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| TOM'S GAMES > ARTICLES > Les séries cultes du jeu vidéo : The Settlers | ||
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Au début des années 1990, Will Wright donne naissance à un jeu d’un genre nouveau – la gestion. Non il ne s’agit pas encore de The Settlers mais d’un soft un tantinet plus marquant dans l’histoire du jeu : Sim City, titre phare pour toute une génération de joueurs, qui passe ses nuits à développer des villes jusque dans les détails pour la voir croître et prospérer, les voitures arpentant les routes et le immeubles grandissant ou tombant en décrépitude en temps réel.
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Dans The Settlers, vous incarnez un chef de clan dont le but unique était d’éliminer la concurrence. Un objectif tellement basique qu’en fait le mode solo ne comportait aucune histoire. Il s’agit simplement d’enchaîner les cartes de plus en plus vastes, et d’y surmonter tous les obstacles de plus en plus nombreux et de plus en plus retords. Une chose est certaine, ce n’est pas pour son scénario ni par l’originalité de ses missions que l’on se souviendra de The Settlers. La magie opère plus tard. En fait il suffit de lancer une construction pour que le premier choc survienne : on trace soi-même les routes qui sillonnent l’empire, routes qui seront les seules à être utilisées pour le déploiement des troupes, des civils et des marchandises. Second choc, tout se fait en temps réel sous les yeux du joueur, un serviteur sort une planche de votre forteresse, l’amène sur le chemin qui le relie à un autre bâtiment où un autre serviteur vient la chercher, pour l’amener sur le chantier où s’est préalablement rendu un charpentier et la construction débute. Vu comme ça, ça n’a peut être l’air de rien mais au bout de quelques heures de jeu sur une même partie, l’empire vie véritablement et l’écran fourmille de personnages autonomes. D’ailleurs une fois une base établie, elle est à même de se développer sans l’intervention du joueur, qui n’a d’autre rôle que de façonner l’empire et de superviser la guerre. Chaque mission débute avec un unique château et une frontière délimitant votre domaine. Le joueur revendique un terrain en construisant à sa proximité un bâtiment militaire pour le surveiller en ainsi de suite. Plus on s’éloigne du centre de l’empire, et plus l’acheminement de hommes et des marchandises est long, et sur les cartes les plus vastes, on attend parfois des heures la construction d’un seul et unique bâtiment, ce qui fait de ce jeu une merveille de lenteur. Un gameplay aussi lent a une raison d’être, c’est que pour qui veut bien s’en donner la peine, le nombre de détails paramétrables dans l’empire est impressionnant, la répartition des ressources, le taux d’occupation des baraquements, le nombre d’artisans par corps de métiers… La vie prenant automatiquement sa place dans les locaux que vous lui attribuez, vous devez régler comment cet empire doit se comporter. Les amateurs de micro management du monde entier trouvent leur bonheur en jouant à un Settlers lent, mais dense. En général dans ce jeu, la guerre est un aboutissement de plusieurs heures de développement, durant lequel l’enjeu réside dans la conception d’une économie de combat. L’essentiel est de se rendre maîtres des ressources minières (fer, charbon, or) et de les garder. Une partie comporte donc, en général, un seul assaut massif parfois entrecoupé de quelques escarmouches visant à ralentir l’adversaire en prenant un de ses bâtiments militaires. Car prendre un poste adverse revient à prendre le territoire que celui-ci contrôle. Un point disputé sur la carte fait tout de suite s’enliser une partie, puisqu’il faut toujours recoloniser le terrain nouvellement gagné. Et quand on sait le temps que peuvent mettre certains chantiers à aboutir, on prend son mal en patience. Voilà pour ce qui est du concept original de la série Settlers, bâtir un empire de la cabane du bûcheron à la forteresse en passant par la fabrique d’outils dans le seul but d’éradiquer le voisin. Les centaines de cartes disponibles en jeu y varient du gigantisme à la plus meurtrière promiscuité, et l’on peut jouer avec diverses I.A. à l’agressivité modulable ou même à deux sur le même ordinateur en écran splitté. Chacun peut y trouver son compte et la durée de vie du soft est phénoménale ! Pour ne pas gâcher de si bons principes, le jeu se dote de graphismes en apparences enfantins mais pleins de charme, et la musique reprise dans plusieurs épisodes était à la fois légère et relaxante. Au final le jeu fut un succès, particulièrement chez les allemands friands de ce genre de softs, et très vite Blue Byte s’est attelé à la conception d’un second épisode développé exclusivement pour PC suite à la mort de l’Amiga. Les choses sérieuses commencent. |
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Tout ceux qui avaient joué à The Settlers avant de s’essayer à ce second volet peuvent le dire, si bons soient les souvenirs qu’ils gardent de leurs parties sur le soft de 1993, ils ne les regretteront pas un instant avec la seconde mouture du concept de Volker Wertich. Le principe ne change pas d’un iota, mais le jeu s’enrichit considérablement. Le nombre de bâtiments et de ressources a augmenté, complexifiant au passage les choses, et donnant toujours plus d’impératifs au développement du joueur. Les paramétrages de votre empire se sont affinés et diversifiés, le peuple médiéval du premier jeu fait place aux romains, et un mode campagne vient enrober le tout pour en relever l’intérêt.
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Année 1998, Blue Byte a le vent en poupe, ses Settlers gagnent en notoriété et en 96, Albion s’est fait une place au soleil dans le milieu très sectaire des RPG.Cela fait tout juste deux ans que le précédent épisode de la série est sorti, et les communautés des fans toujours actives sur Veni, Vedi Vici sont déjà prêtes à créer des maps pour Settlers 3. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes si Blue Byte adoptait la technique : « je remet le moteur à jour avec des graphismes tout zolis », mais il n’en est rien. Volker Wertich absent sur le second épisode reprend du service, et influencé par des productions telles que Warcraft 2 ou le plus récent Age of Empires, commence comme en prémices à Spellforce, à lorgner du côté du RTS. Si après l’installation du jeu, on reconnaît immédiatement la pâte graphique de Settlers (toujours plus belle), ce troisième titre inclus quelques options renouvelant le gameplay en profondeur. Ainsi le joueur ne dessine plus lui même les chemins empruntés par ses colons, se contentant d’ordonner la création de bâtiment comme dans un RTS classique. Résultat : pour bâtir plus vite, il suffit de créer plus de colons et les embouteillages de transports de ressources disparaissent. Autre modification de taille, les unités combattantes jusques là cantonnées aux chevaliers se multiplient, se voient octroyées des barres d’énergie et peuvent se déplacer sur ordre du joueur. Dans les faits, la gestion bien que toujours aussi complexe, est plus ou moins amputée de l’aspect micro management au profit de la gestion stratégique de la guerre. Il est désormais possible de prendre l’ennemi à revers sans pour autant l’avoir encerclé, par exemple en envoyant des navires transporteurs à l’autre bout de la carte. En un mot par rapport à Settlers 2, ce titre devient anarchique. Chose impensable par le passé, des péons traînent ça et là, et la gestion des unités devient cruciale. Le soft improbable hybride entre la gestion traditionnelle et le genre nouveau du RTS ne convainc pas. Trop lent par rapport à un Warcraft, et trop axé temps réel pour les fans de Settlers, le jeu ternit l’image de la série.
Un épisode décevant pour les joueurs de la série qui espéraient un retour aux sources, les autres découvrent un jeu de stratégie de bonne facture à la gestion économique riche et passionnante. Le nombre d’unités a été réduit par rapport au titre précédent, interdisant au joueur de baser sa stratégie sur un seul assaut majeur et c’est tant mieux. A petit pas le jeu s’est rapproché du RTS, toujours un peu lent mais très sympathique et délicieux de naïveté enfantine. |
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Dernier épisode en date de la saga The Settlers, L’Héritage des Rois est aussi celui qui a mis son avenir en péril. Malgré leurs indéniables qualités, les jeux précédents souffrent d’une concurrence agressive de la part des RTS et des jeux de gestions purs et durs. Une certaine panique a dû courir les rangs de Blue Byte qui a choisit un camps manichéen pour son jeu : The Settlers 5 jouera dans la catégorie des RTS ! En 2005, pour jouer dans la cours des grands, le soft allemand fait peau neuve : le graphisme en 3D devient plus mature, les musiques se font guerrières… Sans même avoir touché le jeu, les fans hurlent au scandale, l’esprit de la série est bafoué. Malgré les changements colossaux qu’a subit la licence au fil des ans, le design a toujours constitué une unité désormais rompue. Un nom revient sur toutes les lèvres Age of Empires. Ouvertement voilà de quoi se rapproche la nouvelle cuvée Blue Byte, mais pour détrôner un roi, il faut savoir se donner des moyens adéquats. Tel ne fut pas le cas, si les ressources et le nombre de bâtiments ont été revus à la baisse pour dynamiser réellement les parties (The Settlers 4 avait été jugé bon mais trop timoré sur cet aspect), il n’en est pas allé à l’inverse en ce qui concernait les unités combattantes. Vestige de quatre opus précédent on se retrouve avec une poignée de guerriers pas vraiment originaux. A l’instar de Warcraft 3, des héros font leur apparition en nombre faible et sans caractéristiques très spécifiques... Ajoutez à cela que l’histoire loin des délires d’antan avec les dieux, vous font endosser le rôle d’un élu et vous comprendrez que cet épisode à vouloir jouer dans une catégorie qui n’était pas la sienne a perdu à la fois son âme, son public et son prestige… Ce revers est d’ailleurs sûrement la raison pour laquelle revient The Settlers 2 : The Next Generation, dans l’optique de redoré un blason tombé en désuétude. Gageons que le prochain nouveau titre de Blue Byte ne sera pas, comme à l’accoutumée, une refonte de celui-ci mais bel et bien une exploration d’un autre aspect du jeu, à moins que la série y ait définitivement laissé son âme et que l’opus à venir en soi le testament. |
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Au final, quoique l’on puisse penser des Settlers, il faut avouer que c’est série qui ose l’innovation par petits pas, là où bien d’autres se contentent de sortir des suites à n’en plus finir d’un concept vieillissant. Les jeux semblent y fonctionner par paire ainsi The Settlers 2 est un jeu de gestion approfondissant les bases du premier volet, et The Settlers 4 lui pousse l’aspect hybride gestion/RTS du troisième opus. L’image même de cette évolution est le cinquième et dernier opus en date de la série, qui cherchant à jouer dans la cours des grands RTS fut un échec retentissant aux yeux des fans qui n’y reconnaissent plus rien d’un Settlers, et aux yeux des joueurs de stratégie temps réel habitués à plus de profondeur de jeu. Le risque du changement c’est bien sûr de perdre son originalité et c’est ce qui arriva de fait, mais il faut vraiment attendre un nouveau nouvel épisode (pas le remake du deux) pour savoir si la série a définitivement perdu l’âme qui a fait son charme pendant une décennie. En fait à bien y réfléchir la saga The Settlers est un peu comme notre Renaud national, lui qui chantait « société, société tu m’auras pas » a fini par chanter en prime time sur TF1 pour Michel Drucker. Au final The Settlers donne maille à partir à tous les joueurs, ceux chez qui la stratégie économique prévaut sur les conflits peuvent se trouver leur bonheur dans Veni, Vedi, Vici, voire même le remake dont la sortie est imminente, tandis que les adeptes de la guerre pourront toujours en venir aux mains dans The Settlers 4. Une série qui ose le changement même à petits pas, cela se fait rare espérons que ça change… |
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Commentaire anonyme déposé
le 07/04/2009 à 16:16 :Je connais Settlers depuis 1995, j'y ai joué des centaines d'heures sur mon AMIGA. Quand, je suis passé sur PC, j'ai eu le 3, et franchement, je pense qu'il reste le meilleur de la série (le 4 étant une suite sans grandes différences) : c'est très mignon, il y beaucoup de corps de métiers, du fun et encore du fun... j'ai également le 6, qui m'ennuie un peu, et je viens de m'acheter le 2 (10e anniversaire), celui promet bien plus ! merci Hoopy, cette saga méritait bien un article ! |
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hoopy
le 10/05/2007 à 16:18 :Merci à vous. Dans tous les cas, je pense que le sixième volet devrait tenir ses promesses (il a intérêt car je vais étudier la question de près...). |
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sergio35
le 28/04/2007 à 14:25 :Très bonne analyse de hoopy : "Série culte des jeux vidéo : The Settlers" avec laquelle je suis vraiment d'accord. Il faut oser le changement : c'est ma définition de la vie. Il y a déjà de bonnes nouvelles sur votre site à The Settlers : Rise of an Empire. Je suis très impatient d'avoir d'autres bonnes nouvelles et ne manquerai pas de donner mon avis sur les changements que j'y verrais. |
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| Cet article est associé à la série de jeux The Settlers. | |
Liste des jeux faisant partie de cette série :
The Settlers 6 : Bâtisseurs d'Empire
(4 octobre 2007)
The Settlers 5 : L'Héritage des Rois
(Février 2005)
The Settlers 2
(1996)
The Settlers 2 : 10ème anniversaire
(21 septembre 2006)
The Settlers 4
(Avril 2001)
[ Voir tous les jeux de cette série ] |
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