Comme dans tout wargame digne de ce nom, le ravitaillement des troupes est ici une donnée majeure. Si vos soldats ne sont pas reliés à une ligne de ravitaillement, leur potentiel au combat sera sérieusement amoindri. Cet aspect du jeu se découpe en deux parties : la nourriture et les munitions. Une absence d’approvisionnement en vivres contribuera à endommager une unité, alors qu’un manque de munitions la rendra juste moitié moins efficace au combat.
Les combats
Les combats ne sont pas automatiques : il faut en effet ordonner à ses troupes une attitude spécifique, afin qu'elles réagissent ou non lorsqu'un adversaire traverse le territoire qu'elles occupent. Le résultat des combats peut-être estimé avant de se lancer dans la bataille, dont le déroulement sera rapide. Une fois le combat terminé, une fenêtre d'information vient vous donner un rapport détaillé.
De manière générale, les unités ont accès à quatre types d’attitude (assaut, agressif, défensif, passif) et à six ordres optionnels (construire un fort, construire un dépôt, préparer une embuscade, effectuer une sortie durant un siège, fortifier sa position, faire une marche forcée). Selon les possibilités et les situations, les différents ordres apparaîtront grisés ou non.
L’empilement des troupes est bien géré, et vous pouvez visualiser les unités composant une armée en sélectionnant cette dernière et en faisant défiler si nécessaire la liste des « pions ».
Sur la carte, les unités sont en effet représentées sous la forme d’un simple pion. Les informations sur une unité apparaissent de trois manières, fonction du degré d’importance :
- en sélectionnant le pion (ou le groupe de pions) les informations principales sont reprises sur une version plus détaillée du dit pion. On y voit un symbole (basé sur la classification Otan), la force actuelle de l’unité, son expérience, son rang pour un officier, son éventuelle capacité spéciale, son nom et son appartenance.
- au survol de la souris apparaît aussi un complément d’informations (ravitaillement, niveau de compétence…).
- enfin, à coté de la zone d’affichage des pions, une petite fenêtre permet d’ouvrir un rapport détaillé sur l’unité (particulièrement utile pour les officiers).
Si une partie des combats se déroulent dans la vaste campagne américaine, une autre partie prend pour cadre les villages et villes parsemant le continent. Le jeu comporte cinq types de structures, à savoir la cité, le dépôt, le fort, le port et le village. Ces endroits sont généralement des objectifs à caractère stratégique, ne serait-ce que pour le ravitaillement, et devront donc être conquis, ou défendus, selon la tournure des évènements. En conséquence, il vous faudra aussi mener des sièges si vous voulez chasser votre adversaire d’un territoire. C’est ici qu’interviendra particulièrement l’artillerie, mais aussi certaines compétences spéciales de vos officiers.
En ce qui concerne l’aspect naval du jeu, celui-ci intervient pour l’essentiel au niveau des mouvements stratégiques d’unités, soit au niveau des Grands Lacs, soit tout au long de la côte atlantique. Il pourra y avoir dans certains cas des combats navals, mais ce ne sera pas la partie la plus importante de Birth of America.
Derniers détails
Au registre des autres point intéressants, on notera la possibilité de capturer des unités (ravitaillement, artillerie...), le pillage, la présence des milices et d’unités irrégulières, ou encore l’intégration d’évènements historiques venant ponctuer le cours du jeu.
En ce qui concerne l'aspect politique du jeu, si il n'est pas aussi important que le coté militaire, il permet néanmoins d'intégrer diverses notions, telle la loyauté des provinces. Il ne s'agit pas d'un système diplomatique à part entière, mais plus d’un niveau supplémentaire de profondeur intervenant surtout dans certains scénarios.
En plus d’un didacticiel, le jeu comporte une dizaine de scénarii d’une durée allant de quelques mois à quelques années, qui peuvent être joués au maximum à deux par courrier électronique (PBEM). En solo, Birth of America comporte quatre niveaux de difficulté ainsi que trois niveaux d’agressivité pour l’IA, en plus de diverses options relatives aux mécanismes du programme. Coté configuration requise, Birth of America demande au minimum un processeur à 1.2 Ghz, 1 Go d'espace disque et 384 Mo de Ram, mais sera plus à l'aise sur une configuration matérielle avec un processeur à 1.8 Ghz, 2 Go d'espace disque et 768 Mo de Ram. Soit, en somme, un équipement assez répandu.
Le mot de la fin
Birth of America est un wargame très prometteur, surtout quand on garde à l’esprit qu’il est le premier volet d’une série de jeux historiques, et il devrait plaire à tout les passionnés de vrai stratégie. Il présente un contexte peu souvent couvert dans le domaine du jeu, et s’appuie sur une mécanique à priori fiable. Comme tout jeu un brin complexe, sa prise en main ne sera pas immédiate, mais à première vue, même au niveau du manuel du jeu, il n’y a rien qui freinera quiconque sachant faire preuve d’un peu de patience et de curiosité.