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L'épopée Syberia




Kate Walker …. Syberia … Hans Voralberg … Oscar…. Youki … Mammouths … Si ces noms vous sont familiers, c’est que vous avez fini les deux « Syberia ». Ce jeu est une pure merveille. Plus qu’une aventure, « Syberia » est une quête. La quête d’un rêve, d’une identité, d’une vie.


Par joce, le 27 décembre 2004.


Le scénario



L’héroïne, Kate Walker, est une avocate new yorkaise. Fille d’une femme de la haute société, fiancée, travaillant pour une firme renommée, Kate est l’image même de la réussite sociale. Sa société l’envoie dans les Alpes française, dans la ville de Valadilène, afin de traiter le contrat de vente de l’usine d’automate Voralberg. A son arrivée, la propriétaire est morte et Kate doit retrouver son frère, Hans Voralberg, afin de conclure l’affaire. Commence alors pour l’héroïne une aventure intérieure et la recherche d’un ailleurs parsemé des inventions de Hans, génie du bricolage, avec la complicité d’Oscar, automate doué de raison et conducteur d’un fantastique train mécanique.



Tout au long des deux opus, Kate change sa façon d’être et son regard sur la vie. Le rêve d’Hans, trouver l’île de Syberia, le refuge des derniers mammouths, devient le sien. Mais est ce vraiment le sien ?

Kate est une jeune femme enjouée, professionnelle. Pour preuve, elle s’engage dans une recherche qui va lui faire traverser l’Europe des Alpes à une île lointaine de la Sibérie. Certes son chemin n’est pas de tout repos, mais les haltes forcées pour remonter le train lui permettent de visiter, de découvrir de nouvelles cultures et surtout les magnifiques inventions de Hans, chef d’œuvre d’imagination et de poésie. Que ce soit le train ou Oscar, le kiosque à musique de Barrockstadt ou le manège à chevaux de Romansburg, ou encore la mécanisation de l’usine de Kosmograd, Hans parsème son trajet d’automates tantôts utiles, tantôt reposants.





Les graphismes et la musique



Le jeu est servi par des graphismes d’une beauté époustouflante. Chaque tableau est traité avec soin et le second volet voit en plus apparaître des animations additionnelles qui donnent vie aux scènes. On peut ainsi voir des paquets de neige tombant des toits, des branches bouger sous le décollage des oiseaux… l’immersion est totale. Quand aux animations, elles sont somptueuses. Le village Youkhol nous offre à ce titre une ambiance chaleureuse dans un monde de glace grace aux jeu de lumière. Et tout cela sans le moindre bug.

Une musique envoûtante complète l’ensemble et donne à ces deux jeux une ambiance qui donne envie de continuer l’aventure. Car avouons le, ce ne sont pas les péripéties qui retiennent l’attention, mais bien les puzzles et les décors.





Les puzzles



Le jeu ne comprend pas d’énigmes au sens propre du terme. Il comporte une somme de puzzles demandant une recherche des pièces manquante. Certains d’entre eux sont d’ailleurs assez poussés et il n’est pas rare de pester contre le concepteur de ces casse-têtes.





Sybéria : récit d’une solitude ?



Au fil de ses aventures, Kate apprend à connaître et à aimer le vieil homme sans l’avoir jamais vu. En fait, elle semble souffrir d’une profonde solitude, qu’elle comble grâce à cet homme qu’elle idéalise. Et c’est à un automate qu’elle confie ses doutes.

En effet, que ce soit à son travail ou son patron la presse ou dans sa vie privée ou son fiancé la considère comme sa chose, Kate est seule. Certes sa mère est une mère aimante prête à l’aider, mais cela ne suffit pas à remplir l’immense solitude qui l’accable. En cherchant Hans Voralberg, Kate va découvrir tout un monde qui lui est étranger, et va se l’approprier, de la même façon qu’elle s’approprie le rêve de Hans. Car trouver Syberia n’est pas son rêve, c’est celui du petit homme. C’est ce rêve par procuration qui l'incite à repousser l’inéluctable et à continuer sa route sur un chemin à l’issue incertaine.

Cette aventure fait naître une nouvelle Kate. Une Kate plus forte, plus inventive, plus réactive. Cette transformation est diluée tout au long des deux volumes du jeu. La rencontre avec Hans étant le point ou Kate elle-même se rend compte de cette métamorphose.

Dans sa quête, elle va certes faire des connaissances. Mais toutes les personnes avec qui elle pourrait nouer des liens disparaissent, ou prennent d’autres chemins les mettant de toutes façon hors de portée. Que ce soit la cantatrice Elena Romanski, Boris, le colonel Emiliov Goupatchev, Malka, Hans ou même Oscar, toutes les personnes auxquelles elle s’attache finissent par disparaître.

Au bout du compte, cette nouvelle Kate se retrouve encore plus seule qu’au début du jeu, et c’est à se demander si les larmes qu’elle verse à la fin de Syberia 2 sont des larmes de joie pour Hans ou des larmes de tristesse pour elle, revenue à une solitude peut être plus profonde encore que celle dont elle s’était extraite.





Conclusion



Plus qu’une aventure au sens propre du terme, « Syberia » et « Syberia 2 » sont le récit d’une quête intérieure. Kate est bel et bien à la recherche de l’enfant qui sommeille en elle. Cette enfance, c’est Hans, inconscient, égoïste d’une certaine manière, mais attachant et surtout totalement inaccessible. A la recherche de cet inaccessible, Kate se perd dans le rêve d’un autre et en ressort transformée.

Même si les amateurs d’énigmes tordues n’y trouveront probablement pas leur compte, Benoît Sokal nous offre, avec ces deux volets de « Syberia », un vent de fraîcheur et de poésie qui nous entraîne dans un monde à la fois onirique et réel, à coté duquel il serait dommage de passer.







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