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| | Le Mur de Tetris, une oeuvre pour le moins impressionnante |
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S’il y’a une oeuvre qu’on ne peut pas rater dans la petite salle d’exposition, c’est bien celle de Damien Aspe, une représentation en volume de Tetris. Cet énorme mur de couleur met en scène l’emprisonnement social du joueur mais propose aussi de revisiter la chute du mur de Berlin. N’oublions pas que le jeu, inventé par un Russe en 1985, peut être vu comme une arme sournoise de l’Est tant il a fait chuter la productivité de l’Ouest en fin de guerre froide. Côté emprisonnement social, Sylvain Huguet nous a lui aussi servi un grand cru avec son montage vidéo mettant en scène un joueur devenant progressivement fou devant son écran. Un dispositif ingénieux agissant comme un miroir sur des visiteurs souvent troublés.
Les miroirs sont d’ailleurs un élément central de l’exposition, comme le miroir 8-bit de Quentin Destieu et Romain Senatore. Cet écran surmonté d’une webcam présente le reflet pixellisé du spectateur lorsqu’il passe devant. Idéal pour savoir si on a un meilleur look que Mario en basse résolution. Un autre miroir interactif, cette fois de Douglas Edric Stanley, propose une réflexion intéressante sur la genèse de formes graphiques. Un Mac, surmonté d’une Webcam, retranscrit, anime et réarrange les formes les plus persistantes qu’il capte autour de lui comme les contours d’une silhouette ou les ombres d’un visage. On se surprend à tenter de créer des éléments visuels devant ce miroir magique et à les regarder évoluer. Au fil de la visite, on croise également la superbe pièce d’Antonin Fourneau et de Manuel Braun. Cette planche de clous et de fils de fer recouverte de plexiglas présente en son centre un petit écran affichant une version de Street Fighter. Chaque joueur peut glisser des billes de métal dans ce dispositif. Le parcours aléatoire des billes génèrera une série de coups pour chacun des joueurs suivant les contacts avec les barres métalliques. Une expérience pour le moins saisissante puisque, pour la première fois, il faut accepter de perdre le contrôle pour pouvoir jouer à ce jeu de combat.
Enfin, comme on ne peut pas décrire toutes les pièces que nous avons croisés, terminons sur celle qui nous a le plus impressionnée. Il s’agit d’une œuvre de Pascal Silondi, un français émigré en République Tchèque. Elle nous propose d’explorer un univers 3D sur écran géant à l’aide d’un…couteau. C’est en donnant des coups de surin dans une planche pleines de contacteurs recouverte de mousse que l’on se dirige dans la modélisation d’un univers violent et torturé. Et il ne faut pas faire semblant car le dispositif prend en compte la vélocité du coup porté. Un travail superbe qui transpose la violence du jeu vidéo hors de l’écran.
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