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 TOM'S GAMES > ARTICLES > The Moment of Silence et la liberté individuelle > Partie 2 Imprimer cette page  Faire suivre cette page à un ami  Ajouter JeuxVideoPC.com à vos favoris  Mettre JeuxVideoPC.com en page de démarrage  Accéder à nos flux RSS
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The Moment of Silence

Catégorie : Aventure  - Développeur : House of Tales  - Editeur : Focus Home Interactive  - Sortie : 11/2004


Echelon : l’histoire d’une dérive



Comme souvent, des idées a priori défendables concrétisées dans un contexte existant mais pérennisées au fil d’une réalité historique qui nécessairement évolue deviennent forcément pernicieuses si coûte que coûte on s’y cramponne. Quoi de plus logique que les USA et la Grande-Bretagne entretiennent des relations privilégiées surtout si l’on se situe dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale.

Un front virulent est mis en place pour faire face aux forces de l’Axe germano-soviétique. Un pacte dénommé UKUSA est discrètement conclu entre les deux puissances. Des infrastructures sont communautairement installées pour faciliter le travail des services secrets, essentiellement spécialisées dans l’interception et le décryptage des communications militaires et diplomatiques. On ne gagne pas une guerre en ignorant tout de l’ennemi.

A peine est-on sorti de ce conflit que la Guerre Froide débute. L’ennemi n’est plus tout à fait le même, il s’est déporté vers l’Est et le nazisme vaincu, le nouveau péril s’appelle communisme. De nombreuses agences de renseignements ont fermé boutique avec la fin du conflit. D’autres émergent ou se convertissent dès 1948.

C’est le cas pour la NSA américaine (National Security Agency), fondée en 1951 (?) qui s’associe au GCHQ britannique (Government Communications Head Quarters) auxquels viendront bientôt se joindre le CSE canadien (Communications Security Establishment), le DSD australien (Defense Security Directorate) et le GCSB néo-zélandais (General Communications Security Bureau) pour élaborer en commun un système global d’espionnage destiné à intercepter toutes les communications militaires et diplomatiques en provenance du bloc de l’Est : nom de code Echelon.

Lorsque s’achève la Guerre Froide, de nombreuses agences qui s’agitaient discrètement dans l’ombre du rideau de fer perdent leur raison d’être et s’effritent en même temps que l’Union Soviétique se désintègre. Cependant quelques unes d’entre elles, parmi lesquelles la NSA trouvent à la fin de la Guerre Froide, un tremplin pour se relancer : l'Agence de Sécurité Nationale (NSA) ne cesse pas ses activités, elle les réoriente. Cette discrète organisation gouvernementale américaine poursuit son développement exponentiel tant pour ce qui concerne son budget et la main d’œuvre qu’elle sollicite que pour ce qui est de ses capacités d’espionnage.

Les cinq membres signataires de l’UKUSA se partagent le Monde : les équipements de la NSA aux USA couvrent les signaux de communications des deux continents américains ; le GCHQ en Grande-Bretagne est chargé de l'Europe, de l'Afrique et de la Russie à l'ouest de l’Oural ; le DSD en Australie participe aux recherches du SIGINT en Asie du sud-est, dans le sud-ouest du Pacifique et dans la région orientales de l'Océan indien ; le GSCB en Nouvelle-Zélande est responsable du Sud Pacifique, et le CSE canadien a la main mise sur l’interception des communications additionnelles pour la Russie du nord, les Etats d’Europe du nord et l’Amérique du nord.

Très peu de signaux échappent à l’emprise électronique de la communauté UKUSA.

« Les techniques de surveillance peuvent être définies comme des dispositifs ou des systèmes capables de surveiller, de suivre et d'évaluer les mouvements des personnes, de leurs biens ou autres avoirs. Ces techniques sont essentiellement utilisées pour suivre les activités de dissidents, de militants des droits de l'homme, de journalistes, de responsables étudiants,
de minorités, de responsables syndicaux et d'opposants politiques. Il s'est développé une très vaste gamme de techniques de surveillance, en passant par les lunettes pour vision nocturne, les microphones paraboliques permettant de détecter des conversations à plus d'un kilomètre de distance, les versions laser, capables de surprendre n'importe quelle conversation derrière une fenêtre fermée dans la ligne de mire, la caméra stroboscopique danoise Jai, capable de prendre des centaines de photographies en quelques secondes et de photographier individuellement tous les participants d'une manifestation ou d'un défilé et les systèmes de reconnaissance automatique de véhicules capables de suivre des automobiles à travers les rues d'une ville via un système informatique géographique fonctionnant à base de cartes.

De nouvelles technologies, conçues à l'origine pour la défense et les renseignements, se sont, après la guerre, rapidement étendues dans les services chargés du maintien de l'ordre et le secteur privé. Il s'agit d'un des domaines du progrès technique dans lequel des réglementations d'un autre âge sont dépassées par un tableau d'infractions en constante augmentation..." [De marie-jo.paulet@wanadoo.fr sur la liste OGM Danger : Étude intérimaire STOA · Résumé analytique · Septembre 1998 ; PE 166.499/Int.St./Exec.Sum./fr]

La dérive s’est poursuivie en même temps que s’est affinée la technologie : à côtés des stations terrestres et des navires capteurs qui sillonnent les mers du globe, les grandes oreilles vont également se tourner vers l’espace où se multiplient les satellites. Intelsat, dont les vingt satellites occupent une orbite géostationnaire au-dessus de l’Equateur, et Inmarsat, transmettent la grande majorité des communications téléphoniques et des fax à l’intérieur des états et d’un continent à l’autre. Ces satellites principalement destinés au trafic civil, transmettent également des communications diplomatiques et gouvernementales. Mais surtout les multinationales et la concurrence ont pris des proportions planétaires : à côté de la lutte contre les cellules terroristes, la guerre va se transplanter dans le secteur économique et la NSA saura s’y adapter. Elle a trouvé un nouveau vecteur : l’espionnage commercial et industriel.

Afin de lutter contre le terrorisme la NSA dispose de nombreux moyens d'interception des communications.

Les systèmes d'écoute de Menwith sont sûrement les plus connus ...

Elle dispose de plusieurs dizaines de stations d'écoute des communications téléphoniques en Angleterre, Nouvelle Zélande, Japon, Australie, ...

Elle dispose aussi des satellites (Mercury, Mentor, Trompet) qui "filtrent" toutes les communications radioélectriques (radio, télévision, mais aussi stations relais des téléphones mobiles, micro-ondes, ...).

Quand les câbles n'étaient encore qu'analogiques, la NSA aurait eu un robot sous-marin à - 5000 m qui posait des bretelles sur les lignes sous-marines, et qui reémettait vers une station au sol, en Grande Bretagne.

Les fibres optiques seraient actuellement espionnées grâce à un procédé tenu secret.

Enfin on peut soupçonner une collaboration étroite avec les compagnies de téléphone. Durant les années 1950/60, la NSA - dont personne ne soupçonnait alors l'existence - avait demandé aux compagnies de télégraphie de l'époque de lui remettre une copie de chaque communication qui entrait ou sortait des Etats Unis.

Le nouveau réseau mondial de téléphonie mobile, Iridium, doit être d'ores et déjà sous contrôle de la NSA ...

Les écoutes sont effectuées sur certains "points sensibles" (ambassades, ministères). Mais ils disposent aussi de systèmes de reconnaissance vocale. Ainsi de puissants ordinateurs CRAY construits "sur mesure" permettent de reconnaître des mots clefs et/ou des voix dans certaines conversations.

Après traitement, et sélection, seules 10.000 à 15.000 communications seront vraiment exploitées chaque jour.

Leurs satellites espions leur permettent de détecter les émissions infrarouges et ainsi repérer les usines de production d'armes bactériologiques, chimiques, les stocks d'armes lourdes ...

Seul problème : tout cela ne leur sert que comme information. Pour l'intervention il faut ensuite mobiliser des troupes, ce qui n'est pas du ressort de cet organisme.

Cette surveillance a pris deux directions : celle de l’Etat sur l’individu, celle des Etats ennemis sur les Etats alliés et pourquoi pas une auto surveillance de l’Etat originaire, celle des résidents des Etats-Unis eux-mêmes.

« Le défunt sénateur Frank Church mit en garde sur le fait que la technologie et les possibilités intégrées dans le système Échelon représentaient une menace directe pour les libertés des américains. Laissé sans contrôle, ÉCHELON pourrait être utilisé par l'élite politique ou par les agences d'espionnage elles-mêmes comme un outil permettant de subvertir les protections civiles de la Constitution et de détruire le gouvernement élu des Etats-Unis. »

« … à côté du fait de diriger leurs oreilles vers des groupes terroristes ou des états bandits,

ECHELON est également utilisé pour répondre à des objectifs bien éloignés de sa mission originale. On découvre régulièrement que des civils américains sont surveillés pour des raisons d'affiliation politique "impopulaire" ou sans aucune raison valable, en violation des premier, quatrième et cinquième Amendements de la Constitution – et sont uniformément déboutés par des arguments légaux et des réclamations très élaborées et très complexes avancés par les Agences de Renseignements et par le gouvernement américain. Les gardiens et les garants de nos libertés, nos représentants politiques dûment élus, sont très parcimonieux dans l’attention qu’ils portent à ces activités, et encore plus sur les abus qui se produisent sous leurs yeux. » (S.Poole)

Le Verbe est sous contrôle. Prochaine étape ? Un pouvoir exécutif qui mette en place des forces chargées de ramener à la raison les dissidents de la pensée officielle. Une fiction ?




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