Marier le genre du STR et du MMO n’est pas chose aisée. Jusqu’à présent les quelques titres qui se sont aventurés sur ce terrain glissant n’ont, au mieux, pas réussi à convaincre, au pire, se sont révélés comme de sombre bouses. Alors quand Microsoft annonce d’une part que sa franchise culte revient et qu’en plus c’est un MMOSTR gratuit, il y a de quoi se poser des questions. Premières impressions sur ce mystérieux Age of Empires Online.
World of Age of Empires
Pour ceux qui ne la savent pas encore, Age of Empires Online est désormais passé en bêta ouverte depuis samedi dernier. Nous n’avons pas posé nos paluches sur cette nouvelle version, nous avons essentiellement passé du temps sur l’ancienne bêta qui a fermé la semaine dernière et qui proposait un contenu un peu plus maigre. Les Grecs étaient en effet uniquement jouables, en attendant l’arrivée des Egyptiens, des Lybiens, des Nubiens et des Troyens. Quoi qu’il en soit, les Grecs possèdent une petite histoire sans importance, que l’on découvre en acceptant des quêtes des habitants de sa ville.
Car, oui, Age of Empires Online vous propose de réaliser des quêtes comme tout bon MMO qui se respecte. En fait le jeu se divise en deux parties bien distinctes : la capitale et les missions. Lorsqu’on lance AoE Online pour la première fois, le jeu va nous demander de donner un nom à sa capitale. Cette cité, c’est un peu l’équivalent de l’avatar dans un MMO. Elle contient des donneurs de quêtes/missions, mais aussi des bâtiments qui concentrent les caractéristiques de sa cité. Le palace permet d’accéder à l’arbre de compétences (qui correspond en fait à l’arbre technologique traditionnel de la série avec des âges et des upgrades d’unités), des boutiques sont présentes pour acheter des matières premières, le hall des conseillers est présent pour utiliser des cartes de buff et les ateliers de craft permettent de fabriquer du matériel pour ses soldats. Pour être franc, la capitale est un lieu où l’on passe assez peu de temps. Les interactions sont relativement limitées (on remplit son arbre de compétences, on lance ses crafts, on équipe ses soldats et puis c’est tout) et les objets décoratifs sont trop chers pour qu’on s’y intéresse avant d’être à haut niveau. De fait, la gestion de cette capitale est encore trop sommaire pour avoir un véritable intérêt. On peut bien visiter la ville des autres joueurs pour acheter du matériel et des matières premières, mais rien de plus excitant.
Patriotis !
Qu’importe, puisque l’essentiel du gameplay de AoE Online n’est pas ici. On le disait quelques paragraphes plus haut, il existe bien une petite histoire. La puissance des Grecs est menacée et il faut y remédier par les armes. Des donneurs de quêtes présents dans la capitale sont là pour vous l’expliquer (par l’intermédiaire de pavés de texte qu’on passe rapidement). En fait de quêtes, il s’agit plutôt de missions typiques d’un STR. Une fois la quête acceptée, la mission se lance et on se retrouve alors sur une carte avec ses paysans qui récoltent des ressources, des bâtiments à construire et des armées à lever. La petite particularité, c’est que les unités et bâtiments que l’on produit dépendent du niveau du joueur. Les premières missions se déroulent toutes au premier âge (de pierre), tandis que passé le niveau 5 on a accès au deuxième âge, au niveau 10 au troisième, et au niveau 20 au quatrième. Les unités et bâtiments disponibles dans les missions dépendant alors de ce que l’on a débloqué dans l’arbre de compétences de sa capitale. Les missions ne demandent pas d’affronter d’autres joueurs, mais plutôt d’affronter une IA et de remplir des objectifs. Détruire tel bâtiment, survivre 10 minutes, escorter une unité héroïque, atteindre le deuxième âge en moins de 10 minutes, etc, etc. Certaines missions sont uniquement solo, tandis que d’autres peuvent être jouées avec un allié humain. Le problème actuellement, c’est qu’il n’existe aucun système de matchmaking. Il faut obligatoirement passer par le chat de recherche de partie et trouver quelqu’un qui accepte de se joindre à vous. Les développeurs nous ont affirmé qu’un système de matchmaking automatique sera bientôt mis en place. Et si cette communauté s’avère franchement sympathique (les joueurs de haut-niveau sont toujours prêt à aider les petits nouveaux), elle est dans l’ensemble plus anglophone que francophone.
Si les premières missions didacticielles ne sont pas franchement trépidantes, les suivantes ne le sont pas beaucoup plus. Trop faciles dans les premiers niveaux, répétitives, et manquant cruellement de rythme, elles ont toutefois le mérite de se boucler relativement rapidement (une mission dure rarement plus de 20 minutes). On remarquera aussi que le gameplay a été légèrement simplifié pour permettre aux petits nouveaux de s’y retrouver. Les fermes ne demandent plus d’entretien et sont devenues des réserves de nourriture inépuisable. De même toutes les cartes du jeu font en sorte de faire spawner le joueur près d’un point de ressource. Seul le PvP déroge à la règle avec des cartes générées aléatoirement, comme le veut la série. Non, ce qui motive le joueur, c’est surtout le fait qu’à la clé se trouve de l’expérience pour monter de niveau, mais aussi et surtout des objets spéciaux. Ces derniers permettent d’équiper ses soldats d’objets avec des compétences particulières. A bas niveau on se contente d’un petit gilet qui rajoute 5% de vie en plus à l’unité créée, tandis que les items de haut niveau permettent de régénérer leur vie, d’augmenter sensiblement les dommages, de courir plus vite, etc. Et évidemment, ces objets, on les conserve dans les matchs de PvP (en 1v1 ou 2v2). Il semble d’ailleurs qu’une fois le niveau maximum atteint (20), le PvP soit la seule chose qui reste à faire avec la collecte d’objets épiques de haut niveau. A bas niveau, pour le moment, on vous déconseillera de vous y aventurer. Le matchmaking fonctionne assez mal et il n’est pas rare de se retrouver face à des joueurs ayant quelques niveaux de plus que le joueur, ce qui lui confère un avantage technologique beaucoup trop fort. On espère que ces petites choses seront corrigées d’ici la fin de la bêta ouverte.
























