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Exposition Gamerz 02




Pour la seconde année consécutive, l’exposition multimédia Gamerz organisée par le collectif Dardex-Mort2Faim nous proposait de découvrir une quinzaine d’œuvres originales du 15 au 27 janvier à Aix en Provence. Lorsque des artistes investissent l’univers du jeu vidéo pour s’exprimer, les supports traditionnels se mêlent à l’électronique ouvrant par la même occasion de nouveaux champs de réflexion. Présents lors du vernissage de l’exposition, nous avons été captivés par ces dispositifs contemporains, parfois étranges mais toujours plein d’interrogations sur les univers ludiques d’aujourd’hui.


Par Kom23, le 18 janvier 2008.


Sous le signe du Game Art


L'une des oeuvres les plus ludiques propose une version remaniée de Street Fighter

C’est dans une ambiance détendue que l’exposition s’est ouverte mardi au sein de l’espace municipal d’art contemporain Sextius d’Aix en Provence. Le public est venu nombreux et souriant, ce qui augurait une soirée réussie. Comme on peut le voir sur le site officiel de l’exposition, la quinzaine d’œuvres exposées, issues des scènes française, tchèque et slovène, offrent un large spectre représentatif des différents mouvements de Game Art. Certains dispositifs sont très proches du jeu vidéo, à l’image de la borne Street Fighter de Stephane Kyles très appréciée du public. Remanié avec MUGEN (voir le site), cette œuvre propose un jeu de combat avec des personnages funs et subversifs comme Homer Simpson, Mario ou Georges Bush. D’autres présentent un lien plus ténu avec l’univers vidéoludique comme le jeu de fléchettes en carton de Sylvie Reno, une artiste marseillaise travaillant sur la cartonisation du monde. Mais le pari semble réussi puisque toutes les pièces proposent une réflexion poussée sur le jeu et son impact social.





Jeux de miroirs


Le Mur de Tetris, une oeuvre pour le moins impressionnante

S’il y’a une oeuvre qu’on ne peut pas rater dans la petite salle d’exposition, c’est bien celle de Damien Aspe, une représentation en volume de Tetris. Cet énorme mur de couleur met en scène l’emprisonnement social du joueur mais propose aussi de revisiter la chute du mur de Berlin. N’oublions pas que le jeu, inventé par un Russe en 1985, peut être vu comme une arme sournoise de l’Est tant il a fait chuter la productivité de l’Ouest en fin de guerre froide. Côté emprisonnement social, Sylvain Huguet nous a lui aussi servi un grand cru avec son montage vidéo mettant en scène un joueur devenant progressivement fou devant son écran. Un dispositif ingénieux agissant comme un miroir sur des visiteurs souvent troublés.
Les miroirs sont d’ailleurs un élément central de l’exposition, comme le miroir 8-bit de Quentin Destieu et Romain Senatore. Cet écran surmonté d’une webcam présente le reflet pixellisé du spectateur lorsqu’il passe devant. Idéal pour savoir si on a un meilleur look que Mario en basse résolution. Un autre miroir interactif, cette fois de Douglas Edric Stanley, propose une réflexion intéressante sur la genèse de formes graphiques. Un Mac, surmonté d’une Webcam, retranscrit, anime et réarrange les formes les plus persistantes qu’il capte autour de lui comme les contours d’une silhouette ou les ombres d’un visage. On se surprend à tenter de créer des éléments visuels devant ce miroir magique et à les regarder évoluer.

Au fil de la visite, on croise également la superbe pièce d’Antonin Fourneau et de Manuel Braun. Cette planche de clous et de fils de fer recouverte de plexiglas présente en son centre un petit écran affichant une version de Street Fighter. Chaque joueur peut glisser des billes de métal dans ce dispositif. Le parcours aléatoire des billes génèrera une série de coups pour chacun des joueurs suivant les contacts avec les barres métalliques. Une expérience pour le moins saisissante puisque, pour la première fois, il faut accepter de perdre le contrôle pour pouvoir jouer à ce jeu de combat.
Enfin, comme on ne peut pas décrire toutes les pièces que nous avons croisés, terminons sur celle qui nous a le plus impressionnée. Il s’agit d’une œuvre de Pascal Silondi, un français émigré en République Tchèque. Elle nous propose d’explorer un univers 3D sur écran géant à l’aide d’un…couteau. C’est en donnant des coups de surin dans une planche pleines de contacteurs recouverte de mousse que l’on se dirige dans la modélisation d’un univers violent et torturé. Et il ne faut pas faire semblant car le dispositif prend en compte la vélocité du coup porté. Un travail superbe qui transpose la violence du jeu vidéo hors de l’écran.





Soirée


Confipop et Sidabitball ont littéralement enflammé l'amphithéatre qui s'est rué sur scène pour danser.

Après le vernissage, cette journée d’exposition s’est conclue par une soirée de performance au sein de l’école des beaux-arts d’Aix. Marquée dès le début par une première performance médiocre (mais heureusement vite oubliée), il faudra attendre le live du collectif Labomedia basé à Orléans pour que la soirée débute véritablement. Les deux artistes présents sur scène nous ont offert un show de musique expérimentale mémorable. Une performance aussi visuelle que musicale. Le premier utilise Pure Data pour générer des boucles aléatoires tandis que le second joue avec des jouets électriques pour moduler un champ magnétique, générant ainsi grésillements et parasites. Un pur bonheur à voir et à entendre.
Enfin, le clou de la soirée aura été le live de Sidabitball et Confipop (leurs pages My Space ici et ici). Ces deux artistes, de plus en plus connus, créent de la musique électro 8-bit en utilisant une gameboy comme sampleur/séquenceur principal. Confipop utilise même des jouets pour enfant afin d’agrémenter le live de variantes acoustiques. Leur performance a complètement électrisé le public qui est monté sur scène pour danser sur les rythmes électro endiablés, que ce soit les reprises 8-bit de hits connus ou les créations originales des deux artistes. Un final en beauté pour une soirée vraiment réussie.

Si vous nous lisez aujourd’hui, vous avez malheureusement raté cette soirée de performance. Toutefois, vous pouvez toujours vous rendre à Aix jusqu’au 27 janvier pour aller visiter l’exposition Gamerz02. Pour sa deuxième année, comme nous l’avons constaté, le festival prend son essor. De plus en plus d’artistes répondent à l’appel (22 cette année contre 13 l’année dernière), mais aussi le public de plus en plus intéressé par les thématiques du Game Art.





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