« Guerrilla », voilà un nom qui sied parfaitement aux ambitions d’un développeur. Entre Shellshock, Killzone et Killzone Liberation, autant dire que la dentelle et l’amour du prochain restent des concepts parfaitement étrangers à ce studio hollandais. Et là, ô surprise, leur prochaine production se nomme Killzone 2 et devrait laisser libre court à l’action épileptique, maquillée d’une bonne couche de haute définition. Prévu pour février 2009, exclusivement sur PS3, le titre s’est laissé approcher en profondeur, grâce à une preview comportant six niveaux entièrement jouables.
Un scénario digne des meilleurs pornos ?
|
Je vous vois venir. Non, aucune dame de petite vertu n’offre ses charmes aux soldats de Killzone 2. D’ailleurs, l’ambiance y est 100 % masculine et autant vous dire que les Marines se lâchent dans des dialogues d’une profondeur abyssale. Si cet intertitre un brin racoleur existe, c’est uniquement pour souligner l’aspect « mais on n’écrit pas une histoire avant de passer à l’action ? – Nan, les gens s’en tapent de l’intrigue, ils veulent que ça cartonne le plus vite possible ». Bref, exactement comme dans toute bonne production classée « pour adulte averti ». Car le scénario de Killzone 2 semble tenir sur un timbre-poste plié en huit, et encore, en écrivant gros. A l’instar du premier épisode, les Humains et les Helghasts se foutent sur la tronche et c’est cette fois-ci sur la planète des méchants envahisseurs que l’action prend place. Le but de l’ISA (l’armée terrienne) étant de renverser le chef suprême des Helgast, un improbable mélange entre Dark Vador et Staline. Si l’histoire semble prendre une tournure un chouia plus recherchée lors du sixième chapitre (le dernier disponible dans cette preview), on ne peut vraiment pas dire que c’est grâce au scénario que le joueur sera poussé à progresser dans le jeu.
Si les développeurs ont volontiers sacrifié l’aspect scénaristique de leur bébé, c’est sans doute pour mieux se concentrer sur la technique et l’esthétique de l’ensemble. De ce point de vue, le boulot s’avère remarquable, mais pas transcendant. Si on peut affirmer sans sourciller que Killzone 2 sera un des plus beaux jeux de la PS3 (et un des plus beaux FPS sur consoles de salon par ailleurs), la patte graphique qui caractérise l’univers semble avoir du mal à se départir du « gris-maronnasse remplit ras la gueule d’effets next-gen pour masquer les défauts ». On passe ainsi d’une ville en ruine sous un ciel gris strié d’éclairs, à des rues en ruines en pleine nuit sous un ciel noir strié d’éclairs, pour enchaîner sur quelques intérieurs débouchant sur un champ de bataille de fortune. Levez les yeux : eh oui, il fait nuit et le ciel s’éclaire régulièrement, comme pour souligner les affrontements qui font rage. Alors, certes, le titre impressionne très souvent par son foisonnement de détails, d’effets en tout genre et de multiples explosions, mais à aucun moment on ne sent happé par l’univers, avec cette envie de s’arrêter quelques instants pour admirer le boulot des développeurs. Un espoir subsiste cependant, la dernière mission proposée par la preview proposant, enfin, un changement de décor quasi radical : ambiance désertique, soleil rougeoyant, rouille et ferraille (rappelant irrémédiablement Fallout 3), et rythme plus calme mais toujours aussi tendu.
Killzone 2 : Gears of Duty
|
Parlons de rythme justement. De ce point de vue, Killzone 2 pourrait être qualifié de « Call of Duty sous amphet’ » influencé par un certain Gears of War. C’est bien simple : ça n’arrête pas. Explosions, fusillades, bruit assourdissant, ennemis dans tous les coins… Un rythme trépidant qui n’épargne jamais le joueur, constamment sollicité pas son escouade. Bref, aucun répit n’est offert et c’est bien là le problème. À force d’enchaîner les batailles rangées et furieuses, le titre perd progressivement le joueur dans une suite de moments qui se veulent épiques, mais s’avèrent au final répétitifs à souhait. Quelques bonnes idées émergent malgré tout de cet excès de classicisme, comme un système de couverture bien pensé, autorisant un minium de stratégie pendant certains assauts, ou un « body awarness » poussé offrant une sensation d’inertie très réaliste dans les mouvements. De même, les animations des alliés, comme des ennemis, ont été extrêmement soignées et rarement des adversaires n’ont semblé aussi vivants dans un FPS.
Cependant, ces quelques atouts peinent à masquer un fond qui manque clairement d’ambition. A force de brasser des influences dans tous les coins, Guerrilla/]Guerrilla[/url]/] semble noyer sa production dans un trop-plein de démesure, sans prendre une seconde de recul. Mais, encore une fois, un espoir subsiste, la dernière mission proposée offrant enfin un rythme plus maîtrisé, alternant moments de calme et gunfights nerveux. Difficile de juger cependant du nombre de niveaux proposés dans la version finale, il m’a en effet fallu un peu moins de six heures pour boucler cette preview, les statistiques du jeu affichant alors une progression de 40%. Qui sait, la seconde partie de la campagne solo pourrait donc s’avérer bien plus convaincante. De même, le mode multijoueurs étant pour le moment aux abonnés absents, impossible d’émettre un avis sur ce dernier.
Bref, en l’état, Killzone 2 reste un FPS techniquement impressionnant, mais dont le fond extrêmement classique et le rythme pas franchement maitrisé risquent de perdre bon nombre de joueurs en cours de route. Des craintes bien légitimes que l’on espère apaisées lors de la sortie du titre, en février prochain.










Cliquez ici ! 






















