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| | Une des premières images de Starcraft montrée lors de l'E3 en 1996 |
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| | Starcraft dans une version retravaillée |
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Warcraft 2 et Diablo propulsent littéralement Blizzard au statut de studio de développement majeur sur la scène du jeu vidéo. La communauté Blizzardienne est essentiellement américaine et européenne (en novembre 1997, Blizzard se targue d’avoir plus d’un million de joueurs inscrits sur Battle.net, chiffre évidemment difficilement vérifiable) et aspire à pénétrer le territoire asiatique pour renforcer sa position internationale. C’est chose faite avec Starcraft, dont le développement s’est réalisé dans la douleur.
Le 14 avril 1996, lors de L’ECTS, à Londres, Blizzard annonce la sortie de Starcraft pour l’hiver suivant. Les premières images du jeu sont montrées lors de l’E3 et jugées décevante par la presse. De fait, cette version n’est rien que moins qu’un Warcraft 2 dans l’espace : même moteur (qui commence à dater) et même interface. Les développeurs repartent de l’E3 conscients qu’il est nécessaire de revoir leur copie, et retardent la sortie du titre. Après deux ans de retards et de (très) nombreux remaniements (dont le moteur graphique réalisé en à peine trois mois), Starcraft sort finalement en avril 98. Une fois de plus, le succès est immédiat : en trois mois, le jeu se vend en trois millions d’exemplaires, et devient rapidement la nouvelle référence du STR (avec Total Annihilation, jeu beaucoup moins exposé médiatiquement). Tous les éléments du jeu Blizzard « type » sont présents : campagne scénarisée intéressante, cinématiques à foison, juste équilibre entre les trois races du jeu, graphismes un peu « cheap » pour l’époque, mais dotés d’un design cartoon très soigné. Surtout, Battle.net permet à Starcraft d’être pendant quelques années le jeu le plus joué sur Internet au Monde. L’année suivante, Brood >ar, son extension, sort et parachève le gameplay presque parfait du jeu. Indéniablement, Starcraft est une véritable consécration pour Blizzard du point de vue de la qualité et du suivi de ses jeux.
1998, c’est aussi l’année où l’énigmatique Warcraft Adventures est suspendu. Annoncé une année plus tôt, Warcraft Adventures devait être un jeu d’aventure en point and click basé sur l’univers de Warcraft et «sous-traité» (ou plutôt « sous–développé ») par une société russe, Animation Magic. C’est un jeu que Blizzard évoque très rarement dans ses interviews. A peine trouve-t-on sur le site de l’entreprise une réponse à ce sujet dans la FAQ, qui explique rapidement que Warcraft Adventures n’était pas en phase avec les technologies de son époque, et (surtout) ne répondait pas aux critères de qualité que l’entreprise californienne s’impose. Une annulation qui aura en tout cas fait pleurer bien des fans de l’univers de Warcraft…
Annoncé initialement pour la fin 98, Diablo 2 est un autre jeu Blizzard qui a connu plus de deux ans de retard. Après l'avoir annoncé lors de L’ECTS en septembre 1997, Blizzard va distiller les informations et les screenshots au compte-gouttes durant les trois années de développement, et à quelques mois de la sortie organise deux bêta-tests (une première session privée de 1.000 participants, une seconde semi-privée avec 100.000 participants). Durant son développement, le jeu subit de nombreux remaniements, et connaît finalement un vaste succès lors de sa sortie : un million d’exemplaires sont écoulés en trois mois. Ces nombreux retards dans les jeux de Blizzard sont à chaque fois justifiés de manière identique : « la magie Blizzard », comme aiment à l’appeler les employés de la prestigieuse société, demande beaucoup de temps. Cette « magie » tient à toutes les composantes que nous avons précédemment vues dans les titres Blizzard : sensation de vivre l’histoire, cinématiques immersives, gameplay travaillé, et durée de vie conséquente. Mais Blizzard s’aperçoit aussi que les retards entraînent des effets d’annonces bénéfiques. Plus les joueurs attendent, et plus ils en parlent. Ni Warcraft 3, ni World of Warcraft n’ont échappé à la règle.