Si ses détracteurs l'annoncent comme un jeu révolutionnaire, on peut légitimement douter des réelles innovations apportées par CoH (à ne pas confondre avec le MMO éponyme). Oui, il y aura des ressources à gérer, mais pas de bois à couper, ni de céréales à récolter, ni de bétail à élever : juste des points stratégiques à occuper. Le gros du jeu s'articule autour du combat pur et simple, avec un soupçon de tactique, du sang et des membres éparpillés. Pas d'erreur, c'est le sieur (notez au passage le subtil jeu de mots...) Williams qui le dit : « c'est plutôt un jeu d'action très orienté stratégie plus qu'un RTS au sens traditionnel du terme ».
Rappelons que Relic n'est pas un débutant dans le monde du jeu, et encore moins du RTS. Pour tous ceux que la Waaaagh (référence à Warhammer 40.000 Dawn of War et ses extensions) n'a pas emportée, ou que la recherche d'Hiigara n'a pas convaincu, Company of Heroes sera la nouvelle expérience inédite proposée par le studio. Lorsqu'il parle d'authenticité et non de véracité, Tarnie Williams sous-entend que l'ensemble des personnages, costumes, insignes, véhicules, bâtiments ont réellement existé, mais que certaines libertés ont été prises pour les besoins du gameplay ou du scénario. Les T72 soviétiques seront donc bel et bien de la partie, mais point de jetpacks ou d'armes expérimentales du IIIe Reich. La guerre, c'est sérieux, tout de même !
Avec Company of Heroes, Relic nous prend par la main au long de 16 missions solo, et nous emmène du D-Day en Normandie jusqu'à la Bataille des Ardennes. Nous ne pourrons donc pas délivrer l'Europe du tyran et de ses troupes, mais gageons qu'un add-on futur se chargera de combler cette lacune.
Niveau gameplay, des annonces ont été faites à tour de bras, et il est relativement malaisé d'y voir clair. En revanche, ce dont on est certain à l'heure actuelle, c'est que chaque mission commencera avec un nombre donné d'unités, n'empêchant pas d'en produire d'autres. Vous n'irez pas élever des poulets en batterie ou voler des foetus, mais ferez en fonction de vos ressources. Réalisme oblige, ces dernières sont au nombre de trois, et ne sortent pas du contexte de l'époque : manpower (l'effectif), fuel (carburant), ammo (munitions).
Pour en obtenir toujours d'avantage, vous devrez tenir des points stratégiques signalés sur la carte par un drapeau. A la manière d'un Civilization ou d'un Risk, la carte est divisée en zones, le but étant d'en détenir un maximum. Comme la possession de ces dernières influe grandement sur le ravitaillement possible, ce sera vite la guerre pour en avoir, mais également pour les maintenir.
Ensuite, vous pourrez passez au catalogue de l'oncle Sam, avec tout ce que cela implique. Plus d'infanteries ou de blindés, il sera fait selon votre volonté. Mais les tactiques de fourbe constitueront a utiliser au maximum les parachutistes en largage derrière les lignes ennemies, ou les tirs d'obusiers d'un bout à l'autre de la carte, sans oublier le traditionnel mais tellement efficace nettoyage par une troupaille de bombardiers.
Il vous faudra également choisir un spécialité de commandement (Infanterie, Logistique, Aéroporté), qui influencera vos capacités et vos unités. Une sorte de jakenpon entre grands décisionnaires en panzer courts. A noter également que vos unités prendront de l'expérience en cours de route sur un niveau, mais ne nous suivront pas sur plusieurs missions.
Graphiquement, même si l'optimisation n'était pas encore au rendez-vous, Relic sait y faire. Des « zolis » reflets sur l'eau, des fumées voluptueuses, des gerbes et des éclats bien comme il faut. Bref, c'est beau et c'est dynamique. Pour la physique, c'est impeccablement (exception faite du château d'eau s'écrasant au sol comme une vulgaire bouse...) signé Havok. Au programme donc, de la destruction de bâtiments et de la déformation de terrain dans les règles de l'art. D'usines, vous ferez des décombres, et à l'état de poussière retournera tout le reste...