Si l’industrie du jeu vidéo est aujourd’hui dominée par trois constructeurs, il n’en a pas toujours été ainsi. Depuis près de 30 ans, de nombreuses compagnies ont tenté de lancer de nouvelles consoles, au concept parfois révolutionnaire et/ou aberrant. Ce dossier a pour but avant tout de vous faire découvrir ces machines peu populaires et de tenter d’expliquer la raison de leur échec. Bien sûr certains nous feront remarquer que certaines sont absentes (on pourrait aussi évoquer la Pippin ou l’Odyssey), mais l’exhaustivité n’est ici pas notre propos. Il s’agit avant tout de vous proposer une sélection des consoles ayant « marquée » les joueurs par leur flop retentissant. A noter que, bien qu’inconnues du grand public, la plupart de ces machines sont très recherchées par les collectionneurs, de part leur caractère « unique ». Mais trêve de bavardage, préparez votre Delorean à voyager dans le temps, on vous ramène au début des années 80, une époque où la notion de « bon goût » était très différente d’aujourd’hui.
1982-1984 : MB Vectrex, l’ombre des jeux en 3D
« La Vectrex est une machine qui offre des avantages uniques aux joueurs. Elle est bien dessinée, solidement fabriquée, et fait tourner quelques uns des jeux les plus excitants que vous pourrez voir dans votre salon. Actuellement, la Vectrex est la véritable reine des consoles » (Electronic Games / Novembre 1982)
La genèse
La Vectrex a été, à l’origine, conçue par la société Smith Engineering, pour le compte de la GCE (General Consumer Electronics). Peu avant son lancement, en Octobre 1982, la GCE se fait racheter par Milton Bradley (MB) et la machine devient alors la MB Vectrex. Sur le papier, les caractéristiques sont révolutionnaires. L’écran intégré faisant le bonheur des parents, qui peuvent enfin regarder tranquillement leur émission pendant que leur enfant s’adonne aux joies du joystick. Mais ce qui différencie vraiment la MB Vectrex de ses concurrents, c’est son type d’affichage. Alors que les autres consoles du marché optent pour le bon vieux pixel, la Vectrex mise sur des graphismes vectoriels, entièrement composés de traits et de points. Cette technologie permet de simuler des effets de profondeur, de rotation et de zoom impressionnants. La MB Vectrex n’est ni plus ni moins que la première console à proposer des effets 3D dans les jeux. Et, pour palier au manque de couleurs affichées, chaque titre est fourni avec un calque coloré à appliquer sur l’écran.
Pourquoi ça n'a pas marché
Commercialisée en octobre 1982 aux USA pour un prix de 199$, la machine débarque durant l’été 1984 en Europe (2490 Francs à l’époque). Quelques huit mois plus tard, en mars 1984, la production s’arrête. Deux facteurs expliquent ce bide : le coût de fabrication incompressible dû à la présence de l’écran intégré, et surtout la crise du jeu vidéo en occident qui aura raison de bon nombre de constructeurs. MB décide alors de revendre les droits d’exploitation de la Vectrex à Smith Engineering. En 1988, il a été vaguement question du retour de la machine, sous forme de console portable, mais le projet n’a jamais abouti. Depuis la Vectrex est devenue très prisée des collectionneurs.
Les jeux
Mine Storm : le titre fourni avec la machine. Un clone d’Asteroids où on contrôle un vaisseau qui doit tirer sur des comètes et autres parasites qui lui foncent dessus. Un des premiers Shoot’em up.
Cosmic Chasm : Un autre jeu dans la veine d’Asteroids, où on dirige un vaisseau devant atteindre le cœur d’une station pour en détruire le noyau.
Fortress Of Nazrod : Un titre exploitant au mieux les possibilités de la Vectrex. Le joueur évolue dans un environnement représenté en 3D et pilote un vaisseau dans une tranchée, dans le but d’atteindre la forteresse du fond. Au passage, il faudra détruire les araignées et autres goules qui barrent le chemin.










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