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Interview d'Eric Kalasz, directeur adjoint d'Emme Interactive




Des auteurs de bandes dessinées pas toujours impliqués pour des projets qui deviennent pour beaucoup de simples échanges de licence. Une sorte de jeu de droits d’exploitation pour des productions qui finalement perdraient leur identité, leur caractère propre. L’adaptation de bandes dessinées n’a pas vraiment une belle image. Pourtant, certains éditeurs de jeux vidéo disent se démarquer, s’attacher aux univers avant de penser aux bénéfices à venir. C’est le cas d’Emme Interactive par la voix de son directeur adjoint, Eric Kalasz.


Par matthl, le 4 septembre 2006.













Cette interview est directement liée au Dossier Bandes Dessinées et Jeux Vidéo.


JeuxVideoPc - On parle d’adaptations qui ne seraient que commerciales. Naissent-elles de la créativité de développeurs ou justement d’éditeurs en recherche de profits ?

Eric Kalasz - Notre partenariat avec Dupuis et Dargaud existe depuis longtemps déjà, je ne saurais dire comment tout cela a commencé. Généralement, ce sont les services commerciaux des éditeurs de bandes dessinées qui nous contactent. Au delà de leurs albums, ce sont des licences qu’ils cherchent à diffuser auprès de différents médias, dans l’audiovisuel ou dans le jeu vidéo. Emme Interactive a fait plusieurs fois déjà le pari de l’adaptation. Que cela soit pour Boule et Bill ou pour Cédric, mais aussi pour Lucky Luke. Un véritable travail avec les auteurs se met en place, l’éditeur d’album sert alors d’intermédiaire.


JVPC - Dans ce cas, on peut espérer que vous respectez un cahier des charges précis?

EK - Nos adaptations se trouvent être proches de la série originelle, elles se basent souvent sur un album donné. Au delà de la charte graphique que l’on se doit de respecter avec précision, le scénario est lui aussi profondément basé sur la bande dessinée. Nos productions ne sont pas réellement qualifiables de jeux vidéo, mais plutôt de jeux interactifs, ludo-récréatifs. Ils restent très imprégnés de l’album. Il s’agit pour nous de faire entrer l’enfant dans l’univers de la bande dessinée. On y ajoute bien sûr de petits jeux, par exemple celui du lancer de bouteille dans Lucky Luke.


JVPC - Et vers quel public vous destinez-vous ? Des lecteurs ? Des joueurs ?

EK - Nous visons une jeune tranche d’âge, celle des 6-10 ans. Ainsi, nos joueurs sont aussi des lecteurs. Ces enfants lisent des bandes dessinées, des livres, et n’ont pas encore une approche du jeu vidéo aussi intense que durant l’adolescence. J’ai passé près de sept ans chez Hachette Multimédia, et j’en tire l’expérience qu’au delà de 10-12 ans, les garçons ne lisent plus. Alors que les filles s’adonnent à la lecture toute leur vie, les garçons passent à d’autres choses, des activités extérieures, ou au jeu vidéo.


JVPC - L’adaptation d’une bande dessinée renommée reste bien une assurance marketing ?

EK - Les personnages de bande dessinée que nous adaptons sont déjà fortement connus. Le pari en est moins risqué. Mais ces projets ne sont pas de véritables succès commerciaux. Je ne parle pas ici des Comics, mais bien de la bande dessinée franco-belge. Il n’y a, à ma connaissance, qu’une adaptation de bande dessinée qui a réellement fait du « chiffre », il s’agit d’Asterix. En dehors de cela, les résultats ne sont que mitigés. Aujourd’hui, c’est le cinéma ou les séries animées qui accélèrent les ventes.


JVPC - Face à ces résultats mitigés, pourquoi dans ce cas continuer ces adaptations ?

EK - Nous ne faisons pas qu’adapter, nous développons aussi des jeux originaux. Mais notre partenariat avec Dupuis et Dargaud dure depuis de longues années et nous y sommes particulièrement attachés. C’est un plaisir de travailler avec eux et avec des auteurs. Nous lancerons d’ailleurs à la fin de l’année une collection nommée « Album ». Elle recoupera les deux médias en proposant au public l’achat d’un jeu accompagné d’un tome de la bande dessinée auquel il se rapporte.






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