Chez Saïtek, on a des actions dans le plastique. Le métal est un sujet tabou, et tout employé amené à parler du sujet sait qu’il risque son poste. C’est pourquoi, lors de la conception de l’Aviator, quand les ingénieurs de chez Saïtek se sont réunis dans une pièce et ont cherché à créer un beau Joystick au look rétro, pas une seule fois il ne leur est venu à l’idée de mettre un peu de métal pour plus d’authenticité…
Et il faut bien admettre que c’est un peu la déception quand on prend la boîte dans ces bras. Le faible poids étonne un peu. Pourtant, l’Aviator, dans sa robe grise et noire, ne manque pas de superbe : un manche long et dénué de toute fioriture (on y reviendra), deux petites manettes de gaz à l’avant et 4 switchs sur la façade avant font de ce joystick un des plus beaux jouets qu'il nous ait été donné à voir. Bien loin par exemple du bleu criard du X-52 ou des très (trop) sobres joystick de Logitech.
Les 4 switch de la façade avant possèdent tous deux positions et ne peuvent pas être bloqués dans une position particulière. Entièrement en plastique eux aussi, ils s’avèrent bien placés et s’ajoutent aux 4 boutons présents sur la tête du Joystick. On compte sur celle-ci une gâchette, un gros bouton central, un bouton de mise à feu protégé par une languette en plastique (à la fiabilité plus que douteuse, attendez-vous à la voir sauter très rapidement), et un dernier bouton sur la droite de la tête. Pas grand chose à redire sur ces boutons : si on ne peut pas leur reprocher d’être vraiment mauvais, on ne peut pas non plus glorifier leur toucher trop plastique. On a vu mieux, en somme. Reste enfin le point le plus douloureux de ce joystick : le manche. On ne lui reprochera pas la qualité de son toucher (un défaut récurrent des produits Saïtek), mais bien son ergonomie. Long, dépourvu de toute poignée ou repose-main, il oblige à bien le serrer et donc fournir un effort crispant à la longue pour maintenir une bonne précision dans les simulations. Dans des jeux plus arcades (comme un Wings over Europe, par exemple) où le dogfight oblige à d’incessants aller-retour, le bras se fatigue très vite. On ne parle pas de la torsion, presque impossible à réaliser à cause du poids trop léger, ou qui oblige à serrer encore plus fort le Joystick. Précisons enfin qu’il est trop mou (exactement comme le X52) pour être véritablement précis.
C’est là le plus gros défaut de ce joystick. On arrive pourtant à lui pardonner les deux manettes de gaz à l’avant, pas des plus accessibles (ni des plus précises en raison de leur molesse), mais bien conçues car divisées en deux niveaux. Elles permettent, comme c’est le cas dans IL2-Sturmovik de gérer indépendamment les moteurs droit et gauche. Il est également possible de les attacher toutes les deux pour en faire une unique manette de gaz. Petit détail, enfin : un bouton mode présent sur la façade avant permet de doubler le nombre total de boutons en assignant des fonctions différentes sur chaque bouton pour passer d’un mode à l’autre. Il est bien évidemment possible de programmer les boutons à volonté grâce au CD fourni avec le joystick.
Alors, que penser de cet Aviator ? Question look, rien à redire, c’est un très bel objet qui fera fière figure sur votre bureau. Question ergonomie en revanche, ce n’est sûrement pas le joystick le plus pratique que l’on ait pu tripoter. Les deux poignées de gaz sont un plus inédit pour les amateurs de simulation, mais la prise en main du joystick en lui même est tout simplement affreuse. Il fatigue très vite les bras et manque cruellement de dureté. A 50 €, nous lui préférons, une fois n’est pas coutume, le 3D Extreme Pro de Logitech, peut-être bien moins beau mais Ô combien plus ergonomique…