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Les séries cultes du jeu vidéo : Anno


Sans être véritablement un genre à part, on peut dire que la série Anno marque son temps avec ses armes. Une série qui se situe au carrefour de plusieurs jeux ; Une série qui a su piocher dans les différents genres pour ensuite assimiler tous les éléments dans sa propre atmosphère. Civilization, The Settlers et dans une moindre mesure Sim City ou un RTS comme Age of Empires, autant d’influences qui ont pu toucher la série Anno un jour ou l’autre. De 1998 à 2006, le principe de base est resté le même : trouver et coloniser une terre inhabitée, développer son économie et faire prospérer son petit lopin de terre vers une grande et puissante métropole. Présentation d’une gestion pas comme les autres.


Par Fabio, le 1er septembre 2006.


Les grandes découvertes


Anno 1602, Avril 1998
Anno 1701, Octobre 2006

1602, 1503 et 1701 ; des chiffres à priori peu évocateurs qui sont en fait les périodes historiques dans lesquelles se déroulent les opus d’Anno. On pourrait d’ailleurs se demander si traiter de périodes aussi rapprochées ne nuit pas à la diversité du titre. C’est possible, et plusieurs autres titres ont fait des bonds historiques bien plus grands entre chacun de leur opus pour apporter une réelle sensation de nouveauté (série Age of Empires par exemple). Les développeurs de chez Sunflowers eux, semblent considérer que cette période soit suffisamment riche et pleine de changements pour ne pas tomber dans la redondance. Nous sommes assez d’accord sur l’intérêt infini d’une telle période, moins sur la redondance.

Pour ceux qui ne connaissent pas la série des Anno, il est bon d’en rappeler les principes fondateurs. En tant que gouverneur, philanthrope et/ou aventurier, vous prendrez en main la destinée d’un microcosme désireux de s’installer dans le nouveau monde. Des premiers colons naîtront un semblant d’économie et un développement démographique durable. Vous maîtriserez toutes les étapes de cette grande aventure, de l’exploration initiale pour trouver une terre d’accueil hospitalière, à une production économique très détaillée. Près d’une cinquantaine de matériaux composent votre attirail économique ; transformer la matière première en produit fini, tout un processus ! Comme lors des grandes découvertes, votre parcours sera parfois ralenti par des pirates, ou accéléré par la mise en place d’alliances commerciales avec les autochtones. Vous aurez ainsi l’occasion de côtoyer les peuples Africains, Inuits ou Mongols dans Anno 1503 puis les Aztèques dans Anno 1701. Mais plus qu’une histoire de conquête, Anno est une série de gestion pure et dure où le sens du commerce et l’intelligence diplomatique pèsent sûrement plus dans la balance que des velléités belliqueuses. C’est le point que nous allons aborder maintenant.





Gestion ou RTS ?


Elle ne l'est pas plus sur Anno 1701, Octobre 2006.
L'arborescence militaire n'était guère développée sur Anno 1602.

Bien que l’on puisse penser combattre les cruels pirates et déloger les indigènes de leurs terres, Anno ne prône pas la violence comme moyen ultime à vos ambitions. Ce ne sont absolument pas des RTS. L’option guerrière - dans chaque opus - est d’ailleurs peu convaincante, avec des combats mous et plutôt loin de l’éventail stratégique d’un RTS. Mais ceci ne doit pas être un reproche, Anno est juste un jeu de gestion. Les développeurs ont toujours conseillé cette voie, en essayant de donner le plus de liberté possible au joueur dans la finalité de ses objectifs. C’est en général le joueur lui-même qui choisit la façon dont il veut atteindre les objectifs fixés. Il peut donc opter pour une voie de développement très autarcique, mais aussi pour le « tout commerce » - en nouant des alliances économiques - ou encore pour la conquête sauvage, en mettant à l’œuvre les troupes militaires disponibles. Andréa Bernardt, membre de l’équipe de développement confirme cela, en précisant qu’Anno 1701 a plus de points communs avec Sim City qu’avec un Age of Empires 3.

Le troisième opus de la série, sorti récemment, demande l’exploration minutieuse de la carte (avec plusieurs îles, chacune dotée d'un climat et de ressources) et la nécessité d’héberger une population heureuse, condition sine qua none de votre réussite. Un second point qui n’est absolument pas à l’ordre du jour dans nos RTS actuels. On peut donc gagner la partie sans jamais engager une bataille. Bâtir une économie s’avère le principal soucis et rappelons-le, l’arborescence des bâtiments et des technologies est vraiment très étendue. Une exhaustivité qui a sans doute joué comme un obstacle à la démocratisation de la série, qui se dresse comme une référence en Allemagne, mais qui peine à acquérir une légitimité internationale. Les développeurs du dernier opus ont sérieusement potassé leur nouveau projet, pour proposer un titre accessible et aguicheur: Anno 1701 est graphiquement très abouti, sa prise en main est immédiate, ses mécanismes de développement faciles à assimiler. Le pari est réussi, et ce, sans pour autant dénaturer la série et se mettre à dos les plus précieux de ses fidèles.





Une évolution patiente et prudente


Anno 1503 : Trésors, Monstres et Pirates, l'extension d'Anno 1503.
Quand le peuple sera mécontent, il vous le fera savoir par une petite manifestation. Anno 1701

Même thème, graphismes améliorés mais pas révolutionnés, principes de base conservés, on pourrait croire que l’écart entre un Anno 1602 - sorti en 1998 - et un Anno 1503 - sorti 5 ans plus tard - n’est pas très important. Erreur ! Les développeurs avouent avoir épluché plus de 30 000 suggestions de joueurs suite au premier opus. Anno 1503 ne reprend pas non plus une seule ligne de code d’Anno 1602, un exploit que l’on ne peut qu’applaudir, surtout quand on sait que la philosophie et l’ambiance de la série ont été parfaitement conservées d’un opus à l’autre. Une prudence qui n’a doté la série que de 3 opus en 8 ans et d’un seul Add-on : Anno 1503 : Trésors, Monstres et Pirates, sorti en 2004. Les développeurs ont pris leur temps, et malgré toutes les critiques que l’on peut faire sur les jeux en eux-même, c’est sûrement un gage de la sincérité du projet. Pour Anno 1701, nos compatriotes ont mis les bouchées doubles avec un coût de 10 millions d’euros, ce qui fait d’Anno 1701 la production allemande la plus chère de l’histoire sur PC. 100 personnes y travaillèrent, avec le résultat connu aujourd'hui.

Au niveau du gameplay et des conditions de développement, la série Anno a aussi bien évoluée, lentement mais sûrement. Au départ, il fallait taxer ses propres citoyens pour renflouer les caisses de l’état, condition nécessaire à la réussite de l’entreprise du Nouveau Monde. Anno 1503 ajouta la possibilité de vendre des marchandises à ses habitants. Anno 1701 enfin, pousse la chose un peu plus loin avec un véritable soucis social dans le développement général. Taxer les habitants sera une chose, mais il faudra veiller à leurs besoins et à leurs doléances ; leur fournir des vêtements ou une éducation, mais aussi les rassasier de tous les besoins futiles qu’ils pourront développer (alcool, chocolat, parfum, etc.).





Evolution graphique


Un eau bien bleue, une herbe bien verte, pas de doute, c'est Anno 1602.
Anno 1701 dispose de cinq niveaux de zoom différents.

Graphiquement, la série Anno n’a jamais fait des émules. C’est un domaine qui n’est pas (ou plutôt, qui n’était pas) forcément la priorité d’un jeu de gestion. Il semble qu’un grand pas soit fait dans cette voie avec Anno 1701, qui s’annonce magnifique. Un critère qui va sans doute aider les développeurs à démocratiser leur jeu, au risque de proposer un titre beaucoup plus gourmand en terme de configuration PC. Les graphismes d’Anno 1602 sont vraiment basiques malgré des objets en trois dimensions, et plutôt en dedans par rapport aux autres jeux de gestion de l’époque (Sim City 3000 par exemple). Ce qu’on ne peut en tout cas reprocher aux Anno , c’est l’aspect très coloré et le nombre des animations censées faire vivre le tableau. Anno 1503 marque une progression graphique – plus fin et détaillé - mais il souffre également de la comparaison avec les autres titres de son époque. Il utilise encore de la 2D et les unités ne disposent que de 8 sprites d’animations.

C’est Anno 1701 qui marque clairement un réel virage à 180° dans l’aspect graphique de la série. Parce que le jeu est en 3D d’abord, mais aussi parce que le travail accordé à cet aspect fut gigantesque. Un moyen de drainer de nouveaux joueurs, attirés par la beauté du titre ? C’est possible. Il est en tout cas indéniable que cet Anno 1701 est visuellement impressionnant. La palette de couleurs est très large et permet de marquer les différences de climat et de topographie dans les différentes îles de chaque carte. Le soucis du détail est poussé à son paroxysme, et il sera possible d’admirer un par un vos citoyens grâce au niveau de zoom le plus élevé. Même chose pour les animations, pléthoriques et amusantes (manifestions intra-muros, envois d’émissaires mafieux dans le camp adverse, etc). Enfin, en 2006, Anno n’a rien à envier aux autres productions du genre; mieux, on pourrait sans trop de mal le consacrer comme un des plus beaux jeux de gestion parus à ce jour. Un beau rattrapage.





Conclusion


Anno est une des séries les plus populaires dans les pays germaniques. Dix ans de prospérité pour 4.4 millions de copies vendues avant le dernier opus en date, Anno 1701.
Un opus qui marque la reconnaissance internationale de la série ? Sans aucun doute oui, et si on ne peut estimer pour le moment la taille de son succès commercial, on peut néanmoins signaler les excellentes critiques émises à son égard dans la presse, gage espérons le, de la qualité du titre et de la série en général.






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Série de jeux associée à cet article

Cet article est associé à la série de jeux Anno.
Liste des jeux faisant partie de cette série :
  Anno 1701  (3 novembre 2006)
  Anno 1503 : Le Nouveau Monde  (Avril 2003)
  Anno 1602  (Avril 1998)
  Anno 1701 : La Malédiction du Dragon  (1er décembre 2007)
  Anno 1503 : Trésors, Monstres et Pirates  (2004)

[ Voir tous les jeux de cette série ]

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