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| | Yuri and me ... mais ni l'un ni l'autre. |
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Vous vous demandez certainement ce que vient faire ce genre de réflexion dans un carnet consacré à Second Life. La réponse est simple et pourtant plus complexe qu'il n'y paraît : la Yuri's Night connaît désormais sa version virtuelle. Il est possible de se rendre au musée de l'aerospatiale ou à Nanotechnology Center pour découvrir de visu les plus célèbres fusées, robots et sallelites conçus par l'homme. Durant la nuit d'inauguration (le 12 avril), il était même possible de se faire prendre en photo avec Yuri Gagarine. Des voyages en orbite haute et basse étaient également organisés. On pouvait même assister à des concerts d'electro. Ne manquaient que Kubrick, Van Vogt et Laïka pour compléter le tableau. Au lendemain de cette nuit de l'espace, je me demande quel bilan en tirer. J'ai discuté avec Yuri de vie artificielle, marché sur Mars, observé la Terre depuis l'espace et ravivé pas mal de mes connaissances en astronomie. Après tout ça, je devrais me dire que finalement, ce rêve n'est pas si mort que ça. Et pourtant, je suis triste. Oui, je suis triste, car je n'ai rencontré aucun des nouveaux astronautes dont nous devrions aujourd'hui être fiers. Je suis triste parce que le centre d'aérospatial Second Life n'est en réalité qu'un musée, avec des fusées condamnées à l'immobilité, des voyages dans les étoiles par téléportation instantanée, une planète Mars plus petite que la superficie de mon 2 pièces meublé. Et quand le Yuri avec lequel vous vous entretenez de vie artificielle vous offre un algorythme de séquence génomique « fait maison » avant de se transformer en E.T., il y a de quoi trouver que dans cet espace virtuel, chimères et entreprises utopiques sont indiscernables, dès lors qu'on les prend en eux-même. A partir de là, fusées de primitives ou soucoupes volantes, c'est du pareil ou même. On perd jusqu'à l'effet patchwork initialement ressenti, et ne reste que ce constat cruel : tant que nous ne pourrons rien y découvrir que nous n'ayons créé au préalable, il n'y aura pas de grands explorateurs du virtuel. Il est possible de considérer cette SL Yuri's Night comme la preuve que le rêve du voyage dans l'espace est encore vivace. Ou à l'inverse, y voir la preuve que ce rêve a déjà renoncé à se concrétiser, et que c'est pour cela qu'il met aujourd'hui le pied dans le virtuel. Retranchement progressif du fantasme dans le domaine du fantaisiste, du faux-semblant et de l'imagerie ? Oui, pour ma part, il y avait un peu de ça cette nuit-là. Et quand Yuri m'a adressé un dernier signe d'adieu avant de s'envoler vers je ne sais quelle planète plate, c'était un peu comme le dernier scintillement d'une étoile avant l'occultation.
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