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Publiée le 30/01/2007 à 00:01, par Hoopy

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Interview de Hiromichi Tanaka et Sage Sundi [Final Fantasy XI]

A l’occasion de la sortie francisée en mars de Final Fantasy XI, MMORPG inspiré de la célèbre série RPG, Hiromichi Tanaka et Sage Sundi, respectivement Vice Président et Responsable des Développements Online de Square-Enix, étaient de passage à Paris pour se prêter au jeu de quelques interviews. C’est donc dans le cadre d’un superbe hôtel que nous avons pu poser quelques questions à ces deux hommes avant d’essayer les nouveautés de leurs studios.

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Hiromichi Tanaka, Vice Président de Square-Enix et producteur de FFXI.
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JeuxVideoPC : Bonjour messieurs, pourriez-vous nous présenter brièvement Final Fantasy XI ?

Hiromichi Tanaka : Final Fantasy XI est un MMORPG qui existe depuis maintenant cinq ans et qui est sorti au Japon, aux Etats-Unis et en Angleterre. Il y a deux ans lors de son lancement européen, nous nous sommes interrogés sur la pertinence d’une localisation allemande et française, localisations qui se sont vite avérées nécessaires au vu des communautés de fans et du potentiel de ces marchés. Ce délai de deux ans peut paraitre long, pourtant ce n’est ni plus ni moins que le temps qui a été nécessaire pour recruter des personnes compétentes, et pour traduire le jeu original ainsi que ses trois extensions. Finalement après tant d’efforts, notre jeu va sortir en langue française au mois de mars et nous en sommes ravis. Cette démarche nous a paru logique puisque, dès le lancement de la production de FF XI, notre but était de faire un MMORPG accessible à tous. Aujourd’hui notre jeu a cinq ans et au fil des années, des patchs et des updates, il est devenu quasiment parfait en termes d’équilibre et de gameplay. En plus de ça, nous avons au travers de diverses extensions, constamment étoffé l’éventail de jobs (ndr : les classes de FFXI) de notre titre, ce qui assure une rejouabilité variée ou un vaste choix de départ pour le joueur novice.


JeuxVideoPC : On sait que le jeu est un succès au Japon et aux Etat Unis, que représente-t-il en termes de chiffres ?

Hiromichi Tanaka : FFXI, c’est aujourd’hui 500 000 joueurs qui se divisent globalement entre occident et Japon, et sont répartis sur 32 serveurs à raison de 20 000 personnes par serveur. La particularité de notre jeu par rapport aux autres MMORPG, est que tous les joueurs du monde entier sont hébergés sur les mêmes serveurs.


JeuxVideoPC : FFXI a été le premier jeu exclusivement en ligne de Square-Enix. Comment vous êtes vous lancé ?

Hiromichi Tanaka : Effectivement nous ne faisions que des jeux offlines. Pour l’anecdote, c’est Hironobu Sakaguchi qui est à l’origine de FFXI. Il y de ça quelques années, il avait acheté des studios à Hawaï pour que Square y réalise des films d’animation en 3D. Là-bas il a découvert le formidable engouement des joueurs pour les RPG massivement multijoueurs. Il nous est revenu avec une seule phrase en bouche : « il faut absolument que nous fassions des MMORPG, ça va être super ! ». A l’époque il était désespéré de ne trouver aucun MMORPG japonais, alors il s’est mis à jouer à Everquest. Quand on a découvert ces jeux chez Square, ça a été un peu le même choc culturel que quand on a vu tourner Wizardry sur Apple II pour la première fois et qu’on s’est dit : « le RPG c’est génial, il faut qu’on en fasse nous aussi ! (rires) ». A ce moment là, on s’est attelé à la tâche en se demandant quel serait le meilleur support pour lancer une aventure online, et au final, le choix de notre série phare Final Fantasy s’est imposé de lui-même. Une fois accordés sur le thème, il nous a fallu trouver une machine à même de rendre le jeu le plus grand public possible. Il était évident que ce type de jeu nécessitait un disque dur ce qui limitait considérablement nos possibilités. C’est à peu près une fois arrivés à ce constat, que Sony est venu nous dire qu’ils allaient intégrer un disque dur à leur PS2 qui était une machine très répandue : nous pouvions alors commencer sérieusement notre travail. Bien sûr nous nous sommes penchés sur le cas de la XBox de Microsoft, mais FFXI nécessitant 8Go de place sur le disque cela était impossible, mais avec la XBox 360, le tir a été corrigé. Aujourd’hui aussi bien les joueurs PC, que les joueurs PS2 (ndr : au Japon) ou 360, peuvent jouer ensemble à notre MMORPG sur des serveurs communs.


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JeuxVideoPC : Quelles ont été vos premières impressions sur les MMORPG ?


Hiromichi Tanaka : A l’époque de notre premier contact avec les RPG online, Square avait surtout l’habitude de faire des jeux solos bâtis autour d’un scénario fort… Alors quand Sakaguchi est revenu nous faire part sa découverte, nous étions un peu sceptiques. Pourtant au bout d’une semaine on était tous devenus accros, on arrivait plus du tout à bosser, c’était une vraie catastrophe (rires) ! Dès qu’on avait une fête après ça, on prenait un vol Tokyo-Honolulu pour jouer tous ensemble !

JeuxVideoPC : Pensez-vous qu’à l’avenir il soit possible de voir décliner les RPG au profit des MMORPG ?

Hiromichi Tanaka : A mon sens ce sont là deux styles de jeux complètement différents qui ne procurent pas les mêmes sources d’amusement, et continueront d’exister chacun de leur côté. Maintenant quand on regarde un Final Fantasy XIII (NDR : annoncé pour le moment uniquement sur PlayStation 3), qui met l’accent sur les cinématiques, le côté grandiose de l’action et la mise en scène, on est complètement à l’inverse d’un FFXI. J’ai envie de vous dire de revenir me poser la question après avoir joué à FFXIII ! (rires)


JeuxVideoPC : Justement, la série Final Fantasy n’a-t-elle rien perdu de son esprit lors de son passage du offline au online ?

Hiromichi Tanaka : Bien au contraire, à l’époque de Final Fantasy I et II, qui forment la base de la base de la série, nous étions limités par les capacités hardware de la machine (ndr : une NES). Tout ce que nous rêvions faire alors, nous avons pu le réaliser dans FFXI. Vous savez, je travaille sur la série Final Fantasy depuis le tout premier, et pour moi le plus Final Fantasy de tous les épisodes est sans conteste le XI.

Sage Sundi : Moi qui ne connais pas les FF offlines finalement, puisque je viens du monde en ligne en tant qu’ex-producteur d’Ultima Online, je peux vous certifier que FFXI est un excellent titre car il est riche, et n’intéresse pas seulement les joueurs de Final Fantasy où les joueurs de MMORPG, il les rassemble pour donner vie à un monde. FFXI c’est à mon sens, la fusion parfaite de deux concepts car il n’est ni la simple adaptation d’un univers FF, ni un MMORPG lambda sans charme.


JeuxVideoPC : En ce qui concerne le marché européen, quelles sont les attentes sur le jeu ? Est-ce que la grande diversité de langues pose un problème ?

Hiromichi Tanaka : Bien au contraire ! Quand on a lancé FFXI aux Etats-Unis, il avait déjà un énorme succès au Japon. Lorsque, à leur tour, les américains l’ont adopté en masse, ça a été le choc des cultures entre l’anglais et le japonais, ce qui a souvent donné lieu à des scènes amusantes. Là, deux nouveaux langages nous arrivent encore sur les mêmes serveurs, et on en attend beaucoup pour dynamiser les échanges entre les joueurs.

Sage Sundi : Si vous avez déjà vu tourner FFXI, vous avez pu constater qu’il existe un système de traduction incorporé au jeu. L’idée n’est pas de traduire des phrases complexes, mais plutôt des mots clefs, pour se faire comprendre d’une autre personne quelle que soit sa langue. Ainsi, tout le monde peut s’entendre sur un but commun, jouer avec n’importe qui et faire des rencontres.

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JeuxVideoPC : Un de vos concurrents, World of Warcraft pour ne pas le citer, a fait le pari de la traduction totale, rebaptisant chaque nom, même propre, ce qui a irrité un certain nombre de joueurs habitués à avoir certains repères. Qu’en pensez-vous ?

Hiromichi Tanaka : S’ils ont tout traduit, qui plus est sur le tard, ils sont allés trop loin. Pour Final Fantasy XI nous ne voulons pas être si exhaustifs, car ce que nous voulons c’est que tous les joueurs puissent jouer ensemble, et pour cela il leur faut avoir au moins des noms de lieux et de personnages communs. D’ailleurs c’est ce que nous avions prévu dès le départ, puisque lors de la sortie japonaise (ndr : la première mondiale), les noms de villes et des monstres étaient déjà en anglais.


Sage Sundi : Au fil des différentes localisations, seuls les objets ont changé de noms (ndr : et toute l’interface bien sûr). Mais comme avec l’auto-translate quand on tape le nom d’un objet, celui-ci apparait dans la langue des autres joueurs, ça ne pose pas vraiment de problème. Il est vrai qu’on aimerait avoir un outil de traduction totale, mais ça n’est malheureusement pas possible aujourd’hui. Cela dit les joueurs arrivent parfaitement à se comprendre avec des phrases comme « ici trois heures tel objet merci ». Un MMORPG est un monde, il lui faut des points de repères fixes et communs à tous.


JeuxVideoPC : La rumeur court que vous comptez utiliser votre structure en ligne pour supporter d’autres jeux. Avez-vous d’autres titres online en développement sur une de vos grosses licences ? Dragon Quest par exemple ?

Hiromichi Tanaka : Ce sont des projets qui sont à l’ordre du jour bien entendu, mais voyez-vous, pour que FFXI atteigne le degré de perfection qu’il a aujourd’hui, il nous aura fallu sept ans de développement et encore, même aujourd’hui il évolue sans arrêt ! Faire un bon MMORPG demande tellement de structures que, pour l’instant, toutes nos possibilités ne restent qu’au stade de projets à l’étude.

Sage Sundi : Et puis un MMORPG est un jeu qui demande énormément de temps au joueur, donc si la même société en sortait deux, ils entreraient en concurrence directe, les gens jouant soit à l’un soit à l’autre. Ce cannibalisme commercial fait qu’on pourrait ne pas être rentable. Si Square Soft-Enix voulait sortir un autre MMO d’envergure équivalente à FFXI, il faudrait qu’il propose un gameplay et un plaisir de jeu totalement différent de ce que l’on fait aujourd’hui, un peu à l’instar de ce que fait un NCSoft qui table sur le PvP avec Guild Wars, sur le fantastique avec un City of Heroes… Ils ont un éventail de jeux important, mais ce sont tous des jeux à la jouabilité différente. A l’heure actuelle la population des MMO est très importante et avant de se lancer, il faut vraiment réfléchir à ce que l’on veut apporter de nouveau au joueur pour que chacun y trouve son compte.

JeuxVideoPC : Comment vous tenez vous au courant de ce qu’attend la communauté de FFXI ?

Hiromichi Tanaka : Pour cela nous avons bien entendu des Game Masters (Maîtres du jeu), les policiers du jeu qui recueillent, et nous font remonter, les plaintes des joueurs. Mais nous avons également notre équipe de développement qui est en contact direct avec les communautés FFXI, et pas une journée ne se passe sans qu’ils aillent consulter les principaux forums gravitant autour du jeu.


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JeuxVideoPC : La contrepartie du succès dans ce genre de jeu, c’est que l’on se retrouve avec d’importantes économies parallèles : des échanges mêlant objets virtuels et argent réel (ndr : échanges appelés RMT), des gens qui travaillent à plein temps à récolter des objets… Cela arrive sur tous les gros titres MMO. Comment faites-vous pour affronter vous cette situation, et essayez-vous de l’enrayer ?

Sage Sundi : Pour ce qui est de Final Fantasy, nous avons une sorte de brigade spéciale appelée Special Task Force qui enquête et détecte les usagers de programmes tiers ainsi que les vendeurs d’argent et d’objets. Depuis six mois que ce système a été mis en place, nous avons d’ores et déjà obtenu de très bons résultats, notre but étant bien sûr que le jeu soit le plus propre possible à ce niveau et que même les enfants puissent jouer sans qu’il y ait le moindre problème.


JeuxVideoPC : Le monde de Final Fantasy XI est très vaste. Avez-vous considérée la possibilité de réutiliser l’univers de Vana’diel pour autre chose, éventuellement un FF offline ?

Hiromichi Tanaka : C’est une discussion que nous avons eu un certain nombre de fois, mais les développeurs aiment tellement tous FFXI que si nous concevions un jeu inspiré de son univers, nous aurions tous envie d’implémenter ce jeu dans FFXI. Il est clair que les terres de Vana’diel seraient suffisamment riches pour servir de support à nombre de jeux offline, mais nous préférons continuer à les mettre à jour et à les améliorer pour rendre notre FFXI toujours plus amusant en espérant que, vous et vos lecteurs, y prendrez toujours autant de plaisir. Merci.

JeuxVideoPC : Merci à vous.


Un grand merci à Hiromichi Tanaka et à Sage Sundi pour avoir répondu à nos questions, à Square Soft-Enix pour avoir organisé cette rencontre, à Ronin et Kerghan de RPG Online avec qui nous avons partagé cet entretien, et au traducteur présent, sans qui la conversation eut été compliquée.
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