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Présentation Alt-Minds

Il y à quelques années de cela, en 2003 très précisément, sortait In Memoriam. Relativement classique sur le fond, avec son histoire de serial killer à tendance ésotérique, c'est par sa forme que ce jeu surprenait. Il y était en effet possible de chercher diverses informations sur internet, grâce à un ensemble de vrais faux sites et articles (y comprit sur des sites reconnus, comme Libération) mis en place par les équipes du jeu. Véritable réussite critique, In Memoriam proposait une expérience immersive unique en son genre. Dix années plus tard, son créateur, Eric Viennot, s'apprête à aller encore plus loin avec son nouveau « jeu » : Alt-Minds...

Les Experts : Melun

 

C'est ainsi que hier matin, nous avons été convié à découvrir ce tout nouveau projet dans les locaux de la section R&D d'Orange à Paris. Pourquoi chez Orange ? Et bien tout simplement parce que Alt-Minds est le fruit de la collaboration entre Lexis Numérique (le studio d'Eric Viennot), et l'opérateur téléphonique. Si cette association peut sembler étrange au premier abord, surtout lorsque l'on parle de jeu vidéo, elle trouve sa justification dans les mécanismes même du jeu. Mais nous y reviendrons plus tard. Pour l'heure, tâchons d'expliquer le principe d'Alt-Minds, ce qui n'est pas une sinécure, loin s'en faut. Car Alt-Minds est loin d'être un jeu conventionnel. Ici, pas d'avatar, pas de quêtes, pas de gameplay particulier. Le joueur n'est ici rien de plus que lui-même, et joue au jeu sans le filtre d'une persona virtuelle. Point de départ du jeu, la disparition d'un groupe de scientifiques. Commissionnés par une bien mystérieuse fondation pour faire des recherches tout aussi mystérieuses, leur probable enlèvement semble ne pas émouvoir les forces de l'ordre, dont l'enquête est au point mort depuis un petit moment. Afin d'accélérer le mouvement, la fondation a décidé de mettre en place deux équipes d'investigateurs chevronnés, capable de remonter et d'étudier toutes les pistes possibles et imaginables. Toujours pour augmenter ses chances de réussites, la fondation a eut la riche idée de rendre publique toute l'affaire, et de solliciter l'aide des internautes du monde entier pour soutenir et aider ses enquêteurs. Et c'est là que le joueur intervient.


Car la fondation à mis à la disposition de ces internautes une application spéciale permettant de suivre en temps réel la progression de l'enquête. Cette application est le cœur de jeu, car elle sert d'interface entre la réalité et la fiction. Après y avoir accédé depuis son navigateur internet, sa tablette ou son smartphone, le joueur pourra suivre les dernières avancées des enquêteurs. Rapports, documents scannés ou photographiés, vidéos, bref, tout un arsenal d'indices à exploiter. Car l'application bénéficiera de petits gadgets forts utiles, comme l'amélioration de la qualité d'une image ou la reconnaissance de textes, afin de permettre de se la jouer comme les experts. Mais cela va plus loin, car cette application sert aussi, en quelques sorte, de HUD du jeu. Il y sera entre autre possible de consulter ses points d'expérience (même si la finalité et la mise en œuvre de ce système demeure assez flou à l'heure actuelle), ou encore de dialoguer avec ses amis dans le jeu, joueurs ou PNJ crées pour l'occasion, et animés par des membres du staff. Et c'est précisément par cette application que le partenariat avec Orange s'explique. En effet, c'est l'entité transmedia de la firme qui est venu soutenir Lexis Numérique, et qui a mis son savoir faire au service de Viennot. Car cette application, en sus permettre de suivre le jeu, permet aussi de faire le lien avec la montagne d'informations crées pour l'occasion, et disséminées un peu partout sur la toile. Profils Facebook, sites internet, vrais faux articles sur des sites partenaires (secrets), vidéos, bref, c'est tout un arsenal de document qui sera à la disposition de ceux qui souhaiteront creuser le sujet.


En dehors de cette interactivité très forte, et de cette intrication constante du réel et de la fiction, un autre point très important est à souligner : le jeu se déroule en temps réel. L'aventure narrée par Alt-Minds, commencera dès la sortie du jeu, et se déroulera sur huit semaines complètes. Chaque jour dans le jeu, correspondra à un jour "chez nous", et l'on pourra suivre à la minute près la progression des investigateurs de la fondation. A ce titre, à la fin de chaque jour (et après le boulot par commodité), les enquêteurs feront leur rapport, et proposerons des missions aux internautes. Il faudra par exemple découvrir l'identité d'un mystérieux personnage, trouver comment pirater une boîte mail, ou encore décortiquer un document pour en trouver la substantifique moelle. Si ces missions sont facultatives, et ne pénalisent pas les joueurs, elles permettent de renforcer encore plus l'immersion, car il sera alors possible, lorsque les joueurs auront découvert des éléments nouveaux, échafaudé des théories nouvelles et documentées, que les personnages interviennent directement auprès d'eux, par email ou par SMS, voire même, IRL.


Ambitieux, novateur, Alt-Minds l'est assurément. Avec sa manière ingénieuse de brouiller les frontières entre le jeu et la réalité, il inaugure un pan du jeu vidéo encore relativement peu exploré. Bien évidemment, certains esprits chagrins pourront dire que ce n'est pas tout à fait du jeu vidéo, et que tel le premier Heavy Rain venu, ce titre tire plus vers le film interactif qu'autre chose. Sauf qu'ici, le joueur est aussi acteur du jeu en son nom propre, ce qui fait toute la différence. En somme, Alt-Minds s'avère très prometteur. Mais gare à ne pas s'emballer trop vite, car aussi alléchant soit-il sur le papier, les écueils à éviter pour ce type de jeu sont grands. Attendons donc la suite des événements avant de nous extasier totalement. Rendez-vous donc en novembre prochain pour découvrir cette aventure qui, rappelons-le, devrait durer pas loin de huit semaines.


Par Kevin-J, le 29 juin 2012