Il est toujours étonnant de constater que des sports a priori peu médiatisés trouvent leur place dans le petit monde de la simulation sur PC. Il est vrai que la voile, ce n’est pas la formule 1, ni le tennis ou le basket et encore moins le football. Pourtant, à la lecture du « quatre » derrière « Virtual Skipper », on se dit que le tout doit se vendre et compter sur de fervents admirateurs. Ainsi, Nadéo nous propose la quatrième édition de son simulateur de voile, Virtual Skipper. Au programme, bien entendu, il vous sera loisible de naviguer au fil de l’eau sur différents plans d’eau et à bord de différents navires. Mais nous reviendrons là-dessus.
La première chose qu’il est donné de voir dans cette version preview du jeu, c’est le côté graphique. Avant de s’intéresser aux commandes et à la manoeuvrabilité de l’engin, on prend déjà une grosse claque. Le rendu aquatique est de toute beauté, mais c’était déjà le cas dans l’opus précédent. Le ciel est magnifique et l’on constate l’apparition de nuages volumétriques, qui se meuvent dans le ciel au gré du vent et jouent avec la source de lumière (le soleil, vous savez… Ou encore la lune) comme dans la réalité. Par contre, les décors ne sont pas tous de première fraîcheur et jurent un peu avec la qualité de la texture maritime.

Avant de pouvoir sortir le grand jeu et porter une casquette à ancre comme le capitaine Haddock, il vous faudra faire vos preuves en relevant une série de défis dans le didacticiel. Il s’agira de suivre un parcours en un temps limité avec de plus en plus d’éléments à gérer. Et c’est là que l’on se dit : « mais comment fait-on, ça doit être bougrement compliqué, tout ça, j’ai jamais tenu une barre de ma vie, moi et… ». Mais taisez-vous donc, à la fin. On va tout vous expliquer. C’est, en fait, relativement intuitif. Si bien que ce jeu en apparence élitiste est en fait un jeu tout public.
Puisqu’il s’agit de voile, il va falloir faire des vents vos amis. Bon. Quarante rugissants à la table pour dîner, ça fait beaucoup, certes. Mais contentez-vous d’aller jouer dehors. Pour déplacer le bateau, il faut donc prendre le vent. Une petite flèche indique d’ailleurs le sens de celui-ci et sa couleur varie en fonction de son influence sur votre voile. Si elle est verte, vous profitez au maximum de son souffle. Si elle est rouge, il vient de face et vous n’en profitez pas. Bleu étant la couleur intermédiaire.

Pour virer de bord, les touches directionnelles suffisent, mais pour maintenir votre cap, il faut appuyer sur la flèche « bas ». Il existe encore quelques touches pour gérer la voilure, et voilà. Le tour est joué. Dans la version complète du jeu, il sera possible de participer à des compétitions réelles, aussi bien en campagne solo qu’en réseau, dans différents décors. Six nouveaux environnements sont d’ailleurs disponibles dans cette dernière version. Mais aussi de créer votre propre parcours à l’aide d’un éditeur fort complet dont la simplicité frôle le déraisonnable.
Bon. Voilà pour les louanges. Ouvrons le livre des doléances. Tout d’abord, à moins d’être skipper dans la réalité (et en quel cas préférerez-vous sans doute les vraies sensations plutôt que d’être spectateur virtuel de votre sortie en mer) ou de nourrir un amour profond pour les bateaux, vous risquez de trouver que ce jeu manque cruellement d’intérêt. D’un autre côté, on ne peut pas blâmer les éditeurs lorsqu’ils nous sortent autre chose que des histoires de tuerie, de gros sous ou de délinquance. Graphiquement, si la mer et le ciel sont de toute beauté, le bateau pourrait être mieux texturé, comme les voiles, immobiles dans le vent, et les abords des plages.

Vos petits personnages, en vue rapprochée, sont curieusement animés : ils ne tournent pas la barre quand vous tournez, par exemple. Les plages ressemblent à de curieux récifs galbés sur lesquels il est impossible de monter. Vous les percuterez avec le même bruit et le même effet qu’une bouée ou qu’un rocher. Bon, le jeu ne prévoit pas que vous vous échouiez, mais tout de même. C’est une simulation oui ou non ? Dans la version preview, en tous les cas, il ne semble pas que le bateau puisse subir des dommages. Dommage, justement.
L’ambiance sonore est quand à elle irréprochable. Si les musiques que l’on entend dans les menus sont vaporeuses et sans intérêt, le bruit des flots, du vent, de la voilure vous plonge directement dans l’atmosphère du jeu. Si vous êtes fans de ce sport, foncez tête baissée. Mais attendez tout de même notre test. Si pas, vous pouvez toujours vous en servir comme d’un économiseur d’écran perfectionné. C’est nettement plus joli.
* Samuel Taylor Coleridge (1798-1834): "Rime of the ancient mariner".