Du piratage garage au piratage familial 1/3
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Le piratage ne date pas d’hier. Tout a commencé avec les balbutiements de l’informatique grand public dans les années 80. À l’époque, les passionnés du genre se réunissaient avec leurs ordinateurs Apple II et IBM, pour montrer et partager leurs œuvres numériques. Ainsi, un programme insignifiant prenait au fur et à mesure des passations une plus grande valeur utile. Cependant, la majorité des entreprises de développement d’alors voulurent mettre un frein aux modifications personnelles de leurs programmes par les utilisateurs, afin d’en retirer un profit maximum. Mais quelques-uns de ces fous de l’informatique ne l’entendirent pas de la même oreille et se rassemblèrent en petits groupes pour continuer à modifier les programmes désormais sous licence. Le piratage était né. Par la suite, ce qui n’était qu’un hobby de passionnés se transforma en véritable commerce et les grands principes de liberté des débuts volèrent en éclats.
Avec l’apparition des consoles de jeu, le hacking devînt une alternative intéressante pour les petites bourses. La première console touchée fut la Nes. Dotée à l’origine d’un lecteur de cartouches, la Nintendo version japonaise vit apparaître dans la gamme de ses accessoires un lecteur de disquette au format propriétaire, baptisé Famicom Disk System. But de l’opération pour le constructeur, diminuer les coûts de fabrication des jeux et augmenter leur taille. Mais au final, quelques personnes aux idées lumineuses eurent tôt fait d’assimiler le FDS à un lecteur de disquette lambda et remplacèrent celui-ci par un lecteur 3"1/2 afin d’utiliser des jeux pirates. Conscient de son erreur, Nintendo ne réitéra pas l’expérience du FDS sur la Super Nes. Les pirates d’alors durent user de plus de ruse pour contourner l’achat de jeux.
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Cette transition passa par l’apparition des premiers copieurs, accessoires destinées à transférer le contenu d’une cartouche de jeu (la ROM) sur un autre support. C’est à partir de ce moment que le piratage console prit réellement son essor. De cette première moitié des années 1990, on retiendra quelques objets aujourd’hui collectors comme le Multi Game Doctor 2, meilleur copieur de sa génération. Non content de copier les roms Super Nes, il affichait aussi à son tableau de chasse la Megadrive, la Turbo Grafx 16, la Supergrafx, la Gameboy et même la machine hors de prix du moment : la NeoGeo.
Mais le principe des copieurs prit fin avec l’avènement des lecteurs CD pour consoles, lecteurs bourrés de protections. C’est la Nintendo 64 qui clôtura l’époque du piratage par copieurs. Sortie après la PlayStation, elle fut la dernière console de son temps à fonctionner encore avec des cartouches. Les derniers copieurs comme le Wild Card 64, le Docteur 64 ou encore le CD 64, ne fonctionnaient plus sur disquette mais avec des CD-Roms sur lesquels il fallait graver les jeux. Comme quoi l’ère du numérique était déjà bien en place. La Playstation de Sony et la Saturn de Sega avaient lancé un nouveau défi aux hackers. La solution-miracle passa alors par la soudure de puces (ou modchip en anglais) à même les composants de la machine. Les protections pouvaient alors sauter. Curiosité du genre, la toute première version de la PS1 ne nécessitait aucune modification pour faire fonctionner les jeux gravés au préalable. Un simple coton-tige pour tenir le capot ouvert, un changement de CD rapide entre la phase de boot et la séquence de lecture du jeu et le tour était joué. Dans le même style, Sega signa sa cessation d’activité de constructeur avec la Dreamcast à peine trois ans après son lancement. Excellente machine s’il en est, celle-ci lisait d’elle-même les jeux gravés simplement après introduction dans la console d’un CD de boot disponible librement sur Internet –et totalement légal-. Dernière mauvaise opération marketing ou ultime espoir de relancer ses ventes ? Quoiqu’il en soit, Sega disparu, Sony s’empara bien rapidement du marché début 2001, popularisant l’utilisation des modchips grâce aux très bonnes ventes de la PS2 et au développement du haut débit.




















