Souvenez-vous, c’était le 15 juillet dernier : un parterre de journalistes assistaient, incrédules, à la conférence pré-E3 de Nintendo. De mémoire de joueur ou de professionnel, rares furent les annonces aussi maigres et insipides. On nous promettait des jeux gamers ? Nous voilà devant Wii Music et ses sonorités midi. Bref, inutile d’y revenir en détails, mais Big N avait totalement manqué son rendez-vous. Après des excuses publiques de Satoru Iwata, le géant nippon a organisé un nouvel événement hier, bien plus riche en annonces croustillantes. Cela suffira-t-il pour autant à rassurer les joueurs ? A voir…
DSi : Nintendo s’engouffre dans le high-tech mais vire Guitar Hero
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Commençons par LA grosse annonce de cette conférence : la nouvelle DS, baptisée DSi, qui sortira au Japon en novembre et sans doute au printemps prochain chez nous. En soi, l’arrivée de cette machine ne surprend pas, Nintendo nous ayant toujours habitué à décliner ses consoles portables en trois versions (Game Boy, Game Boy Pocket, Game Boy Color ou GBA, GBA SP, GBA Micro).
Non, ce qui peut éventuellement surprendre, c’est l’approche très « multimédia » de la machine. Alors que la firme a toujours axé sa politique sur le jeu, la DSi se pare d’atours high tech aptes à concurrencer la PSP et l’iPhone : appareil photo de 3 megapixels, haut-parleurs de meilleure qualité, lecture de MP3, navigateur web intégré, slot pour carte SD… Autant d’ajouts démontrant indéniablement que Nintendo souhaite conquérir un public encore plus large avec sa console portable. Après avoir convaincu les hardcore gamers, grâce à un catalogue de titres de qualité, les joueurs plus casuals avec une gamme de produits en tout genre (cuisine, remise en forme, entrainement cérébral, puzzle divers…), ce sont maintenant les « geeks » et autres fashion victims de la technologie qui sont visés, du genre de ceux qui passent la nuit devant une boutique Apple pour se procurer le nouvel Ipod. Mais ces nouvelles spécificités sont-elles suffisantes pour séduire l’amateur de high-tech ? Pas sûr. En effet, l’Iphone ou la PSP restent tout de même un cran au dessus en matière de technologie et cette nouvelle DS risque de souffrir la comparaison au niveau du hardware. Il reste cependant un argument, auquel on ne pense pas immédiatement : la scène homebrew. Car qui dit emplacement pour carte SD dit forcément « bidouille », « logiciel libre », voire « piratage ». On connait cependant parfaitement la politique ultra stricte de Nintendo à ce sujet. Le bras de fer entre le géant nippon et les apprentis hackers promet d’être passionnant.
Mais peu importe, au final, si Nintendo rate les cibles évoquées ci-dessus, le reste du public a de grandes chances de suivre. Rappelons tout de même que plus 77 millions de DS se sont vendues depuis son lancement en 2005 et l’on voit mal comment cette nouvelle déclinaison pourrait rater son coup. Plus petite, plus de fonctions, dotée d’écrans plus grands… La DSi saura sans doute trouver les arguments pour séduire tous les publics, qu’ils soient casual au hardcore. Les familles trouveront forcément un intérêt à la machine (si elles n’en possèdent pas déjà une) et les gamers, disposant déjà d’un ancien modèle, finiront par craquer face aux nombreuses nouveautés (j’attends déjà avec impatience la date de sortie européenne pour ma part… Mais chut, ça reste entre nous).
Et les jeux dans tout ça ? Contrairement à sa petite sœur de salon, la DS a toujours réussi à trouver l’équilibre entre productions casual sans prétention et titres gamers de grande qualité. On ne compte plus les bons RPG sur la machine en opposition à un nombre faramineux de daubes estampillées Fort Boyard ou Intervilles. Certes, il en faut pour tous les gouts, ce qui n’empêche pas certains studios de trouver un juste milieu brillant (on peut citer l’excellent Soul Bubbles à ce propos). Continuant dans cette lancée, le line-up fin 2008-2009 de Nintendo brasse large et tous les types de joueurs s’y retrouveront : du bon gros RPG avec Tales of heart, Tales of innocence, Phantasy Star Zero ou Final Fantasy Crystal Chronicles : Echoes of Time, des licences Nintendo fortes (Mario & Luigi RPG, Kirby…), de l’aventure (Professeur Layton 3, Gyakuten Kenji un spin-off de Phoenix Wright) mais aussi une bonne dose de titres casual (Leçons de cuisine 2 et divers titres d’entraînement cérébraux et autres, sans compter toute une gamme de jeux consacrés à la mode). Inutile d’être exhaustif, mais le fait est que la DS semble atteindre une véritable vitesse de croisière et dispose désormais d’un des catalogues les plus attractifs et diversifiés du marché.










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