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Test du Pro Gamer Command Unit de Saitek




Avec le succès grandissant des jeux en ligne, les accessoires destinés à améliorer les performances des joueurs se développent peu à peu. Saitek s’essaye ici au tout-en-un avec le Pro Gamer Command Unit, dont le but avoué est de concurrencer le Nostromo comme ustensile ultime du joueur de FPS qui se respecte. Pari réussi ? On en a encore mal au poignet…


Par Zick, le 3 mai 2006.


Ca commence mal….


Commençons directement par l’installation de l’engin. Nous avons eu une grosse arrivée de matériel Saitek (manette P2900 Wireless, souris PC Gaming Mouse, volant R440 Force Feedback Wheel et contrôleur X52), et jusque là les drivers ne nous avaient causé aucun problème. C’est donc confiant que nous insérons le CD d’installation. Première surprise : il faut désinstaller les anciens drivers Saitek présent sur le PC (nous avions installé sur cette machine le X52 ainsi que le Pro Gaming Keyboard, qui tout deux ont maintenant deux ou trois ans). Redémarrage du PC après la désinstallation desdits drivers, pour attaquer l'installatation des drivers du Pro Gamer Command Unit. Tiens, le clavier Saitek n’est plus reconnu ? Ni le X52 ? Et voilà comment nous avons perdu environ quatre heures à tenter de faire fonctionner le Pro Gamer Command Unit et le Pro Gaming Keyboard de Saitek (qui, comme son nom l'indique, n'est rien de plus extravagant qu'un... clavier !), en vain… Impossible de faire cohabiter deux périphériques de la même marque sur un même PC ! Pas très sérieux tout ça, monsieur Saitek. Surtout qu'au vu du forum Support de la marque, nous ne sommes visiblement pas les plus à plaindre…

Bref, après s'être résigné à revenir au bon vieux clavier Logitech de base, nous avons réussi à installer correctement notre nouvel ustensile et à le faire fonctionner. Mais les quatre heures à tenter de faire cohabiter les deux produits Saitek ont été parsemées de nombreuses malédictions (pour rester poli) à l’égard des concepteurs de ces drivers du diable.





Une nouvelle cause à la crampe du poignet : le PGCU


Esthétiquement, le nouveau joujou de Saitek ne se présente pourtant pas trop mal. Semblable au Nostromo sur le principe, le Pro Gamer Command Unit (que nous abrégerons par la suite par PGCU) est tout de même plus élégant que son concurrent direct. Avec un plastique de meilleure qualité, plus agréable au toucher, et grâce aussi aux touches rétroéclairée (dans trois couleurs s’il vous plait : bleu, vert et rouge), identiques aux touches du clavier Eclipse du même fabriquant. Le PGCU est vraiment sympa à regarder, il n’y a rien redire là dessus.

Il compte 21 touches disposées plus ou moins ergonomiquement. Dans la tradition Saitek, une touche-selecteur « Mode » permet de passer en un instant d’une pré-programmation à une autre, faisant passer le nombre de touches potentielles de 21 à 63, avec en outre la possibilité d'en rajouter encore 21 de plus si on compte la touche Shift (touche 21 sur la photo).
Voilà pour la théorie, mais la pratique est malheureusement moins brillante. Commençons par le premier gros défaut de ce périphérique : il est impossible de régler le PGCU à la taille de sa main. Les deux barres maintenant la partie touches à la partie paume pourraient le laisser croire, mais à moins de le casser en deux, vous serez obligé de vous conformer au standard imposé. De ce premier défaut découle le deuxième : l’accessibilité de la touche Shift (la touche 21, rappelez-vous). Pour activer cette touche Shift, on est obligé soit de mettre la main de travers pour que la paume l’atteigne facilement, soit de forcer sa paume sur la touche Shift pour l’activer. Dans le premier cas, la position de la main est inconfortable. Dans le deuxième cas, la position est extrêmement fatigante, et on se résoudra donc à simplement oublier cette touche pourtant bien utile.

La seule partie réglable sur le PGCU est la partie stick analogique où vient se loger le pouce. Celle-ci se règle en profondeur, de même que l’angle (de façon très limitée, certes). Il n’y a pas grand chose à reprocher à cette partie du PGCU, si ce n’est les deux boutons pas toujours faciles à différencier.






Un ustensile sportif


Le principal défaut du PGCU, les touches du bas trop hautes

La partie touches est loin d’être dénuée de défauts. Commençons par les touches de gauche, accessibles uniquement à l’auriculaire. Celles-ci sont trop nombreuses et mal placées. Pour toutes les utiliser, il vous faudra jouer au contorsionniste du petit doigt, ce qui s’avère très fatigant à la longue. Par rapport à un clavier normal, ces touches sont trop hautes, ce qui oblige à lever l’auriculaire pour accéder aux touches 13 et 14, alors qu’au clavier il n’y a qu’à glisser des touches Shift à Ctrl pour les atteindre naturellement. De manière générale, on peut reprocher au PGCU de trop copier le clavier, mais surtout de mal le copier. Sur clavier (et sur le Nostromo aussi, d’ailleurs), le fait que les touches soient en pentes rend l’accès aux touches du « bas » plus naturel. Sur le PGCU, le fait que les touches du bas soient surélevées rend l’utilisation bien moins naturelle, et donc beaucoup plus fatigante. N’ayons pas peur des mots, l’ergonomie du PGCU est tout simplement un raté complet. Au niveau des points positifs, on notera juste que les touches du haut sont les plus accessibles. Mais, à ce niveau là, ça n’a plus beaucoup d’importance.

Le stick analogique a mis du temps à nous convaincre, mais se révèle finalement assez bien fait. Le tout est de comprendre comment le mapper (c'est à dire assigner une touche précise à un bouton ou, dans ce cas, à une direction) correctement. Le logiciel de programmation de Saitek, l’habituel Saitek Programming Software, ne se montre pas très simple à utiliser pour mapper le stick. Nous avons d’abord essayé de mapper des touches de mouvement au stick, mais la sensation de contrôle lors d’une partie de FPS s’approchait plus du pad console que de la précision du combo clavier/souris. Nous avons donc programmé sur les quatre directions du stick quatre touches indispensables lors des FPS (s’accroupir, recharger, lancer des grenades et lumière - sur F.E.A.R.), et c’est à ce moment que le stick a pris tout son sens. En un mouvement du pouce, des actions qui demandent habituellement de quitter les touches de mouvements sont réalisées. Les performances peuvent alors commencer (en théorie) à croître.






Pas mauvais dans la pratique... avec Warcraft 3


Nous avons testé le PGCU sur trois jeux différents : F.E.A.R., Bet On soldier et Warcraft 3. Et il ne nous a convaincu que sur ce dernier. Sur les deux premiers FPS, le PGCU s’est révélé simplement trop fatigant à la longue. La hauteur des touches et la contorsion obligée des doigts fatiguent énormément le poignet, si bien que le retour au clavier est vécu comme une libération. En revanche, et c’est un peu la surprise, le PGCU s’est avéré plutôt convaincant sur un STR. En assignant, les touches fléchées au stick analogique et en mappant les touches avec les raccourcis, pour peu que vous fassiez un petit effort de mémoire, le PGCU est réellement pratique - allons même jusqu’à dire confortable - lors des parties. Cela tient au fait que la main est moins crispée sur le PGCU durant une partie de STR que durant une partie de FPS, où lâcher les commandes quelques secondes est sanctionné immédiatement par une mort certaine. Le stick sert alors à diriger la carte, et vos doigts restants vont aux raccourcis claviers. Le gain de temps et de performance est réel. C’est finalement le comble de l’ironie : un accessoire dédié aux FPS se révèle meilleur dans un genre totalement différent…


Au final, vous l’aurez compris, le PGCU de Saitek ne nous a absolument pas convaincus. Le Nostromo, bien qu’un peu plus cheap en terme de design, s’avère nettement plus souple d’utilisation et bien plus confortable à l’usage. Si vous avez 40 euros à mettre dans un de ces gadgets, vous savez maintenant lequel éviter…






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