Alors que les neufs dixièmes des FPS de la fin de l’année sont axés sur la bourrinitude et les armes aux effets spéciaux impressionnants, dans Cryostasis, ce sera plutôt le contraire. Faisant fi de la Seconde Guerre Mondiale, ou d’un quelconque conflit moderne, Cryostasis se déroule au début des années 60 sur un brise-glace nucléaire échoué depuis plusieurs années sur la banquise. Le héros, Alexander Nesterov, est un météorologiste venu porter secours au navire. Mais puisqu’il faut une raison pour nous faire arpenter les coursives gelées du bâtiment russe, il s’avère rapidement que ce vaisseau fantôme ne s’est pas enfoncé dans la glace comme son confrère le Titanic. Les premiers survivants rencontrés, qui vous acceuillent avec des haches le confirmeront rapidement. Alexander, maintenant piégé à l’intérieur du brise-glace, va devoir enquêter sur les raisons de la catastrophe et savoir ce qu’il est advenu de l’équipage.
Plus que les survivants armés de haches ou les niveaux labyrinthique du brise-glace, les développeurs ont voulu avant tout faire de l’environnement (con-)gelé le principal ennemi du joueur. Le froid, puisque c’est de lui qu’on parle, sera dans Cryostasis le souci majeur du joueur. Simplement parce que notre brave Alexander, tout Russe qu’il est, devra surveiller en permanence la température de son corps. Un thermomètre sera à cette occasion affichée en permanence à l’écran pour éviter une hypothermie, synonyme de mort. Pour éviter ce décès frigorifique, il faudra se réchauffer sur tous les points de chaleurs disponibles sur le bateau : turbines, café chaud, etc. De même, qui dit monde enneigé, dit verglas. Activer une source de chaleur à proximité d’une salle au sol digne d’une patinoire, permettra au joueur de trouver un meilleur équilibre, et donc de tirer plus précisément. Les ennemis, enfin, n’auront pas une importance capitale puisque selon les développeurs, ils ne seront jamais plus de deux ou trois à l’écran. Seulement, les toucher demandera un peu plus d’attention que d’habitude, puisqu’il faudra obligatoirement épauler l’arme pour disposer d’une visée correcte.
La dernière petite nouveauté introduite par les développeurs de Action Forms, et sûrement la plus innovante, consiste dans la progression de l’enquête. Notre héros, par un formidable rebondissement du scénario aura l’incroyable pouvoir de revenir dans le temps et de prendre la place des membres de l’équipage, simplement en touchant les corps des matelots. Plus qu’un plaisir de voyeuristes morbide, cette petite feature permettra non seulement de comprendre ce qu’il s’est passé à bord, mais aussi de progresser dans les niveaux. Si on revient dans le passé d’un certain marin au destin tragique par exemple, on pourra lui éviter de se prendre un bout de tôle du plafond sur la tête. Morceau de métal qui servira justement à atteindre une porte jusqu’à présent inaccessible. Une sorte de puzzle-time des plus rafraîchissant (ho-ho-ho) qu’il nous tarde de goûter. Pas avant le premier trimestre de l’année prochaine, hélas.