Rappelons juste pour les plus jeunes qui auraient le malheur de ne jamais avoir goûté à une partie de Worms 2D entre ami(e)s (il est encore temps de vous rattraper) que cette série propose au joueur de contrôler une équipe de vers de terre complètement allumés dont le but est d’anéantir l’équipe adverses par les moyens les plus débiles et loufoques qu’on ait vu dans un jeu vidéo : lancer de grand-mères, moutons volants, bananes explosives, dragon punch et autres joyeusetés qui n’auraient pas dépareillé chez les Monty Pythons.
En 2002, les développeurs de Team17, à qui on doit la série depuis ses débuts, ont tenté de faire passer leur lombriques à la 3D. Le bien nommé Worms 3D a ouvert le bal d’une manière assez décevante. En effet, les versions en 2D bénéficiaient toutes d’une maniabilité très simple et efficace. Il ne fallait pas plus de 3 parties pour en comprendre les subtilités. Ce simple fait fut pour beaucoup dans le succès du jeu.
Le passage à la 3D était donc très risqué pour l’image de marque de la série, la maniabilité changeant naturellement du tout au tout entre un jeu 2D et 3D. Et celle de Worms 3D était assez catastrophique en comparaison des épisodes précédents. Tous les mouvements ou les attaques de base des Worms prenaient tout à coup une dimension technique inédite jusqu’alors. Le simple fait d’arriver à toucher la cible visée demandait soudainement une minutie de gameplay que les fans de Worms avaient presque oublié.
Cet épisode fut suivi de Worms Forts : Etat de Siege l’année dernière, qui réglait quelques uns des problèmes de Worms 3D. Et voici qu’arrive Worms 4 : Mayhem (en fait le 8ème épisode de la série, sans compter Worms Blast qui était un jeu de réflexion pur) le mois prochain. Après avoir essayé une version du jeu à 80% fini, on peut dire que malgré les efforts des développeurs pour rendre le jeu plus attrayant de version en version, Worms ne retrouvera probablement jamais la folie qui caractérisait les versions 2D. Ceci dit, Worms 4, dans un autre style, n’est pas pour autant inintéressant.

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Outre les améliorations de gameplay dont nous parlerons peu ici, la preview ayant été effectué sur une version non définitive du jeu, on note surtout l’ajout d’un côté customisation (encore du tuning !) qui ne se limite pas à choisir la couleur de votre vers. Même si on peut se dire qu’en incorporant cela au jeu les développeurs n’ont fait que suivre la tendance actuelle qui veut que de plus en plus de jeux proposent des éditeurs de personnages ou autres, il faut bien reconnaître que les gars de Team17 n’y sont pas allé avec le dos de la cuillère.
Ici vous pourrez personnaliser le look de votre équipe (il s’agit de vers de terre, alors ne vous attendez pas non plus a pouvoir choisir la couleur de leurs chaussettes), créer des armes en choisissant leur look, leur puissance et tous les autres éléments qui caractérisent les armes dans Worms. Vous pourrez même créer votre mode de jeu en choisissant toutes les modalités de partie.
Ce mode à lui seul assure théoriquement une durée de vie au soft qui n’a de limite que l’imagination des joueurs (et leur patience à jouer sur les quelques cartes du jeu). Mais pour cela il faudra que ces joueurs passent le stade de la prise en main et contrairement aux premiers Worms, ce n’est pas un jeu que vous pourrez apprendre à vos amis le temps d’une partie.
Pour pallier cela, on a la chance d’avoir à notre disposition un didacticiel assez complet et du coup fastidieux. Pour ceux qui désirent maîtriser à fond le gameplay 3D, les développeurs ont même penser à incorporer un mode Défi qui propose de reprendre quelques armes ou outil du jeu (fusil sniper, jetpack…) et d’apprendre à les maîtriser dans un environnement 3D sous la forme de mini-missions. Donc même si le jeu n’est pas simple d’accès, si vous faites preuves de patience, vous pourrez vous y amuser sans trop de difficultés.
Côté graphisme, la 3D ne va pas trop mal aux Worms, puisqu’elle leur permet d’étendre leur répertoire de grimace de façon assez impressionnante pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques. De plus Team17 nous fait la grâce d’incorporer des animations d’explosions en cell-shading tout à fait réussies. Pour ce qui est du design des niveaux, on a droit à des classiques bien moins originaux que dans les premiers épisodes : Château fort, Plateforme de forage, rue typique du Far-West… Mais on remarque avec plaisir que les décors sont a peu près tous destructibles, ce qui était un des grands points fort des épisodes 2D.
Passons maintenant à ce qui n’as pas changé dans Worms : l’humour. L’adoption de la 3D permet donc aux animateurs de se lâcher franchement. Les missions du mode histoire son précédée de petites scènes cinématique en temps réel assez drôle, mais c’est surtout dans les animations qui se déclenchent pendant les parties qu’on retrouve l’esprit de Worms. Les parachutages de vaches sur l’adversaire prennent tout à coup toute leur dimension. Tout comme le « lancé de gros », une nouvelle attaque aérienne dont la puissance n’a d’égal que la débilité. Ca tombe bien, c’est ce que les fans préfèrent dans Worms.
On notera tout de même quelques problèmes de précision avec la visée dans la version preview. Espérons que ces désagréments soient fixés d’ici la sortie prochaine du jeu.
Les Worms continuent donc leurs aventures en 3D en gagnant un peu plus en accessibilité mais en perdant par là même en spontanéité. Il nous reste à espérer que les développeurs arrivent à leur rendre un jour…