Il y a quelques semaines de cela, nous testions Bastion sur Xbox 360 et recevions une bonne grosse claque des familles. Le bon petit jeu de SuperGiant Games sort également sur PC (via Steam) dans une version très similaire. En testeurs intègres, on est allé une nouvelle fois écumer les terres de Bastion pour faire notre rapport.
Bastion est édité par Warner Bros., et pourtant, il accumule tous les aspects d’un jeu indépendant. A commencer par sa plastique enfantine en
3D isométrique, mais surtout pour son scénario très spirituel. Vous incarnez le Kid, un petit bonhomme plein de ressources qui se réveille dans un univers peu familier. Le narrateur, appelé l’Etranger, gardera toujours un œil sur vos actions et commentera de façon originale votre progression. Vous vous retrouvez donc tous les deux au
Bastion, ultime refuge face à la Calamité, une menace obscure qui détraque le monde et certains de ses habitants. Notre rôle va être de retrouver des survivants, reconstruire le
Bastion, et découvrir la vérité sur la Calamité.
Malgré ses décors tout mignons et colorés,
Bastion cache un scénario mature doublé de combats assez violents. Après tout, le bourrinage est le crédo du
Hack and Slash. Avant même de découvrir les mécaniques du titre, nous serons surpris par l’exploration du premier niveau dans lequel le Kid voit l’univers se construire sous ses pieds. Les chutes dans le vide s’avèrent donc nombreuses, même si elles ne sont pas pénalisées par la mort mais juste par la perte de quelques points de vie. D’ailleurs, quoiqu’il arrive, le narrateur ne s’empêchera pas de vous lancer une petite pique. Et ces fameux commentaires constituent l’un des points forts de
Bastion. En effet, en plus d’être emprunts d’une certaine maturité et d’humour noir, ils s’adaptent toujours à la situation, à l’arme que l’on utilise pour massacrer nos ennemis ou encore au chemin que l’on emprunte. Comprenez que vous avez peu de chance d’être gratifiés des mêmes remarques d’une partie à l’autre. Couplé à l’univers enchanteur du titre de Supergiant Games, on obtient un mélange détonnant digne des productions indépendantes les plus réussies.
S’il nous charme d’emblée par son univers,
Bastion nous comble par son
gameplay aux petits oignons. On le disait plus haut, le
hack and slash ne fait rarement dans la finesse. Pourtant le jeu nous propose quelques petites originalités au niveau des équipements. Pas d’armures et de gadgets au programme, mais près d’une vingtaine d’armes que l’on peut améliorer contre des matériaux glanés au cours de l’aventure et des cristaux bleus, la monnaie locale de ce monde étrange. De la simple masse au bazooka, en passant par le mortier ou la paire de flingues,
Bastion nous propose de porter deux armes simultanément plus une technique secrète (grosses grenades, attaque tourbillonnante etc.) parmi la petite dizaine disponible. Voilà de quoi optimiser sa façon de jouer puisqu’il se révèle possible de modifier notre équipement entre chaque tableau. Mais si l’arsenal et la forge, deux structures du
bastion, permettent de chouchouter nos armes, les autres bâtiments ont également un rôle prépondérant dans l’aventure.
On compte en tout et pour tout six bâtisses à reconstruire sur le
bastion. L’Arsenal permet de changer ses armes et son attaque spéciale tandis que l’on a recours à la Forge pour effectuer les diverses améliorations d’armes. La Distillerie, de son côté, propose des unpgrades passives pour notre personnage (points de vie supplémentaires, stock de potion amélioré, dégâts…), une par niveau, que l’on choisira parmi la bonne vingtaine disponible. Plus intéressant, le Temple permet au joueur d’activer des idoles pour rendre les monstres de
Bastion plus belliqueux. Bien entendu, les récompenses en termes d’objets et de pognon sont plus conséquentes, mais il faut s’attendre à combattre des ennemis bien plus puissants. D’autant plus qu’il est possible d’activer plusieurs bonus à la fois, voir tous, histoire de transformer chaque tableau en un véritable enfer où pullulent des ennemis boostés aux hormones. Le Mémorial nous récompense quant à lui de certains succès (tuer tels nombres d’ennemis, accumuler telle somme de points etc.). Enfin, la Maison aux objets trouvés fait office de magasin dans lequel l’on peut acheter améliorations d’armes, techniques secrètes, liqueurs et autres idoles. D’autres items interactifs du
bastion nous permettent pour leur part de participer aux modes « Qui-sait-où », qui sont en fait des tableaux challenge opposant le joueur à de nombreuses vagues d’ennemis et en le récompensant de précieux cristaux.
Attardons nous maintenant sur les différences de cette mouture PC. Le premier argument de
Bastion sur nos nobles machines est sa résolution. Si la version Xbox 360 se limite à une résolution de 1280x720 pixels (720p), la version PC peut s’afficher en 1920x1080 (1080p), en « foul hacheday » comme on dit aux States. Si cette dernière est plus détaillée, dans les faits la différence est plutôt minime mais c’est toujours ça de pris. La vraie plus-value de
Bastion PC reste sans aucun doute ses différentes prises en mains. On pourra donc jouer avec une
manette, comme sur Xbox 360, ou avec deux configurations de combo clavier/souris. La première propose de déplacer notre personnage via le clavier tout en utilisant les armes à la souris tandis que la seconde propose des déplacements à la souris. Bien entendu, la plupart des touches sont modifiables et permettent aux joueurs PC de créer leur propre configuration. On vous parle à peine de la configuration minimale, le jeu devrait très bien tourner sur des petits PC.
Dernier tour sur l’aspect technique du titre. Rien à redire au niveau de la direction artistique. Visuellement, les décors aux couleurs chatoyantes et le design des différents environnements charment sans efforts. Les musiques ne sont pas en reste et collent parfaitement à l’univers fantaisiste de
Bastion, certaines étant même chantées. Le gros point noir de ce titre reste sans nul doute sa durée de vie. Comptez six heures tout au plus pour en venir à bout, même si le titre est doté d’une certaine rejouabilité grâce à sa difficulté modulable (via le Temple), mais aussi par le mode Qui-sait-où dans lequel vous pourrez établir des scores et les poster en ligne.
Que ce soit sur Xbox 360 ou sur PC, Bastion est une perle de simplicité et d’ingéniosité. La patte artistique de Jen Zee sublime l’univers onirique du jeu grâce à des inspirations diverses et colorées. Même topo pour les musiques que l’on me surprend encore à écouter pour le plaisir. Les trois types de prises en main, chacune configurable selon ses goûts, viennent montrer que SuperGiant Games ne se fout pas des joueurs PC qui pourront également profiter de Bastion en full HD. Que demande le peuple ?