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| TOM'S GAMES > ARTICLES > Dossier : Jeux vidéo et Bandes dessinées | ||
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Ces trente dernières années, la bande dessinée s’est propagée dans la société. Elle a élargit son lectorat, s’attachant, après les enfants, aux adultes. Une propagation qui devient géographique par son rayonnement. Que cela soit la bande dessinée franco-belge, les mangas et manwha ou les comics américains, tous dépassent leurs propres frontières d’origine, et de loin. On parle dans les années 80 de démocratisation, mais aussi de prise au sérieux. C’est en effet un art étiqueté comme mineur qui a su donner du coude et gravir les échelons, pour en devenir un à part entière. Au lendemain de l’an 2000, plus qu’un simple divertissement destiné aux plus jeunes, il sait non seulement faire sourire mais aussi émouvoir, diffuser des messages, des convictions, des utopies. Le jeu vidéo n’a lui pas pâle figure. Même si sur les PC sa vie entière se compte en trois à quatre décennies, il s’est perfectionné à la plus grande des vitesses. Evoluant dans le sillage de l’informatique, surfant sur une vague populaire et mondiale, il a fait de chaque utilisateur d’ordinateur un joueur potentiel. La plupart de ses titres clé se diffusent dans le monde entier, sachant toucher toutes les cultures et toutes les éducations, quasiment mieux que tout autre média. Chaque nouveauté technologique lui ouvre un potentiel encore plus vaste, au point que même ceux qui se chargent de le concevoir se prennent à rêver. Mais rien n’est fait. Il lui reste à convaincre ses propres détracteurs qu’il n’est ni qu’un loisir ni qu’un produit, mais bien une création au sens fort du terme. Deux médiums distincts : le jeu vidéo, et la bande dessinée. Et pourtant. Même si le premier se révèle plus jeune et moins expérimenté, il suit en quelques sortes le chemin du second. Celui de créateurs toujours plus innovants, celui d’un public qui peu à peu s’élargit pour toucher une tranche d’âge toujours plus grande, autour de productions aux genres multiples et évolutifs. L’un est enfin reconnu comme un art à part entière, s’affichant avec fierté comme le 9ème d’une liste de célébrités. L’autre y viendra peut être un jour, à son tour. En attendant, il fait ses preuves et s’inspire du premier. Que cela soit dans ses thématiques, dans ses structures narrative et graphique, le jeu vidéo puise dans la bande dessinée. Une source d’inspiration qui se fait passerelle entre la lecture et le jeu, entre le spectateur passif et l’acteur d’un univers. Une transition plus qu’une suite logique. L’exhaustivité est alors impossible quand il faut nommer tout ces jeux qui naissent des bulles, et toutes ces bulles qui donnent des jeux, tissant des liens toujours plus fort entre les deux. |
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On ne pourrait dire si c’est la bande dessinée la première qui alla chercher le jeu vidéo. Si ses auteurs, ou plutôt ses éditeurs, furent ceux qui eurent l’idée de transposer cette œuvre graphique et scénaristique vers un support novateur et envoûtant. Il faut remonter bien tôt dans l’Histoire de l’ordinateur, pour découvrir ces jeux pionniers de l’adaptation. Les jeux vidéo sont déjà nombreux. Alors que le cinéma, par ses images animées et sa bande son, semblait prédisposé à l’adaptation, c’est le 9ème art en premier qui transfigura ses héros en pixels. Dès 1982, une troupe de personnages singuliers, ayant bercés plusieurs générations d’enfants, ne se doute pas qu’elle innove en la matière. Les Schtroumpfs, petits bonshommes au teint bleu, arrivent sur Atari. Au delà d’un simple concept, leur univers est repris et les développeurs proposent alors une trame qui va dans le sens de leurs histoires. Une histoire qui ne dira pas ce qu’en pensa Peyo. On ne se pose alors aucune question sur l’aspect commercial d’un tel jeu, ni sur le respect de l’univers originel. Les lecteurs et les joueurs ne font pas grise mine. On jour, tout simplement. Cet engouement pour les adaptations commence à peine. Ainsi, les Tuniques Bleues pénètrent les écrans avec Nord et Sud, Blueberry est aussi de mise. Mieux : Black et Mortimer, dont le célèbre album la Marque Jaune est un succès éditorial. Cinq ans après que François Bourgeon ait publié son premier tome des Passagers du Vent, chez Glénat, sort le jeu vidéo. Une série qui nous narre la vie d’une jeune femme embarquée à bord d’un négrier. Un véritable chez d’œuvre. Du côté du jeu, nous sommes sur l’ancêtre de nos machines : l’Amstrad CPC. Ce jeu d’aventure réellement apprécié paraît aujourd’hui d’une complète sobriété. Il s’inscrit dans une période graphique où décors et personnages sont géométrisés, parfois à la limite du reconnaissable. Il arrive toutefois à s’afficher en tête, d’un point de vue qualitatif. Sa colorisation est réussie, ses graphismes restent assez fins et finis. L’innovation reste celle de la bande son. Le jeu Les Passagers du Vent possède une bande originale particulièrement mélodieuse, alors que la plupart des concepteurs relègue alors la musique parmi les tâches les plus secondaires. Enfin, il réussit dans l’ensemble à respecter l’atmosphère de la bande dessinée. Vous pouvez y diriger plusieurs personnages issu de l’histoire originelle, au cours de six niveaux de jeu. Votre progression se fait par choix. Pour dénouer au mieux son intrigue, le jeu encourage fortement à la lecture du premier tome de la série. Cette adaptation signe la naissance de proches rapports entre les deux médiums, et d’une véritable complémentarité. |
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Après le boum des ordinateurs pour les particuliers aux Etats-Unis, au milieu des années 80, qui se répercuta trois à cinq ans plus tard en Europe, on assista à un vrai ralentissement du phénomène de portage de bandes dessinées sur nos écrans. Les Amstrad CPC laissèrent leur place à de nouveaux types de « power computer », tout comme l’Amiga 1000. Les adaptations graphiques franco-belges tombèrent de même dans l’oubli. En 1996, surgit tout de même le jeu Iznogoud. Reprenant le principe de la bande dessinée, être Calife à la place du Calife, ce jeu fait interpréter au joueur ce personnage nerveux et impulsif que l’on connaît bien. Sous forme de jeu d’aventure limité, où le clavier sert à effectuer des déplacements simples, Iznogoud bénéficie d’un succès mesuré. Le jeu vidéo a ici précédé le dessin animé qui ne surviendra que plusieurs années après. Iznogoud avait alors la particularité d’être un fraîchement créé, apprécié par la jeunesse pour son aspect dynamique, son trait ni trop détaillé ni trop épuré, proche justement du genre de l’animation. Un atout qui permit à son adaptation de se faire paisiblement sa place, sans déclencher les foudres des habitués de la 2D papier. Cette 2D, nous la retrouvons de tout façon dans le jeu d’ordinateur. Les technologies de l’époque nous mettent en scène une figure en aplat, qu’elle soit de face ou de profil. La profondeur est appuyée par de grossières diagonales ascendantes. On peut dire qu’à ce niveau, le jeu vidéo apport graphiquement moins que la bande dessinée, et se contente d’animer un héros fictif. Son seul attrait serait dès lors de pouvoir faire vivre au joueur les aventures de son héros préféré. La donne a depuis réellement évoluée. Cette adaptation s’inscrit dans une période où les rapports entre bandes dessinées et jeux vidéos sont limités. Il faudra attendre 1998 pour que des dessinateurs, et principalement des coloristes, se rapprochent à leur tour du support informatique. Même si plusieurs initiatives ont déjà été entreprises, c’est à cette date que le recours à la mise en couleur assistées par ordinateur comme à faire ses preuves. Gain de temps, facilitée technique, meilleur uniformité et pureté de la colorisation, de nombreux avantages qui vont conduire les auteurs à venir vers l’informatique quand le jeux vidéo ne vient lui plus s’inspirer de leurs créations. |
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Adapter des bandes dessinées en jeu, c’est se rapprocher d’un autre public, celui qui lit. On a souvent en tête cette image antithétique du jeune qui joue, et du jeune qui lit. D’un côté l’adolescent masculin boutonneux, les cheveux un peu gras, adepte des grasses matinées. Le tee shirt hebdomadaire un peu déchiré sur le dos, gracieusement tagué Metallica. Celui qui mange des chips, boit du coca, et va à Mac Do entre copains. Celui qui cache des revues sous son matelas. Celui qui lorgne son écran mieux qu’il regarde les filles, transposé à l’intérieur même de ce pavé de pvc lors de ses nombreuses et quotidiennes parties de shoot en réseau. Et son voisin, plongé le nez dans un bouquin. Mêmes boutons, mêmes cheveux gras, mêmes revues probablement. C’est comme Mac Do, on y échappe pas. Sauf que ses lunettes rondes lui font lire des mots, que ces mots sont sur du papier, et qu’ils composent même – lorsqu’on les comprend – des phrases. Cet ado un peu intello, qui choisit l’option grec combinée au latin, car les langues anciennes c’est bien. Rajoutons lui une chemise à carreau surplombée d’un affreux gilet en laine cousu par grand mère. Heureusement, tout cela n’est qu’un amas de stéréotypes. Et le voisin, c’est des bandes dessinées qu’il lit. Tintin, Lucky Luke, Asterix, mais aussi Boule et Bill ou Kid Paddle.On en passe et des meilleurs. Un ensemble de publications jeunesses, pleines d’histoires, de bulles, de cases. Pleines d’humour, de péripéties. Là où nous ne sommes que lecteur passif qui regarde, lit, et comprend. Et comme tout jeune, nous aimons les produits dérivés. Accessoires divers et variés, figurines, stylos pour la trousse, et bien sûr : jeux. Qui ne s’est pas pris une fois pour son héros préféré ? Qui n’a pas voulu pousser un peu plus loin les limites de son univers et s’y impliquer ? Un public assuré pour les éditeurs de jeu, une sorte de sécurité. Ça ne supplée pas le fait de devoir faire un bon jeu, mais si le jeu est mauvais cela limite la casse. Pour surfer sur la vague jeunesse, il y a les grands classiques du genre. Boule et Bill en est un membre attitré. Le type de bande dessinée que les parents ont eux même eus entre les mains et vers lesquelles ils tournent en premier leurs enfants. C’est donc visiblement vers les parents que l’éditeur Emme Interactive s’est tourné. En témoigne des médias qui ne manquèrent pas d’éloges envers cette création, tel que la Famille Chrétienne ou le Monde de l’Education. A la clé, un jeu d’aventure gentillet, dans lequel il faut faire preuve d’astuce et de réflexion. Toujours dans la lignée « séduction familiale », quelques notions pédagogiques et culturelles parsèment l’intrigue. Le respect graphique et scénaristique de l’univers originel de Boule et Bill ne reste ici qu’un moyen de toucher de plus près les lecteurs de la série de bande dessinée. Mais l’adaptation ne résulte pas d’une demande ou de la volonté des auteurs. On appellera plutôt cela un « à côté » éditorial, creusant un filon rentable. Au final – avec Boule a rétréci, Au voleur, et A la rescousse – Boule et Bill le jeu s’est décliné en trois opus entre 2002 et 2005. Trois versions en à peine quatre ans, preuve d’une réussite commerciale. Pour conduire à son adaptation, la bande dessinée jeunesse doit donc avant tout rimer avec blockbusters éditorial. Des titres comme Titeuf ou Kid Paddle confirment la règle. Ces derniers font partis des plus récents succès éditoriaux à destination du jeune public. Titeuf en tête, dont le dernier album fut tiré à deux millions d’exemplaires. D’abord développé sur les principales consoles à la mode, Titeuf arrive sur les écrans d’ordinateurs en septembre 2004. « Mega Complet » de son titre, il réussi le difficile pari de plaire aux joueurs mais aussi aux testeurs professionnels. La presse écrite spécialisée parlera d’une adaptation réussie, véritablement respectueuse de l’univers papier, mais aussi, d’un point de vue graphique et technique digne, d’un vrai jeu de qualité. Le scénario rime évidemment avec humour. C’est en regardant une émission télévisée sur le danger du clonage que Titeuf arrive à une conclusion bien logique : " Puisqu’on clone que les meilleurs, si j’veux pô qu’on me clone, j’ai qu’à pô être le premier de la classe !". S’en suivra avec ses camarades un véritable concours de bêtises sous la forme de mini jeux délirants. Les éditeurs Glénat et Atari, respectivement de bd et de jeux vidéo, ont réussi le pari qualitatif et financier. |
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Même si la tranche 18-25 ans représente une part active et importante des joueurs de jeux vidéo, il faut admettre qu’une fois passé ce cap le nombre de joueur décroisse grandement jusqu’à tomber au plus bas. La bande dessinée apparaît alors comme un moyen inattendu pour capter une génération moins proche des nouveaux médias. Thorgal est une série de bande dessinée apparue en 1980. Scénarisée par Jean Van Hamme et dessinée par Grzegorz Rosinski, elle compte pas moins de vingt huit tomes. Le succès éditorial étant au rendez-vous – pour ne pas dire un succès générationnel, suivi dès le début par une tranche d’âge aujourd’hui trentenaire – l’adaptation était largement possible.
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De la bande dessinée au jeu vidéo Lorsque germe en 2000 cette idée d’un jeu Thorgal chez les créateurs du studio Cryo, rien n’est gagné. On y réfléchit longuement, puis la décision est prise : acheter la licence, et se lancer. Les éditions Le Lombard, publiant la série album, finissent par suivre, tout comme les auteurs. L’idée, devient projet, et le projet se concrétise. Aujourd’hui, ce jeu, nous l’avons entre les mains. Comment approcher ce type de production sans connaître les bandes dessinées qui l’ont inspirées ? Pour ceux qui ont malheureusement ce train de retard, il faut remettre les choses en place. Nous sommes en 1980, en plein boum de la bande dessinée franco-belge. Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski s’engagent ensemble dans l’aventure de Thorgal. L’un à la plume, l’autre au crayon, ils tracent tout deux la vie du viking Thorgal Aegirsson. Entre mers, îles et falaises, à la rencontre de guerriers et de magiciens. Dans un univers de légende où la réalité flirte avec le fantastique. Une série qui dès le début sent la succession de péripéties, les quêtes insurmontables, le héros charismatique. Vingt huit tomes et presque autant d’années plus tard, le périple n’a pas atteint sa fin. Ses créateurs ont vu naître quelques rides, scénario et dessin se sont posés et affinés. Les lecteurs, encore et toujours, en redemandent. Un succès qui aura été le premier moteur de cette adaptation, une adaptation qui sait se faire respectueuse de cet univers et du travail des auteurs.
Aucun hurlement, pas même une huée. Détracteurs, patientez. On ne peut juger le jeu vidéo Thorgal, sans l’avoir terminé. Comme dans chacune des bandes dessinées, tout repose avant tout sur un scénario. Ce tronc autour duquel poussera l’écorce, les branches, puis les feuilles du graphisme. Ici, tout se révèle assez simple. Notre héros se loge dans un petit village de la côte, chez un chef et ami. En cet instant, la tempête se décide à éclater. Toute navigation se révèle bien vite impossible. Thorgal n’a plus qu’à attendre l’accalmie, s’il veut rejoindre les siens. Mais le temps presse. Noral, un sage fatigué par les âges, se fait porteur d’un inquiétant message. « Regarde dans le miroir Thorgal, et vois l’avenir possible. » On ne refuse pas cela à un devin. Au contraire, on s’exécute. C’est ainsi que le guerrier va avoir une terrifiante vision, celle d’un après midi de juin ensoleillé, où son fils il tuera. Comment ? Pourquoi ? C’est pour empêcher ce crime du destin qu’il n’ose imaginer, que Thorgal va s’élancer au cœur de l’île, la traverser pour atteindre son autre extrémité, préservée elle de la tempête. De là, il pourra prendre la mer, gagner sa maison, et sauver il l’espère son enfant. Un enchaînement prenant de péripéties, ponctué de nombreux rebondissement, et d’une chute surprenante.
Au delà d’un scénario finement conçu, l’aspect graphique est primordial. C’est lui qui détermine à la fois la satisfaction des fans de la bande dessinée, mais aussi celle de chaque joueur aimant évoluer dans une atmosphère suffisamment esthétique. Là où certains jeux d’aventure opte pour des graphismes classiques voire simpliste, assurant d’ailleurs une légèreté de chargement et d’évolution, les concepteurs de Thorgal ont tout de même choisi de composer intégralement les décors en 3D. Le personnage papier est ainsi visible sous tous les angles, renaissant différemment à nos yeux. Différent mais pas perdant, Thorgal gagne à cette conceptualisation. Les lignes sont fluides, loin de toute caricature de décors à la géométrie flagrante. La caméra figée facilite sur ce point la tâche des développeurs. Pour ne pas couper tout lien avec l’univers originel de Thorgal, chaque palier de jeu possède une transition en bande dessinée, de très beau crayonné noir et blanc réalisé par le dessinateur de la série. Celui-ci a été nommé directeur artistique sur le jeu, et a même produit sept planches originales servant de véritable livre de bord du joueur et retraçant le parcours déjà accomplit. En quelque sorte, une synthèse en bande dessinée du périple que vous accomplissez, se dévoilant au fil de votre progression. On remarquera aussi dans de nombreuses ambiances de jeu, ainsi que dans de multiples objets et personnages, le trait fin de Rosinski. Un auteur qui aura pu s’impliquer dans le projet, pour un rendu qui n’en est que largement meilleur.
Il n’était pas aisé d’adapter Thorgal, de reprendre ce monde mi médiéval mi fantastique, graphiquement envoûtant dans les bandes dessinées, ayant à chaque tome un peu plus évolué tout en se singularisant. Cela aurait probablement chose impossible sans l’implication de son dessinateur. Le recul du scénariste n’aura pas empêcher une intrigue parfaitement menée et séduisante. Une trame qui nous emmène au fin fond des racines du héros, qui nous passe d’un monde viking à de la presque science fiction, étonnement sans nous choquer, sans nous faire crier à l’interprétation malmenée. On ne pourra dire, après cela, que toute interprétation n’est que commerciale. [Le test de Thorgal est à retrouver intégralement sur la page consacrée] |
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Les éditeurs de jeux vidéo, mais aussi de bandes dessinées, apparaissent comme la clé de voûte de l’adaptation. Là où les auteurs restent en retrait et s’en tiennent à des accords purement formels, les éditeurs organisent le projet, entre enjeux commerciaux et respect de l’œuvre initiale. Une fois publiée, une bande dessinée donne lieu à des licences de droits d’exploitation, pour tout projet voulant réutiliser ses personnages ou son univers. Les éditeurs de bandes dessinées jouent les primes gardiens de ces droits. Ces licences permettent à d’autres professionnels, de la publicité, du cinéma, et bien sûr du jeu vidéo, d’acheter en quelque sorte une image pour l’exploiter ensuite avec une certaine liberté. Yves Sente, directeur éditorial des Editions Le Lombard, témoigne de cette pratique : « Nous partons du principe simple que si nous voulons servir nos auteurs et les personnages dont ils nous ont confié les droits d’exploitation, il vaut mieux travailler en partenariat avec les meilleurs professionnels ». Il juge en effet mal aisé pour un service éditorial propre à un média précis, de diriger lui-même les différentes déclinaisons d’univers de bande dessinée, parfois très éloignés de leur métier originel d’éditeur d’album. Il poursuit. « Dans le cas de Thorgal, le rôle « actif » du directeur éditorial s’est limité à participer aux réunions de contacts entre les auteurs et les producteurs du BDVD pour « organiser les présentations » et veiller à ce que tous les « points de vue d’exigence » (en matière de respect des chartes graphique et scénaristique) puissent s’exprimer librement. » Reste à savoir si du côté des lecteurs, ces adaptations sont aussi appréciées. Yves Sente est conscient de ce bémol : « A l’arrivée, les puristes sont toujours un peu déçus car toute adaptation est une interprétation. Mais pour moi, interprétation ne veut pas automatiquement dire trahison si – et seulement si ! – l’esprit de l’adaptation ou de la déclinaison traduit le respect de l’œuvre initiale. » Critère qui, pour lui, fut notamment présent sur le projet de jeu Thorgal. |
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Des auteurs de bandes dessinées pas toujours impliqués pour des projets qui deviennent pour beaucoup de simples échanges de licence. Une sorte de jeu de droits d’exploitation pour des productions qui finalement perdraient leur identité, leur caractère propre. L’adaptation de bandes dessinées n’a pas vraiment une belle image. Pourtant, certains éditeurs de jeux vidéo disent se démarquer, s’attacher aux univers avant de penser aux bénéfices à venir. C’est le cas d’Emme Interactive par la voix de son directeur adjoint, Eric Kalasz. Eric Kalasz - Notre partenariat avec Dupuis et Dargaud existe depuis longtemps déjà, je ne saurais dire comment tout cela a commencé. Généralement, ce sont les services commerciaux des éditeurs de bandes dessinées qui nous contactent. Au delà de leurs albums, ce sont des licences qu’ils cherchent à diffuser auprès de différents médias, dans l’audiovisuel ou dans le jeu vidéo. Emme Interactive a fait plusieurs fois déjà le pari de l’adaptation. Que cela soit pour Boule et Bill ou pour Cédric, mais aussi pour Lucky Luke. Un véritable travail avec les auteurs se met en place, l’éditeur d’album sert alors d’intermédiaire.
EK - Nos adaptations se trouvent être proches de la série originelle, elles se basent souvent sur un album donné. Au delà de la charte graphique que l’on se doit de respecter avec précision, le scénario est lui aussi profondément basé sur la bande dessinée. Nos productions ne sont pas réellement qualifiables de jeux vidéo, mais plutôt de jeux interactifs, ludo-récréatifs. Ils restent très imprégnés de l’album. Il s’agit pour nous de faire entrer l’enfant dans l’univers de la bande dessinée. On y ajoute bien sûr de petits jeux, par exemple celui du lancer de bouteille dans Lucky Luke.
EK - Nous visons une jeune tranche d’âge, celle des 6-10 ans. Ainsi, nos joueurs sont aussi des lecteurs. Ces enfants lisent des bandes dessinées, des livres, et n’ont pas encore une approche du jeu vidéo aussi intense que durant l’adolescence. J’ai passé près de sept ans chez Hachette Multimédia, et j’en tire l’expérience qu’au delà de 10-12 ans, les garçons ne lisent plus. Alors que les filles s’adonnent à la lecture toute leur vie, les garçons passent à d’autres choses, des activités extérieures, ou au jeu vidéo.
EK - Nous ne faisons pas qu’adapter, nous développons aussi des jeux originaux. Mais notre partenariat avec Dupuis et Dargaud dure depuis de longues années et nous y sommes particulièrement attachés. C’est un plaisir de travailler avec eux et avec des auteurs. Nous lancerons d’ailleurs à la fin de l’année une collection nommée « Album ». Elle recoupera les deux médias en proposant au public l’achat d’un jeu accompagné d’un tome de la bande dessinée auquel il se rapporte. |
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On ne peut limiter les synergies entre jeux vidéo et bandes dessinées aux seules adaptations. Côté création, on dénombre d’autres productions plus atypiques. C’est le cas de celles produites chez White Birds. Créé en 2003 par Michel Bams, Olivier Fontenay, et Benoît Sokal, ce studio mêle l’innovation en matière de jeu vidéo à l’attachement à la bande dessinée. Leurs histoires se décomposent tant sur écran que sur papier, et à l’heure où l’on pensait que ces développeurs se contenteraient de ces deux médiums, on les surprend à rêver 7ème art. Un studio singulier, tête de liste mondiale en matière de jeux d’aventure, qui joue encore et toujours sur la convergence des médias.
Michel Bams - Il y a deux raisons à changer de média. La première est liée à Benoît. Il a monté cette boîte avec nous dès le départ, cela impliquait tout de suite un choix éditorial. Benoît estime qu’il n’est pas cantonné à un genre. Il part du principe que l’on raconte des histoires. Ensuite, si l’histoire est bonne on peut la raconter en bd, en film, en jeu. C’est quelque chose auquel on a adhéré. Cette envie de suivre l’histoire là où l’image la mène est assez amusante.
MB - Nous faisons cela tout en nous disant que nous devons être prudent, et faire des choses qui correspondent à notre métier. Un jeu on sait le concevoir, une bande dessinée aussi, un film non. Il ne faut pas qu’on se noie là dedans. Mais tout ce discours qu’on nous sert depuis plusieurs années, sur la convergence des médias, et bien c’est vrai. Pour le jeu Paradise, nous faisons ici une image sous Maya. Si on l’adapte au cinéma, on la fera aussi sous Maya, avec quelques légères différences. Mais techniquement c’est la même chose. Ainsi, un graphiste qui sort d’une bonne école, est capable de faire aussi bien du jeu vidéo, que du cinéma, que de la série télé. Il a les outils pour ça.
MB - Travailler en jeu, mais aussi en bande dessinée, cela permet de se dire : est-ce que j’ai une bonne histoire ou pas ? Et justement on fait des jeux qui reposent sur une trame narrative. Si je fais des jeux de foot, je n’ai pas d’histoire. alors que Lost Paradise, Syberia ou Aquarica c’est avant tout une histoire. Alors on aime ou l’on aime pas, mais si c’est une bonne histoire cela peut être une bande dessinée, un jeu. La passerelle entre ces médias, c’est effectivement l’histoire. Et on ne fait pas de la licence. Ce qu’on pense c’est que les gens qui vont jouer au jeu ne vont pas forcément lire la bd, et si demain il y a un film ils n’iront pas forcément le voir. Il faut que chaque média soit bon pour lui-même. La vie est courte, l’offre de biens culturels est immense, les journées ne sont pas extensibles, quand on bosse et qu’il nous reste 6h de loisirs, il faut choisir entre lire, aller au cinéma, jouer au jeux vidéo ou regarder la télévision.
MB - Je suis partisan de la création. Benoît dit avec humour : « On a pas mis à la page 7 de la bd Au fait, as-tu joué à l’excellent jeu Paradise ? ». Je ne crois pas beaucoup à cela. Paradise vit sa vie de BD. Je suis persuadé que 90% de gens qui lisent la BD n’ont pas joué au jeu. Ils connaissent Sokal dans la bd. Je m’en suis aperçu lorsqu’on a fait une séance de signatures à Lyon. La FNAC avait annoncé « Benoît Sokal, auteur du jeu Paradise . » il y eu une soixantaine de personne, dans le lot quarante venaient pour le jeu mais vingt pour la bande dessinée, et à la limite, le jeu ne les intéressait pas. Notre première vie, c’est aller où va l’image.
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Michel Bams a aussi l'intérêt de voir les choses par un regard de développeur de jeux. Une vision critique intéressante lorsqu'il s'agit de parler des enjeux de l'adaptation. Un avis certes nuancé face à la qualité de ces adaptations mais qui reste séduit par la retracription d'albums en jeux. JVPC - Côté adaptations, plus particulièrement de bandes dessinées, notez-vous tout de même des réussites? MB - Cela dépend. je crois que sur les titres kids, c’est plus facile que sur des jeux. Je trouve que les productions Emme dans leur ensemble font du bon boulot. C’est respectueux de l’univers, c’est plutôt bien fichu. Je pense que les adaptations de Boule et Bill, Cédric, c’est très bien. Une jeune tranche d’âge rend les choses plus aisées car le cadre dans lequel on travail est moins rigide. Finalement un titre pour enfant c’est le respect de l’univers et la création d’activités qui doivent être stimulantes. On a pas cette contrainte du jeu, d’entraîner quelqu’un avec soit pendant dix ou vingt heures. Je suis d’accord avec Eric Kalasz (cf. notre interview), c’est plus de « l’aventure interactive » que du jeu. C’est lucide de dire cela. Les contenus ne sont pas moins élaborés, car demander à un enfant de jouer 20 ou 30 fois une même activité n’est pas si évident, mais on a pas cette espèce d’obligation du jeu de fil narratif. Ce n’est pas facile d’adapter une autre histoire, qu’elle vienne de la littérature ou du cinéma, en jeu. C’est vachement dur. Il faut trouver les ressorts ludiques. Il peut y avoir un grand scénario, mais quand on a fini le jeu… Je ne vois pas l’intérêt d’une répétition de gameplay où le personnage se bat ci et là, un moment avec une épée, ailleurs avec autre chose.
MB - Oui, dans ce domaine nous on a fait Martine. L’auteur à simplement validé le modèle. Notre situation est rendue plus simple, mais aussi légèrement plus compliquée, par le fait que Casterman est actionnaire de notre boîte. Personne ne peut se permettre de faire n’importe quoi avec une licence, quand en plus il s’agit d’une licence qui appartient à son actionnaire, on fait gaffe. Et puis ça amusait l’auteur de voir la modélisation de son personnage. Et cela coupe court après à toute polémique, il a approuvé le modèle, donc c’est bien.
MB - Il y avait une volonté graphique assez nette dans XIII. Mais on voit bien qu’il est difficile de faire un jeu qui tienne la distance d’après une bonne bande dessinée. Là, c’est James Bond. Par ailleurs, j’ai souvenir que le jeu était assez bon. On réduit toutefois forcément l’univers original qui est beaucoup plus riche, différent d’un unique shoot.Faire un jeu vidéo avec Top Gun, et se dire que du coup on pilote un avion de chasse, c’est logique. Mais faire un jeu vidéo d’un film dans lequel il se passe plein de choses dont dix minutes de course en voiture, et ne faire un jeu qui ne reprend que la poursuite en voiture, c’est réducteur. Et le mélange d’activités ne marche pas. En exemple, la guerre des mondes. Je serais bien embêté. Une fois que l’on a dit qu’il faut se battre contre ces bestioles, on a affaire à une espèce de RTS où il faut jouer soit l’armée américaine soit les aliens. Ou bien on réalise un first person shooter, parce que c’est Tom Cruise. On lui remet au début une arme ridicule entre les mains, mission deux elle est plus grosse, et il termine avec un lance roquettes. La question reste : est-ce un bon jeu ? Si c’est un bon jeu, avait-il besoin d’une licence ? Il y a eu des habitudes de prises, celles de déposer des licences de cinéma sur des jeux de manière systématiques. Quand il y a Pirates des Caraïbes, on a le jeu qui en découle. S’il est bon tant mieux, s’il est mauvais il y aura des gens qui se seront fait avoir.
MB - Actuellement on regarde le Transperceneige. Je ne sais absolument pas si on pourra faire quelque chose avec, mais on adore cet univers. On se dit « tiens, on pourrait faire un bon jeu ». Il y a un scénario de départ extrêmement malin. L’histoire de gens qui, après qu’il y eut une bombe météorologique, roulent dans un train, sans cesse. Il reconstruisent une société : en tête de train l’aristocratie, le clergé, etc. Dans la catégorie post-apocalyptique cette idée d’environnement clos au cœur d’un train qui roule, est habile. Peut être que cela ferait un super jeu d’aventure. Ensuite on se dit : qu’est-ce qu’on fait ? qu’est ce qu’on joue ? Notre métier à nous se résumerait à construire le gameplay, et à faire que cela soit bien.
MB - Sur une histoire comme cela, mon client potentiel est allemand ou anglais, je ne lui dis même pas comme cela s’appelle. Je lui narre, et si je vois chez l’homme cet œil qui s’allume, qui fait tilt, en se disant que c’est une bonne histoire, là c’est gagné. Je ne vais pas aller crier que j’ai la licence de la bande dessinée Transperceneige puisqu’on va me rire au nez. Benoît, en tant qu’auteur de bande dessinée, au delà de la France et de la Belgique n’est que très peu connu. Il est beaucoup plus connu comme auteur de jeu vidéo. La bande dessinée ne commence que doucement à s’exposer. En Allemagne par exemple, la bande dessinée n’est pas considérée comme sérieuse. Le phénomène franco-belge des années 80, avec Hugo Pratt et Tardi, est assez exceptionnel. Au Japon, qui ont une culture extraordinaire du manga, ont toutefois une attitude peu respectueuse. Ils sont à lire sur le trajet entre chez soit et le boulot, comme ça, et lorsqu’on arrive à la station on peut le jeter. Même si les bandes dessinées étaient moins chères, je ne suis pas sûr qu’on le ferait. Nous on ne jetterait pas un livre. Il y a quand même un petit sentiment, que je donne avec beaucoup de prudence, qui est que les auteurs de bandes dessinées franco-belge ont toutefois l’impression de bosser pour l’éternité.
MB - Je dis que c’est du concret à partir du moment où on y passe du temps et que des gens travaillent dessus. Donc Aquarica c’est du concret. Un projet qui sera celui d’un jeu mais aussi celui d’un film (cf. notre présentation). Il devrait se chiffrer dans un ordre de 2 millions d’euros, plutôt 2,2 que 1,8 (rires). Ce n’est pas facile à financer. Je ne sais pas trop, personne ne sait ici, qui du jeu ou du film verra le jeu en premier, s’il voit le jeu. Ce n’est pas gagné du tout que l’on y arrive. On a commencé le travail de prospection sur le jeu y’a environ six mois. Par contre il n’y a rien de signé. Je serais à Leipzig pour la Games Convention avec le concept. Il y a des gens que cela intéresse, mais la route est encore longue. C’est dur de présenter cela sur du papier, ce n’est pas vendable. Cela est donc un projet dans les deux domaines. Cinéma, et jeu. |
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Un phénomène qui c’est démocratisé en Asie Force est de constater que le 9ème art aime aussi parler, dans ses cases, de jeux vidéo. Cela est principalement vrai à l’autre bout du monde, à l’Est de l’Asie. Japon, mais aussi Corée du Sud, abordent couramment dans leurs pages cette thématique. C’est le cas de .Hack, sortis en 2004 chez Panini Comics. Dans ce manga de science fiction, deux jumeaux sont choisis pour interpréter les héros du plus grand jeu en ligne de l’Histoire. Comme le titre le laisse présager, l’intrigue opposera ces jeunes au milieu dangereux des hackers. Un an plus tard, c’est Yureka qui fait parler de lui, aux Editions Tokebi. Le lecteur peut y découvrir le récit de trois lycéens plongés dans le monde virtuel d’un jeu nommé Lost Saga. De nombreux pouvoirs leurs sont soudain attribués. Ces nouveaux héros vont alors rencontrer de multiples péripéties virtuelles. Cette relation singulière entre les deux médias, beaucoup plus proche qu’en Europe, peut s’expliquer par plusieurs points communs. Graphiquement, ce sont des univers similaires que l’on découvre, des lignes de traits beaucoup plus proches l’une de l’autre que ne l’est la bande dessinée franco-belge des jeux vidéos actuellement sur notre marché. Ensuite, tant l’écrit que le jeu, sont inscrits dans un phénomène de culture de masse, populaire, rassemblant et parlant à l’ensemble d’une même jeunesse. Parler l’un de l’autre ou aborder des thématiques communes, permet de créer des passerelles utiles entre l’écran et le papier, à élargir le champ de vision et de loisirs de ceux qui n’auraient que joués ou que lus. Dans un autre genre et tout fraîchement paru, pensons à Reset chez l’éditeur indépendant Ki-Oon. Ce manga engage une réflexion sur le jeu en ligne. Sous la forme d’un polar de science fiction, il nous plonge dans une sombre histoire de suicide de joueurs. Ces derniers, adeptes passionnés d’un jeu nommé Dystopia, découvrent sur leur écran une phrase aux allures de sentence : « Votre vie est un échec. Appuyez sur reset ». Une manière d’aborder l’influence de certains jeux dans la société nippone, et la déconnexion d’une minorité de joueurs avec le monde réel. L’auteur Tetsuya TSUTSUI a d’ailleurs déjà indirectement abordé, l’an passé , le phénomène des jeux. Cela était dans un thriller prenant du nom de Duds Hunt. En Europe, la caricature humoristique Côté francophone, on ne repousse pas le sujet, loin de là. Beaucoup viennent aussitôt à penser à Kid Paddle, une série à succès abordant la vie quotidienne d’un accro aux jeux vidéo. Créé en 2001 par Midam, elle a immédiatement conquis les plus jeunes. Des gags dans lesquels chacun peut en partie se reconnaître. Une série parallèle en découle, sous le nom de Game Over. Elle est d’autant plus basée sur les jeux vidéo qu’elle reprend les parties jouées par Kid. Une caricature bien pensée dont le onzième tome sortira fin août. En 2002, on a aussi pu voir aux éditions du Cycliste, l’apparition de Bouyoul. Ce gros monstre vert, un tantinet agressif, qui tue celui qui l’agace de façon… sanglante. Encore et toujours de l’humour, pour des graphismes en courbes, une colorisation informatique, et une atmosphère légère, très empreints aux jeux vidéos. |
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Et oui, des jeux vidéos sont aussi adaptés en bandes dessinées ! Plus qu’on ne le croit, d’ailleurs. Par quoi commence t’on ? Un grand parmi les grands ? Tomb Raider. Alors qu’en 2001 une maison d’édition américaine se lance dans l’aventure, les éditions Glénat font de même en France. Dans le premier cas, près de six tomes paraîtront, dans le second un seul. La version francophone a vraisemblablement moins plu. Sectes. On nous la présente encore aujourd’hui par une courte phrase qui en dit long « Agences gouvernementales. Commando Hi-Tech. Légendes antédiluviennes... ». C’est du lourd, assurément. Lourdement commercial. Lorsqu’on y regarde, les retranscriptions de jeux en bandes dessinées, n’ont que très rarement conduit à de la qualité. En 2003, les adaptations vont bon train. Sort non seulement Le Cœur de Xatim, un remake de Final Fantasy aux Editions Clair de Lune, mais aussi Diablo et Everquet chez Albin Michel. Même si le premier s’en tire convenablement, les deux autres font pâle figure. On abandonne pas le filon pour autant. Les éditions Delcourt et Soleil ne dérogent pas à la règle. C’est ainsi que paraissent respectivement Persona, combinant une le contenu d’une série de jeux vidéo du même nom, et Metal Gear Solid. Une bande dessinée de qualité ne fait pas un bon jeu, disait-on plus avant, l’inverse semble lui aussi largement valable. Sortira légèrement du lot, Prisoner of Ice, chez Vents d’Ouest. Dix ans après le jeu vidéo du même nom, cette série qui puise dans le mythe de Cthulhu de Lovecraft, retrace les périples d’explorateurs intrépides des jungles d'Amérique du sud aux terres gelées de l'Antarctique. A la clé, de terrifiants secrets convoités également par les Nazis. |
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