Ankh est un jeu dans la lignée des classiques de Lucas Arts avec des graphismes dignes d’une bande-dessinée, un humour omniprésent (à la fois très percutant et ironique) et une galerie de personnages plus loufoques les uns que les autres. Rien d’étonnant à cet héritage, puisque les développeurs allemands de Deck 13 ont reçu l’aide de Telltale Games, des anciens de chez Lucas Arts.
Dès la cinématique d’introduction on est totalement familier avec l’univers d’Ankh. Il n’est pas sans rappeler la fameuse saga des Monkey Island, d'ailleurs les développeurs y font référence lors d’un dialogue parlant d’un personnage dont le nom s’apparenterait presque à celui de Guybrush Threepwood, héros des Monkey Island.
Ankh n’a pas à rougir de la comparaison avec ses aînés sur leurs caractéristiques communes.
Ainsi le mélange d’humour pertinent et de graphismes colorés, nous séduit assez rapidement. Ces derniers sont non seulement attrayants et chatoyants mais également de bonne facture. L’humour dynamise et met en valeurs les dialogues ainsi que les personnages du jeu, mais il est également au cœur de l’aventure et des énigmes à résoudre. Si vous devez notamment attirer des chats vers une boulette de poisson pour faire diversion, et tout plein d’autres actions farfelues, cela reste heureusement logique et trouvable.
Le jeu est apparemment assez accessible mais la simplicité du soft pourra peut-être rebuter les inconditionnels du genre qui viendront sans doute assez vite à bout de Ankh. Le jeu étant sorti dans son pays d’origine, à savoir l’Allemagne, on sait que la durée de vie serait inférieur à 10 heures pour un joueur confirmé.
L’interface est classique mais non moins bien pensée. On s’y familiarise très vite et c'est d'autant plus agréable.
Les personnages, quelle que soit leur importance dans le jeu, sont attachants et plutôt charismatiques. Vous pourrez croiser des assassins polis ou maladroits, des gardes pas si téméraires et imperturbables qu’ils en ont l’air, le pharaon dont sa puissance n’a d’égal que son incompétence, mais aussi une vieille dame crédule, et encore de nombreux personnages du même acabit.
Il est intéressant de constater, au delà du côté burlesque de tous ces personnages, comment les développeurs se sont amusés du manichéisme souvent récurant dans ce genre d’histoire (qu’il s’agisse ou non d’ailleurs de jeux vidéo) notamment en rendant aimables la plupart des "méchants" de l'histoire.
Ce capital sympathie des personnages renforce l’immersion du joueur presque davantage apparemment que le scénario lui même.
L’univers sonore n’est pas déplaisant. Il est ainsi rassurant de constater que les musiques collent tout à fait avec l’univers du jeu, tant sur le fond que de la forme. Nous ne nous sentons donc pas du tout dépaysés, tout au contraire.
Il en est de même pour les voix, qui sont non seulement très honorables mais surtout homogènes. Les personnages secondaires voire même figurants sont aussi bien doublés que les personnages principaux.
Tous ces éléments mis bout à bout font de Ankh un jeu plus prometteur qu’il n’aurait pu paraître à prime abord, sans pour autant révolutionner le genre.
S'il est encore préférable de garder un jugement définitif, cette version nous permet malgré tout de nous faire un avis assez précis sur le résultat final. D’autant plus que le jeu est déjà sorti en Allemagne, où il a assez bien été accueilli. Cependant, amateurs de Myst-like uniquement, n’attendez pas de Ankh qu’il vous réserve de nombreux puzzles d’une difficulté suffisamment élevée pour solliciter vos méninges.
En effet Ankh est un "point and click" pur jus, donc bien éloigné Myst ou d’un Rhem.
Les jeux héritant de l’humour et de la fraîcheur des classiques d’antan se faisant de plus en plus rares, il serait dommage de passer à côté de celui ci, dont la sortie est prévue pour le début d’année prochaine, soit juste avant son principal concurrent Runaway 2.