 sur consoles contre 64 sur PC... un nombre plus en adéquation avec les promesses multi de DICE et la taille de certaines cartes. Au nombre de neuf (toutes jouables avec les cinq modes de jeu : Ruée, Conquête, Team Deathmatch, TDM par escouade, Ruée en escouade), celles-ci reprennent peu ou prou les différents modèles de BFBC2 : de vastes espaces parfaits pour les véhicules (tank, transport de troupes, jeeps, hélicoptères, avions de chasse) aux environnements plus resserrés idéals pour les fantassins, les maps de Battlefield 3 étalent une nouvelle fois au grand jour le savoir faire colossal de DICE dans ce domaine. Rarement plates et surtout bourrées de recoins, elles offrent une variété étendue de situations à même de ne pas lasser sur la durée.
Gameplay #17 - Multijoueur sur PS3 partie 2
Multijoueur gonflé aux stéroïdesRetour au sommaire
En Ruée comme en Conquête, chaque lieu (désert, ville de nuit, Paris, souk arabe) dispose de sa propre identité visuelle, chaque ruelle ou grande artère côtoyant logiquement les différents bâtiments bien souvent destructibles. On ne sera tout de même pas surpris par ces cartes, assez classiques dans la forme, mais toujours efficaces dans le fond. On regrettera une nouvelle fois la prépondérance des bugs d’affichage, de déplacement ou de collision pour les versions consoles, parents pauvres de ce Battlefield 3 version multijoueur. Sur Xbox 360 comme sur PlayStation 3, la réalisation en prend d’ailleurs un bon coup par rapport au solo, mais surtout vis-à-vis de la version PC, toujours reine en la demeure dans la série. Affichage tardif, textures grossières et crénelage perturbent un peu notre vision du champ de bataille, prenant alors le relais sur les nombreux effets visuels qui ne sont pas uniquement là pour faire joli.
En gros, la trousse de soin et le défibrillateur (moins efficace que dans BFBC2) va à l’Assaut pour nerfer le Médic, désormais rebaptisé Soutien. Hérité lui aussi de Bad Company 2, le système de progression a fait ses preuves et conviendra aux malades de l’unlocking comme aux joueurs souhaitant trouver le package parfait et le conserver, chaque arme ayant désormais son propre niveau d’avancement. Idem pour les véhicules, qui bénéficient également de tout un tas d’options que l’on acquiert avec le temps... et un peu de skill. Au final, les quelques ajustements de DICE par rapport à BFBC2 s’avèrent tous payants même si l’on aurait souhaité plus de biscuits favorisant le teamplay.

ConclusionRetour au sommaire
Nous touchons à la conclusion de cette article et si avez suivi le cheminement logique de lecture, vous savez déjà que Battlefield 3 n'est pas la révolution attendue par certains. Non, DICE n'a pas bouleversé le monde du jeu d'action vue subjective comme il était parvenu à le faire avec Battlefield 1942, mais le studio suédois ne démérite pas. Déjà, sur le plan technique, il rend une copie assez remarquable, et ce, quelle que soit votre plateforme de prédilection. La version PC du jeu atomise joyeusement ses consœurs, mais même sur PlayStation 3 et Xbox 360 le rendu graphique est une vraie réussite. Les environnements sont variés et riches de nombreux détails alors que l'animation se maintient toujours au-dessus du seuil nécessaire pour profiter d'un FPS. Les joueurs PC profitent eux d'un titre d'exception qui fera figure de référence pour un bon moment.
Côté gameplay, DICE alterne le bon et le moins bon. En effet, la campagne solo démarre de manière un peu poussive et manque d'un « je ne sais quoi » pour véritablement marquer les esprits alors que le coopératif fait office de gadget sympathique, mais par définition tout à fait accessoire. Enfin, reste le gros morceau, le mode multijoueur. Là, pas grand-chose à redire et si les nostalgiques de Battlefield 2 regretteront sans doute certains aspects de leur jeu fétiche, il y a fort à parier qu'ils acceptent les compromis proposés par DICE. Là encore, la version PC est un cran au-dessus de ses petites sœurs avec notamment la possibilité de jouer des assauts à 64 joueurs, mais dans tous les cas, Battlefield 3 a ce qu'il faut pour devenir la référence multijoueur d'aujourd'hui.
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Test PC réalisé sur une machine à base de Core i7 3,6 GHz, 6 Go de mémoire vive et GeForce GTX 480. Le jeu est à son aise (détails élevés) à partir d'un processeur double-cœur 3 GHz, épaulé par 3 Go de mémoire vive et une GeForce GTX 460.










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