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 TOM'S GAMES > ARTICLES > Interview de Remy Poirson, directeur de la branche Jeux de Micro Application > Partie 6 Imprimer cette page  Faire suivre cette page à un ami  Ajouter JeuxVideoPC.com à vos favoris  Mettre JeuxVideoPC.com en page de démarrage  Accéder à nos flux RSS

VI. La concurrence



On a parlé un peu de la concurrence, mais revenons-y de façon plus approfondie. Quels sont aujourd’hui vos principaux concurrents directs, tant au niveau français qu’au niveau européen ?

Au niveau européen, force est de constater que nos concurrents potentiels sont nos principaux partenaires (de distribution, etc). Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous sommes à la fois concurrents et partenaires ! Donc avant tout partenaire puisque Micro Application n'intervient pas sur ces territoires.

En Angleterre, nous sommes moins avancés, c’est un pays qui nous donne pas mal de fil à retordre. Mais contrairement à l’action et aux "survival-horror", ce n’est pas un très gros marché pour les jeux d’aventure.

Sur le marché français, notre concurrent le plus proche, en terme de taille et de positionnement, est évidemment Focus. Avec quand même une différence par rapport à nous : ils sont éditeurs ou distributeurs, alors que nous ne sommes qu’éditeurs (nous ne distribuons que les produits que nous éditons).
Mais aussi par exemple Atari, lorsqu’ils sortent Fahrenheit : si Dreamfall était sorti au même moment, les deux titres auraient été en concurrence frontale. Mais aussi Ubisoft, puisque Myst concurrence lui aussi des titres comme Paradise ou Dreamfall. Certes, Myst appartient désormais au passé, mais Ubisoft est par exemple l’éditeur qui commercialise Paradise aux Etats-Unis.


Quelle analyse faites-vous de l’échec de MC2 France ?

Sans vouloir faire le parallèle avec le lancement de notre branche Jeux, je pense qu’il est très difficile, sans être vraiment un acteur de grande taille, de faire de la production en interne, d’intervenir dans le processus de création du jeu. Producteur et Editeur / Distributeur sont vraiment deux métiers complètement différents.

Je ne sais pas si c’était la source du problème dans le cas de MC2 France, mais je pense que c’est de toute façon très difficile. Il faut en effet avoir une taille critique pour pouvoir complètement compartimenter ces deux activités différentes, ce qu’Ubisoft par exemple fait très bien.

D’autant plus que peuvent apparaître des conflits d’intérêts et des problèmes de cannibalisation interne si l’entreprise fait en même temps de l’acquisition de titre comme 3rd party, poussant par exemple à éviter volontairement de trop pousser un titre acquis en tant que 3rd party, afin de ne pas marcher sur les plates-bandes de ses productions internes, plus lourdes en terme d’investissement mais pas forcément plus rentables.


Votre réaction face au rachat de SG Diffusion par Koch Media ?

Je trouve ça plutôt bien. Les dirigeants de SG Diffusion ont dû faire une bonne affaire. Il n'y a rien de choquant à revendre la boîte qu’on a monté.

Pour moi, cela n’a rien non plus de surprenant de voir Koch arriver sur le marché français, puisque ces dirigeants n’en faisaient pas mystère. l’avaient toujours voulu. De leur point de vue, il était très probablement moins coûteux de racheter SG que de partir de zéro et de monter une filiale française. Moins cher et moins risqué. D’autant plus qu’ils récupèrent ainsi des gens d’expérience et des belles licenses, qui tournent plutôt bien.


Koch Media vous fait-il peur ?

Bien sûr. Ce n’est plus SG Diffusion, c’est Koch Media. Avec, derrière, une capacité d’acquisition à l’échelle européenne voire mondiale.


Que vous inspire l’évolution de Nobilis ces derniers mois / années ?

C’est encore un autre business, avec d’autres problématiques. Je trouve qu’ils se débrouillent bien, mais une de leurs grandes problématiques doit être l’acquisition massive de produits, pour acquérir une surface financière suffisante. C’est une autre logique.


Vous n’avez pas parlé de Mindscape parmi vos concurrents. Pourtant, ils ont un profil assez proche de celui de Micro Application, non ?

Oui, c’est clairement notre concurrent direct . Mais Mindscape est plus un concurrent de Micro Application à part entière qu’un concurrent de l’activité Jeux. Cela dit, sur le seul jeu, nous n’avons pas les mêmes problématiques. Reste qu’il ne faut jamais sous-estimer les concurrents, surtout quand ils ont des moyens et qu’ils se débrouillent bien. Pour finir, on peut souligner qu'un marché concurrentiel est un marché qui se porte bien.


Quel avenir pour un acteur de l’édition / distribution de jeux qui ne serait présent que sur le marché français ?

Il faut un horizon européen. Il n’y a pas d’autre avenir. Il est vraiment indispensable de trouver des débouchés en Europe, que ce soit par des filiales ou par des partenariats. Un territoire n’est pas un horizon dans le jeu vidéo. C’est toujours le même problème : les développeurs n’ont pas les structures et le temps requis pour aller négocier territoire par territoire l’édition de leurs titres.




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