Dans Seven Kingdoms II, vous pouvez incarner au choix le chef d’une des douze civilisations humaines, ou bien celui de l’une des sept races de Fryhtans. Selon votre choix, le jeu va se révéler radicalement différent.
C’est lorsque vous jouez avec l’une des armées humaines que SKII révèle tout son potentiel. Sachant que vos adversaires Fryhtans sont beaucoup plus puissants individuellement que vos soldats, il vous faudra construire une économie puissante et passer des alliances avec les autres royaumes humains afin de tirer votre épingle du jeu. La ville est votre principal bâtiment : contenant un nombre prédéfini d’habitants qui varie selon la ville, elle est votre réserve de main d’œuvre et, dans ce second opus, cela a un sens beaucoup plus important que dans les RTS traditionnels. En effet, le jeu est très réaliste, dans le sens où ce sont les habitants de vos villes qui seront embauchés pour travailler dans vos mines et vos usines d’armement, pour fournir les recrues à incorporer dans votre armée et, enfin, pour cultiver la terre et ainsi nourrir vos troupes. A vous donc de placer vos bâtiments de manière à ce qu’ils soient reliés à une ville avec suffisamment de main d’œuvre disponible. Mais faites attention à respecter l’équilibre entre soldats, ouvriers et paysans, sinon vous courez à la catastrophe. Autant dire que dans Seven Kingdoms II, les hommes sont la ressource rare.
Cette rareté de votre capital humain se double d’un risque non négligeable de les perdre (mais il est également possible d’en gagner…). En effet, dans Seven Kingdoms II, chaque unité, amie ou ennemie, possède une valeur de loyauté qui varie avec le temps, en fonction de son degré de satisfaction. Autant dire que, si vous ne faites pas ce qu’il faut pour que les habitants de vos villes (ou même vos soldats…) soient satisfaits de vous, il s’empresseront de passer à l’ennemi, vous privant ainsi d’une précieuse main d’œuvre, et allant même parfois jusqu’à déclencher une guerre civile au sein de votre base (lorsqu’ils vous trahissent pour rejoindre un adversaire contre lequel vous êtes en guerre). Pour conserver, voire augmenter, la loyauté des habitants de votre royaume, vous devez leur fournir un emploi (en les faisant travailler dans vos mines, manufactures et autres bâtiments de constructions diverses), les nourrir convenablement grâce à vos paysans, et leur fournir des produits manufacturés. Pour cela, deux solutions : soit vous disposez de ressources naturelles nécessaires à la production (elles sont au nombre de trois : argile, fer et cuivre), soit vous devez commercer avec les autres royaumes afin d’acquérir ce qu’il vous manque. Le commerce est la clé de votre développement car il est extrêmement rare de disposer de toutes les ressources naturelles près de ses villes : vous devrez donc conserver de bonnes relations avec les royaumes voisins afin de pouvoir envoyer vos caravanes commerciales s’approvisionner dans leurs marchés.
La diplomatie est d’ailleurs l’un des points forts de Seven Kingdoms II. Une large palette de possibilités d’actions diplomatiques vous est offerte : à vous de l’exploiter au mieux afin d’optimiser votre développement. Passez des accords commerciaux avec les royaumes environnants, proposez à ceux de votre choix des traités d’amitié (non agression), voire d’alliance (non agression et aide potentielle). Vous pourrez également demander une aide financière à votre allié, qu’il n’est bien sûr pas obligé d’accepter. A l’inverse, vous pouvez également réclamer un tribut auprès d’un adversaire que vous menacez (mais attention : eux aussi peuvent vous en demander !) et déclarer la guerre aux autres royaumes. Verser un tribut à un autre royaume améliorera (peut-être) sa bienveillance à votre égard et augmentera vos chances de réussir à vous allier avec lui. Il est fortement déconseillé de s’en prendre aux autres sans leur avoir au préalable déclaré la guerre : la réputation de votre royaume en prend un coup, et cela favorise les désertions dans vos rangs. A vous de gérer également vos finances, en levant des impôts dans les villes que vous contrôlez, en commerçant et en remportant des victoires militaires.
Différents moyens de développer votre base sont possibles. Vous pouvez par exemple essayer de convaincre les nombreuses villes franches existant sur la carte de se joindre à vous. Ceci peut se faire avec leur agrément (pots de vin, travail pour les habitants, cantonnement de troupes aux abords de la villes… sont autant de moyens de les convaincre pacifiquement de vous rejoindre) ou dans le sang, en attaquant les villes qui vous intéressent. Attention toutefois dans ce dernier cas : les habitants sortiront défendre leur ville et, même si ce ne sont que de piètres combattants, leur nombre pourra parfois vous poser des problèmes. Vous pouvez également, bien sûr, éliminer les bases ennemies et fonder de nouvelles cités, mais également proposer à un adversaire d’unir vos deux trônes en lui rachetant le sien : il est rare que cette proposition soit acceptée, mais pourquoi pas…
Enfin, cerise sur le gâteau, Seven Kingdoms II vous permet de monter des réseaux d’espionnage. Le maniement des espions est un peu difficile à comprendre au début, mais ils peuvent s’avérer fort utiles et en tout cas très divertissants. Une fois entraînés, ils peuvent remplir différents types de missions, selon le lieu où vous les envoyez : corruption, afin de convertir des soldats dans les casernes ennemies en leur versant des pots de vin, espionnage industriel et vol technologique, agitation des villes de vos adversaires afin de réduire leur loyauté et d’augmenter vos chances de les voir se rebeller contre leurs maîtres, assassinat du général ennemi et, bien entendu, contre-espionnage, afin de limiter les dégâts des espions ennemis dans vos propres villes. Plus un espion passe de temps dans un bâtiment ennemi avant que vous ne lui confiez une mission, plus sa couverture s’améliore, et plus les chances que l’ennemi le découvre et l’exécute diminuent. De même, plus il remplit de missions, plus son expérience augmente, ainsi que ses chances de réussir les missions les plus complexes. L’espionnage donne un tour très stratégique au jeu, car vous pouvez vous retrouver avec la quasi-totalité de vos troupes corrompues par l’ennemi sans que vous n’en sachiez rien, et vice versa. Il suffira alors que celui-ci vous attaque pour que vos propres hommes se retournent contre vous… et que vous perdiez la bataille. De plus, si un de vos espions est nommé général par l’adversaire, il y a de fortes chances pour qu’il entraîne avec lui certaines des troupes sous son commandement lorsqu’il dévoilera sa véritable allégeance, vous apportant ainsi des renforts inattendus à peu de frais.
Dernier point intéressant : vous pouvez choisir vos conditions de victoire. Si vous êtes lassé du RTS classique où le but est d’éliminer tous vos adversaires (option bien entendu possible dans le jeu, tout comme celle consistant à débarrasser la carte de tous les Fryhtans), vous pouvez privilégier la gestion, en fixant comme condition de victoire un objectif de population à atteindre, un score économique à obtenir, ou un temps limité pour réaliser vos objectifs. Ceci, accompagné de l’éditeur de scénario, permet d’augmenter la durée de vie du jeu, puisque chaque mission peut être jouée de différentes manières, selon l’objectif que vous vous êtes fixé au début. Ajoutez à cela des musiques variées, en totale harmonie avec l’ambiance du jeu, et un tutoriel très bien fait qui permet une prise en main aisée en vous guidant progressivement au long de huit missions d’entraînement : Seven Kingdoms II est un jeu très agréable à jouer… avec les humains !
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