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 TOM'S GAMES >  ARTICLES    >     Preview de Memento Mori
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Les développeurs tchèques à l’origine de Memento Mori peinent à trouver leur style. Leur précédent jeu d’aventure, Evil Days of Luckless John, tentait de renouveler sans trop de succès le plaisir des titres les plus loufoques du vieux Lucasart. Avec Memento Mori, l’équipe s’attaque à un genre à la mode imposant un peu plus de sérieux : le jeu d’investigation. Est-ce que le résultat sera plus convaincant ? Voici quelques éléments de réponse avant la sortie.

Souviens-toi que tu mourras…

 
Le caractériel Colonel et ses cigares

Memento Mori surfe sur la vague Da Vinci Code : enquête sur fond d’œuvres d’art religieuses, mystérieuse société représentée par un moine et complot mondial sont de mises. L’ambiance rappelle fortement le livre et le film, avec une première phase s’étalant largement au sein d’un musée de St-Pétersbourg, dans une Russie aussi contrastée qu’on l’imagine. En début de partie, le joueur prend le contrôle de Larisa Svetlova, jeune russe recrutée en France pour lutter contre les faussaires d’œuvres d’art. Le colérique colonel Ostankovic, ancien employeur en Russie de Lara, lui impose d’intervenir dans une affaire mettant en cause les mérites de ce colonel. Il pue le mensonge et la dissimulation et seule la corruption lui manque pour en faire un parfait gradé russe. Rapidement, l’histoire se tourne vers un autre personnage : Max Durand, un français lui aussi dirigé par le joueur. Il est, tout comme Lara, contraint de mener l’enquête en toute discrétion pour le compte du même colonel. Ce dernier menace en effet Max de le faire pourrir en prison pour son passif de trafiquant. Le début du jeu est d’ailleurs beaucoup plus concentré autour de Max que de Lara. L’histoire – qu’on attendait rythmée et pleine de rebondissements - se tasse très vite. On sent comme une certaine retenue avec des personnages principaux en manque de charisme et des longueurs dans le déroulement de l’intrigue du jeu.

Le scénario se dévoile progressivement durant la quinzaine d’heures de jeu estimée avec des dialogues traduits en français, de bonne facture qui plus est. L’histoire sert un jeu d’aventure en Point and Click élaboré dans les règles de l’art. Le bouton gauche servant à interagir avec les éléments du jeu, il ne faut cependant pas négliger le bouton droit permettant parfois de faire un zoom sur un élément particulier. Il arrive de se retrouver bloqué quelques temps sans penser à ce détail, défaut d’une interface pas très claire sur ce point en l’état actuel. En effet les deux boutons servent à interagir de manière différente, sans véritable logique. Mais attendons tout de même la version finale et les corrections pouvant encore être appliquées. Néanmoins, le jeu ne bloquera pas le joueur habitué au genre de longues heures durant. Car sans rien avoir révolutionné, les développeurs ont tout de même conçu des énigmes logiques et bien ficelées utilisant toutes les technologies modernes : les héros n’hésitent pas en effet à utiliser cellulaires, mails et bases de données pour communiquer ou se renseigner.. A cela s’ajoutent régulièrement des indices ici et là pour attirer l’attention du joueur sur la solution. Quant à l’inventaire, il ne s’encombre pas heureusement de dizaines d’objets et se contente de l’essentiel. L’objet tout juste ramassé dévoilera sans trop de difficulté son utilité.


Carpe Diem !

 
Admirez le rendu de la lumière

Les graphismes ont un aspect anguleux, heureusement que l’exploitation des capacités des cartes graphiques rattrape un peu le coup : lumières, ombres, modélisation des particules telle que les volutes de fumée des cigares du colonel. On retrouve un même endroit dans plusieurs ambiances différentes : le jour et la nuit par exemple. La variété des décors, servie par les nombreux détours scénaristiques dans différents pays d’Europe, est par contre un peu lente à se mettre en place : on reste en Russie dans presque toute la première moitié du jeu. Du coup, on n’a pas vraiment l’impression de voir beaucoup de paysage. Dans les petits défauts énervant, notons que l’ajout d’une correction gamma aurait été bienvenu car l’ambiance devient parfois des plus sombres, et l’on peine à discerner le personnage principal. Au niveau sonore, le jeu est servi par une musique se faisant très discrète mais reste dans le ton des scènes du jeu. Calme durant les périodes creuses et plus intense selon l’action, elle est bien intégrée sans être vraiment originale.


A retenir

 
Et internet fût

Memento Mori pourrait jouer un rôle dans le cœur des fans d’enquêtes. C’est une mécanique bien huilée, presque trop parfaite, à tel point qu’elle sombre dans un trop grand classicisme. On ne peut s’empêcher avec cette preview d’avoir un sentiment de déjà-vu. Malgré tout, on prend tout de même plaisir à avancer, sans trop de frustrations. La progression se fait en effet de manière relativement fluide. Ajoutons que le jeu devrait proposer plusieurs fins différentes selon les actions du joueur. Espérons à ce sujet que ce ne sera pas précipité mais amené par le reste du scénario. Il serait en effet dommage de tout se retaper de la même manière pour voir chacune des conclusions, comme le début du jeu le suggère. On attendra la version définitive pour voir les corrections apportées, en espérant que Memento Mori devienne un vrai challenger aux jeux les plus attendus du genre.


Par Genet, le 21 janvier 2009


 

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