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| | Second Life - Manifestation de joueurs contre le CopyBot. |
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| | Everquest 2 - Le CLUF, un accord tacite entre le joueur et l'éditeur, généralement violé par les deux parties. |
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| | Une boutique permettant d'acheter divers services pour les MMO majeurs du marché. |
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| | Acheter un compte pour World of Warcraft ? C'est interdit par le CLUF (Blizzard possède la propriété intellectuelle du jeu), mais ça existe. |
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| | World of Warcraft - Un nom pareil est interdit par le CLUF, de même que le spam ou toute attitude "gênant le jeu". |
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Dans le microcosme des univers persistants, la seule loi en vigueur semble-être celle du sacro-saint CLUF, donc le seul arbitre véritable serait l’éditeur. Que le marché des boutiques en ligne de revente d’or ou d’objets fleurisse n’est pas vraiment étonnant, dans la mesure où Blizzard lui-même n’intervient pas contre des acteurs dont le chiffre d’affaires a de quoi lancer d’interminables procès. De plus en plus, les joueurs achètent ces services, et les farmers chinois eux même ont, d’après le reportage La Vraie Vie des Mondes Virtuels de Canal+, un statut de « joueurs professionnels ». Si l’éditeur lui-même n’intervient pas, alors personne ne le fera.
La question se pose quand même alors des limites du CLUF. Il est - pour prendre encore l’exemple de Blizzard - interdit, toujours selon le CLUF, de prêter son compte – ce qui est ridicule -, et dans le cas où un parent achète le jeu pour ses enfants (car il faut être majeur pour avoir un compte), il ne peut en faire jouer qu’un – ce qui est pis encore. Donc, quand un joueur accepte de laisser un farmer monter de niveau son personnage, il sort des cadres du CLUF. Le simple fait que cette option soit proposée par les boutiques en ligne de type Ige.com suffit à justifier Blizzard dans une démarche anti-cheat. Mais comment peut-il prouver que ce n’est pas la personne physique titulaire du compte qui joue, là est la question. De même, il est normalement interdit d’échanger, de vendre ou d’acheter un compte. Pourtant, eBay regorge d’offres de ce genre… On pourrait continuer ainsi longtemps sur l’usage abusif des noms, les programmes permettant de modifier l’interface et l’expérience de jeu normalement prohibés ou autre… La seule vérité est celle-ci : les joueurs veulent pouvoir acheter de l’or, ils veulent pouvoir faire monter leurs personnages, ces services sont demandés et restent anonymes aux yeux de la communauté des autres joueurs. Personne ne le sait, et certains ne joueraient pas sans avoir accès à ces services, alors ils sont tolérés.
Cependant, les chiffres pleuvent concernant les fermetures de comptes de Blizzard, qui élimine à la fois les comptes de spam et les bots. Soit que des joueurs fassent des reports, soit - et là, on met le doigt sur un autre point contestable - qu’il détecte les bots. Pour ce faire, il utilise (et cela avait fait grand bruit à l’époque) un logiciel nommé The Warden, un programme qui « Toutes les quinze secondes, [...] lit les informations contenues dans les DLL chargées au moment de l'exécution de WoW ». Vulgairement, on appelle cela un spyware, mais Blizzard se veut rassurant : « Nous n'avons aucun désir, ni aucune utilité, à recueillir les données personnelles nominatives qui peuvent figurer sur l'ordinateur d'un joueur. […] Si notre scan nous alerte que quelqu'un est en train de pirater ou de tricher dans le jeu, nous prenons des mesures pour bloquer son compte. Mais nous n'avons absolument pas besoin des informations personnelles contenues dans l'ordinateur de ce joueur pour réaliser cela ». Le feu par le feu, donc.
Mais il ne faut pas croire que tout éditeur fasse la même chose. Second Life, gratuit et désormais passé en OpenSource, n’avait à l’époque pas fait grand-chose contre le CopyBot dont nous parlions précédemment. Tout juste, à l’instant où était créé un objet, les développeurs ont-ils rajouté un script qui en indiquait l’auteur, script] que copiait le CopyBot, garantissant ainsi la propriété intellectuelle de l’item. Sinon, ils n’ont rien fait : Second Life est un monde parallèle offert aux joueurs et que les joueurs doivent façonner, Linden Lab a choisi de ne pas entrer dans le débat. Pour leur part, les développeurs de Vanguard prévoient d’incorporer à leurs équipes de support des personnages anonymes, des sortes d’espions veillant au bon respect des règles du jeu, système déjà en place sur un Final Fantasy XI par exemple.
De manière générale, tous les éditeurs savent très bien que stopper l’hémorragie est impossible. Alors, quand ils agissent, ils tentent de cacher les formes les plus visibles de la tricherie, ce qui prouve bien l’aspect uniquement théorique du CLUF. Ce que les joueurs veulent vraiment semble-t-il, ce n’est pas tant que chacun joue selon les règles, ce serait plutôt que chacun joue à égalité avec soi : s’il triche d’accord, mais je veux pouvoir tricher autant que lui. Les éditeurs l’ont bien compris.