Wake up Alan…
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| | L'arrivée à Bright Falls par le ferry, le tout en temps réel s'il vous plaît |
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Alan Wake est un titre à l’ambiance très particulière. Lourde, pesante, particulièrement oppressante, elle structure véritablement le jeu dans son ensemble. Et cela commence dès les premiers instants du jeu, lors du tutorial, dans lequel la voix d’Alan nous conte l’une de ses errances onirique. Installé au volant d’une voiture, de nuit, il parcourt à toute vitesse une route sinueuse. Autour de lui, les arbres peinent à laisser filtrer la pâle lumière d’une lune gibbeuse. Ancré au plus profond de lui demeure un besoin urgent de rejoindre la lueur d’un phare qui luit à l’horizon. Au détour d’un virage, dans un moment d’inattention, il heurte un homme qui choit alors sans vie sur le sol. Commence alors une véritable descente aux enfers, avec comme pire ennemi les ombres nocturnes, s’incarnant parfois en un être inquiétant proférant menaces et sentences de mort à l’encontre de notre pauvre héro. La fuite devient alors traque, la moindre parcelle d’obscurité renfermant potentiellement une menace sans nom. La lumière demeure alors son seul salut, lui prodiguant même des conseils dans un échange surréaliste. Cette course contre la mort se termine par le réveil d’Alan au son de la voix de sa femme, lui annonçant leur arrivée dans la petite ville de Bright Falls, lieu qu’ils ont choisi pour se retirer quelque temps du monde moderne.
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| | La maison au bord du lac, un havre de paix qui va bientôt se transformer en enfer pour Alan et sa femme |
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Ce besoin d’isolation découle directement de l’incapacité d’Alan à écrire. Ecrivain à succès, voilà désormais deux ans que la page blanche est son quotidien. Bright Falls est alors pour lui un refuge, lui permettant d’oublier quelque peu ses déboires professionnels. Mais il est loin de se douter que ce qui s’annonce pour lui comme d’heureuses vacances ne sera en fait qu’une longue et pénible descente dans les méandres de l’indicible. Après avoir rempli les formalités nécessaires à l’occupation de la maison que lui et sa femme ont retenu pour leur séjour, marqué par l’apparition soudaine d’une inquiétante vieille femme tout de noir vêtue, le voilà qui prend possession d’une charmante bicoque sise sur une petit île au bord d’un lac. C’est là que les ennuis commencent. Pour commencer, sa femme a emmenée dans ses bagages une machine à écrire, pensant que le calme des lieux favoriseront l’inspiration du romancier. S’en suit une dispute qui voit Alan sortir furieux dans la nuit, sachant pertinemment que sa femme kénophobe, elle a peur du noir, ne l’y suivra pas. Ce moment de rage ne durera pas bien longtemps, des cris épouvantés de son épouse résonnant soudain dans le noir. Ce n’est qu’une fois de retour dans la chambre où il l’avait abandonné au bord des larmes qu’il l’aperçoit, quelques mètres plus bas, flottant dans les froides eaux du lac. Sans même hésiter un instant, le voilà qui plonge à sa suite… pour se réveiller quelques temps plus tard au volant d’une voiture accidentée, le visage ensanglanté, les pages d’un nouveau roman signé de sa main voletant autour de lui. Les événements étranges ne cessent dès lors de se multiplier, les événements racontés dans son livre se réalisant au fur et à mesure du temps qui passe, certains habitants de Bright Falls succombant à la possession par une étrange force maléfique. La nuit devient alors le temps de tous les dangers, en même temps que la clef du sauvetage de sa bien-aimée.
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| | Les cadrages ainsi que la mise en scène renforcent parfaitement l'ambiance inquiétant du jeu |
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Vous l’aurez comprit, à l’image des précédentes productions de Remedy, Max Payne en tête de liste, Alan Wake repose essentiellement sur l’ambiance et sur sa narration. Chacune des actions d’Alan, aux moments clefs du jeu, est ponctuée par la voix de ce dernier qui nous raconte ce qu’il ressentait à ce moment précis, comme si le jeu auquel nous jouions n’était rien de plus que la restitution d’une aventure passée par la personne qui l’avait vécue. D’autres éléments viennent appuyer cette narration déjà très dense, et notamment au niveau de la mise en scène, qui emprunte beaucoup au cinéma ou aux séries télé. Ainsi, à la reprise d’une partie, un bref résumé des faits précédents vous sera fait, porté par un tonitruant « Previously in Alan Wake ». Cette simple attention implique encore plus le joueur dans le récit, tout en lui donnant la chance de ne pas être perdu à la reprise. Les divers flashbacks et les changements de caméras lors de l’apparition d’éléments impromptus viennent aussi se mettre au service de la narration, ces procédés ultra-dynamiques tendant à prolonger le climat oppressant mis en place par l’histoire. Les bruitages, musiques et doublages venant servir là aussi le propos avec une justesse sans faille, les équipes ayant poussé le vice jusqu’à sélectionner le casting vocal en fonction de leur provenance, afin que les façons de parler et les accents coïncident avec celles des personnages, les rednecks parlant comme des rednecks et Alan s’exprimant avec une véritable parlure New Yorkaise.