Une pratique majeure et récurrente sévit depuis l’aube de l’univers vidéoludique. Comparés à des flibustiers, ses adeptes travaillent en marge de la loi, revendiquant des idéaux pour certains. Pour d’autres, seul l’appât du gain entretient la ferveur qu’ils mettent au profit de leur vice : le piratage. Ce dossier n’a pas pour volonté de jouer les moralisateurs, ni même d’encenser ce phénomène ancien de plus de vingt ans. Le piratage est présent dans le domaine des jeux vidéo. Il faut donc en traiter comme on parlerait du succès de la Wii ou des pubs les plus kitsches du jeu vidéo, c'est-à-dire factuellement, simplement pour faire le point.
Le piratage c'est quoi ?
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D’un point de vue général, le piratage correspond à tout ce qui est lié à la copie illégale de jeux, dont le détenteur ne possède pas l’original. Pour résumer, copier, revendre, acheter, télécharger et même échanger un titre non officiel est répréhensible par la loi. La loi est à la fois très large et très précise.
Quels sont les risques ?
Il y a 10 ans, les amendes pouvaient culminer à 1 million de francs, pour des peines allant de 2 mois à 3 ans derrière les barreaux. Aujourd’hui, le piratage est puni jusqu’à trois ans d’emprisonnement et pour 300 000 € d’amende. Il faut ajouter que lorsque cela est commis en bande organisée, il porte les peines à 50 ans de prison et 500 000 euros d’amende. En avril 2004, un jeune homme, âgé de 15 ans au moment des faits, est condamné par le tribunal pour enfants de Nevers à un mois de prison avec sursis pour piraterie de logiciels de jeux vidéo. Son délit ? « Infraction pour contrefaçon par reproduction et diffusion non autorisée de logiciels en violation des droits de l´auteur ». « C´est la première fois qu’une affaire de piraterie de logiciels de jeux vidéo par un mineur aboutit, en action publique, à une peine de prison », soulignait à l’époque l´avocat du SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir), Maître Bejarano.
Le jeune homme, âgé aujourd´hui de 19 ans, a également dû payer 30.575 euros de dommages et intérêts au SELL, a précisé ce syndicat dans un communiqué. Après avoir commencé par échanger des jeux avec ses amis, il s´était mis à revendre les jeux, d´abord à ses amis et ensuite sur Internet, où il a effectué quelque 900 ventes. En fait, ce que les juges condamnent le plus souvent, c’est le trafic. Cependant la copie aussi est interdite. Autre cas caustique, celui d’un viticulteur de 39 ans qui a mis en vente, en 2004 encore (décidément) 157 jeux de PlayStation pour 4,57 € pièce. Résultat : quatre mois de prison assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve et 4 000 € d’indemnisations répartis entre Sony et le SELL. On est loin des trafics internationaux, mais c’est ce genre de cas typique qui permet aux autorités de faire peur au pirate lambda.
Pirater pour quoi faire ?
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La première raison évoquée par les joueurs concerne la hausse du coût de la vie depuis le début des années 1990. Cependant, ce n’est pas là la raison première du piratage. Avec Internet et la généralisation de l’ADSL, nombreux sont ceux qui se facilitent aujourd’hui la vie en récupérant leurs jeux sur la toile. Bien au chaud chez eux, ils n’ont plus à mettre le nez dehors ni le portefeuille, pour s’offrir un jeu vidéo. Concernant le piratage PS2 et Xbox en 2005, une étude rapporte que 21% des joueurs interrogés jouaient sur versions pirates des jeux et 73% de ces 21% auraient acheté le jeu dans un délai d’un mois s’ils n´avaient pas trouvé le jeu en téléchargement illégal. De plus, certains n’ont pas du tout la volonté de transgresser la loi en puçant leurs consoles. Ils le font pour pouvoir dézonner leurs machines et ainsi joueur aux jeux imports, raison toute autre que le piratage.
Bien que cette pratique ne soit pas légale puisque chaque joueur n’est censé n’utiliser que les versions des jeux de son pays, elle est dite « tolérée ». Encore plus en avant dans le domaine de l’import, beaucoup de joueurs cherchent à posséder toutes les versions de certaines séries de jeux. On trouvera ainsi, par exemple, des fans de Final Fantasy qui cherchent à posséder coûte que coûte tous les épisodes dans leurs versions US, nippone et européenne simplement pour compléter leurs collections. On peut donc dire que tous les actes de piratage vidéoludique ne sont pas effectués dans l’esprit de nuire. Cependant, une chose est certaine, ce phénomène démocratisé par la vague Internet est un véritable cercle vicieux. Le piratage est aujourd’hui à la portée de tous et Internet et ses réseaux P2P sont beaucoup plus proches que le revendeur habituel, donc piratage il y a. Cela induit un maintien des prix par les éditeurs afin de s’y retrouver dans ce marasme économique. Au final, ce sont peut être les joueurs honnêtes qui payent le prix fort de ces détournements.










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