Bon, les enfants… Ouvrez votre manuel d’histoire à la page 112. Leçon du jour : la deuxième Guerre Mondiale. Thomas… Peux-tu me définir Blitzkrieg ? Quoi ? Mais non, Thomas. Blitzkrieg n’est pas un jeu de stratégie sorti en 2003. En 1940, les Allemands ont lancé une « guerre éclair », ou blitzkrieg contre la Belgique et les Pays-Bas. Le but ? Faire tomber les défenses de la France et tromper la vigilance des Britanniques qui s’attendaient à une guerre défensive comme en 1914. Quoi ? Que veux-tu encore, Thomas ?
Mais m’sieur ! Blitzkrieg, c’est aussi un jeu de stratégie consacré à la deuxième Guerre, sorti en 2003 et réservé à un public féru de simulation militaire. Parce que c’était pas facile, m’sieur. Et plutôt austère graphiquement avec de la 2D. De qualité oui, mais de la 2D quand même. Mais il y a aussi Blitzkrieg 2, m’sieur. Si si. Même qu’il va sortir bientôt. Mais là, même vous vous pourrez jouer, parce que ce sera nettement plus abordable. Et le tout en 3D en plus.
Bon. Laissons là le petit Thomas et son professeur hors du coup. Comme chacun sait, les Allemands avaient eu la vision d’un jeu qui sortirait en 2003 pour baptiser leur campagne militaire. Il faut dire que le premier Blitzkrieg a connu son petit succès, principalement auprès d’une communauté de joueurs qui a su exploiter le jeu via des mods et des scénarios édités. Le miroir du succès n’est-il pas précisément l’intérêt suscité auprès des joueurs qui s’approprient le jeu ?
Pour ce nouvel épisode, toutefois, un tournant radical semble avoir été pris. Là où seuls les stratèges survivaient, les néophytes auront désormais droit de cité. Aux niveaux les plus faciles, ce jeu de stratégie ne devrait pas poser de problème aux joueurs les moins prudents. Facile à prendre en main, dépourvu de tout système de gestion de ressources ou de construction de bâtiments, Blitz 2 n’en est pas pour autant un pousse-pion. Loin s’en faut. En fait, le seul élément de gestion qui subsiste réside dans l’utilisation des renforts. Pour chaque mission, vous disposez d’un nombre limité de renforts, que vous pouvez appeler à n’importe quel moment : infanterie, blindés, soutien aérien. A vous d’en user avec intelligence et de ne pas gaspiller vos cartouches avant d’en avoir vraiment besoin.

Tout commence par le choix d’une nation. Allemagne, Etats-Unis et URSS. Dans la preview, chaque camp a droit à une intro personnalisée, mais il aurait été intéressant de doubler les commentaires d’époque, car tout le monde ne parle pas russe. Le jeu se répartit en trois campagnes distinctes, donc, et 68 missions. Des missions assez variées puisqu’elles passeront en revue la plupart des poncifs du genre : escorte, secours, discrétion, attaques ciblées ou massives, défense d’objectifs…
Bien entendu, le choix d’une nation donne accès à des unités différentes, cela va de soi. Les véhicules et troupes sont fidèles à la réalité et nombreux dans leur diversité. On dénombre en effet plus de 250 véhicules et 60 modèles d’infanterie. Ces unités gagneront en expérience si vous réussissez à les préserver et à les rendre victorieuses. Car dans ce jeu, la campagne prend tout son sens. Vos armées peuvent en effet revenir de missions en mission selon l’évolution de la situation sur la carte du monde.
C’est l’une des nouveautés du jeu : le joueur peut choisir ses missions sur la carte et faire évoluer la ligne de front grâce à ses succès. Il peut donc choisir l’ordre dans lequel il relèvera les défis proposés par les scénaristes. Impossible, toutefois, de faire reculer le front par des défaites, car les missions échouées peuvent être recommencées jusqu’au succès final. Outre le mode campagne, le jeu propose bien évidemment un mode multi, qui ravira les adeptes de la création de maps et de mods via les outils intégrés. Par contre, la version preview ne comportait pas de mode escarmouche, ce qui est un peu gênant.

Les cartes et le théâtre des opérations seront variés, car l’action se situera aussi bien en Europe qu’en Afrique ou dans les îles du Pacifique. Campagnes verdoyantes ou enneigées, déserts de sable, jungles tropicales… Vous en aurez, du chemin à faire pour vous défaire de l’ennemi ! Mais ce n’est pas non plus parce que Blitzkrieg 2 vise désormais un public plus large que les vrais stratèges doivent lui tourner le dos. Dans les niveaux de difficulté les plus élevés, le jeu reprend tout son sel et il faudra faire preuve d’un sens tactique irréprochable pour déjouer les pièges de l’adversaire.
En bref, Blitzkrieg 2 semble promis à un bel avenir si toutefois l’absence du mode escarmouche est corrigée. Joli, aisé à prendre en main mais exigeant au niveau de difficulté élevé, varié dans ses décors et ses missions, ses camps et ses unités, calibré pour la communauté en ligne sans délaisser le joueur solo, on ne lui voit que des qualités, pour l’heure.