Bon. Pompeux pour pompeux, le sous-titre du troisième opus de la série TOCA (Touring Car), appelé DTM dans toute la partie du monde qui n’est pas reprise dans l’hexagone, Ultimate Racing Simulation, veut sans doute faire référence à la diversité offerte par la série depuis qu’elle s’appelle Race Driver.
Reprenons donc depuis le début. Codemasters a débuté avec TOCA, premier du nom. Un jeu qui permettait de se frotter aux ténors des courses de tourisme sur circuit. Sorti en 1999,TOCA 2 était la remise au goût du jour de ce jeu, avec un moteur plus alléchant.
La série Race Driver proposait quant à elle d’incarner un personnage dont la carrière de pilote allait passer par différentes catégories, de la monoplace aux prototypes. Dans le deuxième volet, sorti en 2004, plus d’épreuves étaient offertes aux joueurs débridés, avec un moteur encore nettement amélioré : le rallye, la course sur glace et de nombreuses autres surprises venaient agrémenter le mode carrière. Il était bien entendu possible de profiter de toutes ces merveilles lors de parties indépendantes, mais seul le mode carrière permettait de débloquer voitures, compétitions et circuits.
Et voilà que se profile le troisième volet de la série Race Driver. Tout feu, tout flamme, avec encore plus de compétitions, encore plus de voitures modélisées et encore plus de réalisme. Jusqu’à présent, le réalisme n’était d’ailleurs pas le point fort de la série, sauf à ses tous débuts. Le mode de conduite étant plutôt orienté vers l’arcade, il était tout de même possible de régler quelques petites choses sur la voiture… Du moins dans Race Driver 1. Il ne vous était pas possible par exemple de vous qualifier en mode carrière, ce qui rendait les épreuves assez aléatoires. Pour autant, le jeu en valait la chandelle ! Imaginez : monoplace, rallye, course sur glace, course de camions, de pick-up, sur ovale, tout-terrain, tourisme, courses urbaines… Le tout en un seul jeu ? Voilà qui est en effet ce que l’on est en droit d’appeler un concept porteur. Avec toutefois la difficulté en mode Carrière qui consiste à s’habituer très vite aux nouveaux véhicules, car il n’y a pas de période d’apprentissage ! Or, chaque voiture se conduit bien entendu de façon différente, avec des distances de freinage, des angles de braquage et des sensibilités des commandes parfois diamétralement opposées…
Bref, assez parlé du passé. Voici venir TOCA Race Driver 3. Bien entendu, il ne s’agit encore que d’une version preview et celle-ci doit encore être retravaillée, notamment au niveau de certaines textures, absentes, des animations et probablement à tous les niveaux, en fait. Mais pour l’heure, on peut déjà savourer bien des avantages du jeu. Les nouvelles compétitions sont nombreuses, des buggies sur ovale au karting en passant par la Formule 1, on a de quoi voir venir, une nouvelle fois. Le début du mode carrière vous place dans la peau d’un débutant à qui l’on doit tout apprendre : trajectoire, dépassements… Comme de coutume, un vieux papy va vous faire profiter de son expérience et de ses précieux conseils. A charge pour vous de les respecter en course. Et aux essais, car il vous sera désormais possible de vous qualifier. Selon le niveau de difficulté choisi, ce sera plus ou moins facile, évidemment, ce niveau influant sur la vitesse de vos concurrents.
La maniabilité des bolides dépend bien sûr du type de véhicule choisi. Il vous sera souvent proposé de faire un choix entre différentes compétitions. Des objectifs spécifiques vous seront alors proposés, comme terminer parmi les six premiers, remporter au moins une course… Bien entendu, plus vous avancerez dans le jeu, plus ces objectifs seront contraignants. Globalement, il s’agit toujours d’un style de conduite plus proche de l’arcade, puisque vous pouvez profiter, par endroits, de raccourcis en coupant à travers la pelouse, que votre tenue de route respecte uniquement les lois de base de la conduite (ralentissez à l’approche des tournants et n’accélérez qu’une fois votre trajectoire assurée à l’intérieur de ceux-ci)… Mais même les grands fanatiques de sports mécaniques devraient y trouver leur compte, car l’apprentissage d’un nouveau style de conduite suffit à lui seul, à chaque nouvelle compétition, à la peine du joueur. Surtout que les réflexes et donc les (mauvaises) habitudes sont faciles à prendre et difficiles à abandonner.
La succession des épreuves ne vous permettra jamais réellement de profiter d’un style précis, et c’est peut-être ça qui est dommage. Souvent, vous ne roulerez que deux ou trois courses dans une catégorie avant de passer à une autre. Certes, cela permet de piloter un peu tout et n’importe quoi, alors que si vous étiez engagé dans un championnat de seize courses réparties sur un an, les possibilités d’aller voir ailleurs seraient naturellement réduites. Et puis, après tout, rien ne vous empêche de revenir à vos bolides préférés en dehors du mode Carrière.
Le jeu sera toujours entrecoupé de séquences cinématiques en mode Carrière, mais quelques petits détails, peut-être encore à régler, viennent gêner un peu ce même mode. A chaque fois que vous piloterez un nouveau véhicule, votre casque changera de couleur… On sait que les pilotes sont très attachés au design de leur heaume, et on se doute que cela peut nuire à l’immersion du puriste. Il aurait même été de très bon aloi, par exemple, de permettre aux joueurs de se créer leur propre design. Simple détail ? A vous d’en juger.
Pour le reste, le moteur de jeu semble excellent et affiche des textures de grande qualité. Les effets sont très réussis et les casses mécaniques, surchauffes, explosions de pneumatiques ainsi que collisions semblent très bien gérées. Petit souci cependant : à quelques reprises, l’IA des adversaires n’a pas paru très convaincante. Ainsi, en effectuant quelques tours de circuit en sens inverse, votre serviteur a réussi a immobiliser toutes les voitures jouées par l’ordinateur en file indienne, simplement en bloquant la première. Aucune n’a semble pensé à dépasser celle qui la précédait. Cela aussi, sans doute, doit encore être réglé.
Au final, TOCA 3 semble promis à un très bel avenir. Que ses fidèles soient rassurés,Codemasters semble encore en passe de nous pondre un joli bijou.